Ils ne connaissent pas les paroles de la «Marseillaise». Pourtant, les Barber, Maazouzi, Romain et Touré ont désormais au cœur un drapeau français. Ils feront même figure de locomotives aux championnats du monde d’athlétisme du 21 au 29 août à Séville avec, pour chacun, des envies de podium. Eunice, la Rémoise originaire de Sierra Leone (heptathlon), Driss le Stéphanois natif du Maroc (1 500 m), Jérôme l’Antillais venu de la Dominique (triple saut) et Cheikh le Nordiste arrivé du Sénégal (longueur) constituent quelques-uns des espoirs de médaille du directeur technique national Richard Descoux, lequel a, d’entrée, fait une mise au point. «Surtout ne parlez plus de Légion étrangère, même si certains comme le marathonien Mohamed Ouaadi sont effectivement français par la Légion...». Et, le DTN d’expliquer l’appartenance nationale de longue date des quatre dans la mesure où «ils ont la culture, ont été parfois élevés, nourris et logés par les entraîneurs et les clubs». Chacun pourra courir ou concourir dans la cité andalouse après avoir satisfait aux exigences de la Fédération internationale ayant édicté des règles strictes: un an d’attente si l’athlète est possesseur d’une lettre de sortie de son ancien pays ou, dans le cas contraire, trois saisons. Cependant, bien avant de remplir ces devoirs, les quatre avaient assis leur réputation dans l’Hexagone comme en témoigne leur régulière participation aux championnats de France. «La porte ne leur a jamais été fermée, contrairement à d’autres nations qui n’acceptent des étrangers que sur invitation», précise Richard Descoux. Le grand saut «La France est une terre d’accueil où il fait bon vivre; c’est pour cette raison qu’ils veulent y venir», poursuit le Toulousain. Dès lors, il faut se soumettre à une enquête de moralité... et ne pas connaître la malchance de Cheikh Touré qui a vu ses démarches pour se faire naturaliser freinées en raison d’un homonyme ayant un casier judiciaire. Eunice Barber effectuera donc ses sept travaux au service de cette nouvelle patrie qu’elle a investie il y a huit ans, en fuyant la pression qui «lui fait faire n’importe quoi». Pour remporter une médaille, la protégée de François Pépin s’est coupée les cheveux qui, de bleus, ont retrouvé leur teinte naturelle. «Il faut une coiffure appropriée à deux jours sous le soleil», a soufflé la Champenoise. Le podium fait aussi partie des rêves de Maazouzi qui n’a obtenu le «feu vert» pour l’Espagne que la semaine dernière. «Je pensais n’avoir que 10 % de chance, a expliqué l’enfant de Meknes, en Forez, depuis dix ans. Si j’avais eu plus tôt l’assurance d’une participation, j’aurais évité de courir à Cologne et à Zurich. Mais, je crois quand même en mes chances...». Il en ira de même pour Romain qui ignorait posséder une double nationalité. Enfin Cheikh Touré pourrait exaucer les prévisions de Richard Descoux. «Je sais qu’avec un peu de chance il peut réaliser 8,40 m s’il met le pied au fond, insiste le patron. Bien qu’inconstant dans sa course et irrégulier dans ses marques, il peut faire un jour le grand saut. C’est pour cela qu’il est ici».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ils ne connaissent pas les paroles de la «Marseillaise». Pourtant, les Barber, Maazouzi, Romain et Touré ont désormais au cœur un drapeau français. Ils feront même figure de locomotives aux championnats du monde d’athlétisme du 21 au 29 août à Séville avec, pour chacun, des envies de podium. Eunice, la Rémoise originaire de Sierra Leone (heptathlon), Driss le Stéphanois natif du Maroc (1 500 m), Jérôme l’Antillais venu de la Dominique (triple saut) et Cheikh le Nordiste arrivé du Sénégal (longueur) constituent quelques-uns des espoirs de médaille du directeur technique national Richard Descoux, lequel a, d’entrée, fait une mise au point. «Surtout ne parlez plus de Légion étrangère, même si certains comme le marathonien Mohamed Ouaadi sont effectivement français par la Légion...». Et, le DTN...