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Actualités - Chronologie

Société - Ruée vers la bourse Jeux d'argent à Chypre

Les Chypriotes-grecs, passionnés par les jeux d’argent, ont commencé à se ruer vers la Bourse, mais les hommes politiques et l’Église s’inquiètent des effets sociologiques de cette drogue. «Les Chypriotes sont des obsédés du jeu, c’est dans leurs gènes. En moyenne nous avons plus de joueurs que partout ailleurs dans le monde», estime un psychiatre connu de Nicosie, le docteur Yiangos Mikkelidès. Les chiffres sont parlants : Chypre compte selon lui un bureau de bookmaker pour 1 000 habitants, soit six fois plus que n’en compte la Grande-Bretagne (un pour 6 600), l’ancienne puissance coloniale de l’île qui a contribué à lui donner le goût du jeu. Et souvent, dans les betting shops de Londres, la moitié des parieurs sont des Chypriotes émigrés, souligne M. Mikkelidès. Les sommes dépensées pour le jeu sont impressionnantes : six milliards de dollars en 1998, soit 9 520 dollars par habitant, plus que le Produit intérieur brut (PIB) d’un pays comme la République tchèque. Ces chiffres ne comprennent pas tous les paris qui, pour éviter une lourde taxe sur les jeux (25 %), sont effectués illégalement dans des arrière-boutiques. Ces paris clandestins pourraient représenter une somme quasi équivalente, selon certaines estimations. «D’après une de nos études, si les Chypriotes étaient autorisés à parier en direct, via la télévision par satellite, sur les courses de chevaux et de lévriers en Angleterre, les recettes supplémentaires s’élèveraient à 5,8 milliards de dollars», selon le PDG d’une chaîne de bureaux de paris M. Nassos Ktorides. L’amour du risque Paris en tous genres sur les courses de chevaux locales, concours de pronostics sur le football, loteries diverses et variées, rien n’arrête les joueurs chypriotes. Cette frénésie vient récemment de se porter sur la Bourse qui jusqu’à présent ne faisait guère parler d’elle. Mais en juillet, le petit marché des actions chypriotes s’est mis à flamber et les cours ont grimpé de 206 %, probablement la meilleure performance mondiale au cours de ce mois. Le chiffre d’affaires, auparavant modeste, a atteint 682 millions de dollars. L’introduction en Bourse le mois dernier de la compagnie chypriote de tourisme Louis a été sur-souscrite 53 fois. Au total près d’un milliard de dollars a été investi, soit environ 10 % du PIB chypriote. «La Bourse montre la propension obsessionnelle de la population vers le profit rapide, nous aimons prendre des risques», commente M. Mikkelidès. Mais l’influente Église orthodoxe chypriote et certains hommes politiques s’inquiètent de cette passion irrépressible et notent avec inquiétude l’augmentation du nombre de divorces et d’autres problèmes familiaux liés aux jeux d’argent. «L’obsession pour le jeu détruit les familles et je pense qu’à Chypre, c’est pire que n’importe où ailleurs», croit pouvoir dire M. Mikkelidès. Curieusement, la partie grecque de Chypre ne compte pas de casinos, l’Église ayant réussi jusqu’ici à faire bloquer au Parlement les projets de loi qui auraient permis un changement dans ce domaine. En revanche, dans le nord de l’île, dans la partie chypriote-turque, des casinos fonctionnent, pour la plus grande satisfaction des joueurs turcs, ces établissements étant interdits en Turquie. Chypre est divisée en deux zones, grecque et turque, après l’invasion du nord de l’île par les troupes turques en 1974 pour répondre à un coup d’état des généraux chypriotes-grecs visant à rattacher l’île à la Grèce.
Les Chypriotes-grecs, passionnés par les jeux d’argent, ont commencé à se ruer vers la Bourse, mais les hommes politiques et l’Église s’inquiètent des effets sociologiques de cette drogue. «Les Chypriotes sont des obsédés du jeu, c’est dans leurs gènes. En moyenne nous avons plus de joueurs que partout ailleurs dans le monde», estime un psychiatre connu de Nicosie, le docteur Yiangos Mikkelidès. Les chiffres sont parlants : Chypre compte selon lui un bureau de bookmaker pour 1 000 habitants, soit six fois plus que n’en compte la Grande-Bretagne (un pour 6 600), l’ancienne puissance coloniale de l’île qui a contribué à lui donner le goût du jeu. Et souvent, dans les betting shops de Londres, la moitié des parieurs sont des Chypriotes émigrés, souligne M. Mikkelidès. Les sommes dépensées pour le jeu sont...