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Actualités - Analyse

Les décideurs commencent à voir rouge

Opposants et loyalistes, voire loyalistes entre eux, se déchirent à belles dents. Alors que la récession économique bat son plein. Et que la région s’apprête à aborder une phase cruciale de mutation, à travers la reprise des négociations de paix. Devant l’inconscience, la puérilité des Libanais, les décideurs commencent à voir rouge. Ainsi l’un d’eux a confié en substance à un de nos ministres que «le laisser-aller actuel est aussi inadmissible que dangereux. Au lieu de se quereller, les Libanais devraient réfléchir sérieusement sur les moyens à mettre en œuvre pour affronter l’étape des négociations. Dans le même sens, ils doivent décider en commun d’une orientation pour la période qui suivra la conclusion de la paix, si elle se fait. Il faut en effet faire des calculs précis en fonction de la réussite éventuelle du processus. Dès à présent, les Libanais doivent se préparer aux implications, aux responsabilités, aux obligations, aux impératifs de la paix qui vient. Dans le même esprit, il faut qu’ils soient prêts pour le cas où les pourparlers déboucheraient sur un échec». Selon le ministre qui rapporte cette conversation, la personnalité étrangère citée aurait ensuite enchaîné en affirmant que «le tout premier problème à traiter de votre côté, en base d’une solide union interne, reste celui des camps de réfugiés palestiniens. Sur ce plan également, il faut faire ses comptes en fonction de la réussite ou de l’échec des négociations sur les trois volets qui restent à traiter, le palestinien, le syrien et le libanais». De l’avis de la plupart des observateurs, les accords d’Oslo n’ayant pas inclus la question des réfugiés, elle ne serait traitée que dans le cadre des négociations du statut final portant sur Jérusalem, l’État palestinien et les colonies d’implantation juive en territoire arabe. «Il faut donc que le Liban, reprend la même source, sache comment agir pendant la longue période où ce statut final sera négocié, afin que les camps ne servent pas de carte à telle ou telle partie, à ses propres dépens». Toujours est-il que le volet libanais et le volet syrien n’attendront sans doute pas le règlement de la question des réfugiés palestiniens. Ils devraient redémarrer, estiment des diplomates, dès que des progrès auront été constatés dans l’application des accords de Wye River. Ce qui pourrait se situer avant la fin du présent été. Le coup d’accélérateur, ajoutent ces diplomates, serait d’autant plus encouragé qu’une solution au Sud et au Golan handicaperait Arafat qui, se retrouvant en tête à tête avec les Israéliens, n’en obtiendrait plus grand-chose. Ces perspectives mettent en valeur l’intérêt que représente pour toutes les parties concernées le contrôle politique sinon sécuritaire des camps de réfugiés. Ces derniers bénéficient pour le moment d’une extraterritorialité de fait qui en fait des îlots de criminalité et de rivalité entre organisations palestiniennes. Le Fateh arafatiste fait actuellement un effort remarqué pour reprendre une position dominante dans les camps. Il plaide la nécessité d’unifier les rangs palestiniens et se rapproche considérablement de Habache et de Hawatmeh. La question qui se pose est dès lors de savoir si les décideurs vont laisser Abou Ammar disposer de cette carte. Et il est probable que l’inquiétude qu’ils affichent à l’égard des divisions locales s’articule sur les réfugiés palestiniens. Dans ce sens que l’absence d’un front intérieur uni rend plus difficile la prise de contrôle directe des camps par les autorités libanaises.
Opposants et loyalistes, voire loyalistes entre eux, se déchirent à belles dents. Alors que la récession économique bat son plein. Et que la région s’apprête à aborder une phase cruciale de mutation, à travers la reprise des négociations de paix. Devant l’inconscience, la puérilité des Libanais, les décideurs commencent à voir rouge. Ainsi l’un d’eux a confié en substance à un de nos ministres que «le laisser-aller actuel est aussi inadmissible que dangereux. Au lieu de se quereller, les Libanais devraient réfléchir sérieusement sur les moyens à mettre en œuvre pour affronter l’étape des négociations. Dans le même sens, ils doivent décider en commun d’une orientation pour la période qui suivra la conclusion de la paix, si elle se fait. Il faut en effet faire des calculs précis en fonction de la...