L’opposition afghane a annoncé hier avoir lancé des attaques dans l’est du pays contre les taliban destinées à créer une diversion, alors que la milice islamiste prépare une nouvelle offensive générale contre ces forces commandées par Ahmed Shah Massoud. Selon le porte-parole de l’opposition, quelque 80 miliciens des «étudiants en théologie» au pouvoir à Kaboul ont été tués lors de ces attaques dans les provinces de Kunar, Laghman et Nangarhar, proches du Pakistan, le principal soutien des taliban. Une autre attaque dans la province de Ghor, dans le centre du pays, s’est soldée par la mort de 12 taliban à l’issue d’une attaque qui a permis à l’opposition de prendre le contrôle de Chaghcharan, le chef-lieu de cette province, a-t-on affirmé de même source. «L’un des buts de ces opérations est d’attirer les miliciens taliban loin du front nord de Kaboul et de leur mettre plus de pression», a ajouté le porte-parole, qui a précisé que de violents combats se poursuivaient mardi matin dans la province de Kunar. Des sources indépendantes ont confirmé la réalité des combats sans toutefois en connaître l’issue. De leur côté, les taliban ont affirmé que les attaques dans les provinces de Kunar et Nangarhar avaient été repoussées. «Un complot de l’ennemi a été écarté dans Kunar et Nangarhar», a affirmé Radio Charia, la radio officielle des taliban. Selon un responsable de la milice cité par l’agence Afghan Islamic Press (AIP), proche des taliban, des renforts ont été envoyés sur place. En revanche, les lignes de front du nord de Kaboul ont été calmes mardi. Les taliban, qui contrôlent plus de 80 % de l’Afghanistan, ont lancé à la fin du mois de juillet une offensive générale dans la plaine de Shomali, au nord de Kaboul, contre les forces de Massoud. Après des gains initiaux qui leur avaient permis de prendre le contrôle de Shomali, les taliban avaient été forcés le 5 août de battre en retraite sur leurs positions antérieures, avant d’attaquer à nouveau le 11 août. Selon des sources indépendantes, les combats ont fait plusieurs milliers de victimes. 150 000 personnes ont fui vers la vallée du Panchir, le bastion traditionnel du commandant Massoud, à la lisière sud de la chaîne montagneuse de l’Indou Kouch, alors que 50 000 autres étaient parties vers Kaboul ces trois dernières semaines. Ces derniers jours, des sources concordantes dans la capitale affirmaient que les «étudiants en théologie» ont opéré des rafles massives chez les réfugiés tadjikes, l’ethnie du commandant Massoud. Des sources policières taliban ont démenti ces rafles tout en admettant avoir procédé à l’arrestation «d’éléments anti-islamiques». Le commandant Massoud, le dernier chef de l’opposition afghane à se battre contre les taliban, avait affirmé lundi que les taliban préparaient une nouvelle attaque générale contre ses forces «avec le soutien du Pakistan». Massoud ne contrôle plus que l’extrême nord-est du pays – et encore de manière très précaire – ainsi qu’une partie de la plaine de Shomali, qui va du nord de Kaboul aux contreforts sud de la chaîne montagneuse de l’Indou Kouch. L’Onu a dénoncé ces derniers jours la politique de la «terre brûlée» menée depuis les offensives du 11 août dans la plaine de Shomali par les miliciens islamistes qui ont incendié des villages et forcé des dizaines de milliers d’Afghans à partir pour Kaboul.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’opposition afghane a annoncé hier avoir lancé des attaques dans l’est du pays contre les taliban destinées à créer une diversion, alors que la milice islamiste prépare une nouvelle offensive générale contre ces forces commandées par Ahmed Shah Massoud. Selon le porte-parole de l’opposition, quelque 80 miliciens des «étudiants en théologie» au pouvoir à Kaboul ont été tués lors de ces attaques dans les provinces de Kunar, Laghman et Nangarhar, proches du Pakistan, le principal soutien des taliban. Une autre attaque dans la province de Ghor, dans le centre du pays, s’est soldée par la mort de 12 taliban à l’issue d’une attaque qui a permis à l’opposition de prendre le contrôle de Chaghcharan, le chef-lieu de cette province, a-t-on affirmé de même source. «L’un des buts de ces opérations est...