Le Caucase russe, où de graves troubles ont lieu actuellement dans la république du Daghestan, est en proie à des tensions et à des conflits armés depuis la chute de l’URSS fin 1991. Voici les principaux points chauds de cette région du sud de la Fédération russe : – Tchétchénie : République de 13 000 kilomètres carrés (capitale Grozny) et d’1,2 million d’habitants, devenue de fait indépendante depuis la guerre avec Moscou (décembre 1994-août 1996). Les Tchétchènes sont de confession musulmane depuis la fin du XVIIIe siècle. Président depuis février 1997, Aslan Maskhadov a été pendant la guerre commandant en chef de la résistance tchétchène aux troupes russes et le principal artisan des accords de paix signés en août 1996 avec la Russie. Contesté par ses anciens compagnons d’armes, il ne contrôle plus aujourd’hui qu’une partie du territoire livré à des bandes armées qui multiplient les enlèvements. La Tchétchénie est traversée par l’oléoduc reliant la mer Caspienne à la côte russe de la mer Noire pour acheminer le brut azerbaïdjanais. – Daghestan : République de 50 300 kilomètres carrés (capitale Makhatchkala) dont le nom signifie pays de montagnes. 2 millions d’habitants (Avars, Darguines, Lezguiens... trente langues), majoritairement musulmans. L’armée russe a lancé vendredi une offensive armée massive contre des combattants islamistes qui occupent depuis une semaine plusieurs villages dans l’ouest du pays, près de la frontière tchétchène. Des wahhabites, qui professent un islam radical, y sont apparus depuis plusieurs années comme dans la Tchétchénie voisine. – Ossétie du Nord et Ingouchie : en 1944, Tchétchènes et Ingouches, réunis dans une même république à l’époque soviétique, sont déportés au Kazakhstan pour «collaboration» avec l’Allemagne nazie. À leur retour en 1957, l’Ingouchie est amputée de 40 % de ses terres au profit de l’Ossétie du Nord. L’Ossétie du Nord (capitale Vladikavkaz) est maintenant une république de 8 000 kilomètres carrés peuplée de 600 000 Ossètes et Géorgiens. L’Ingouchie est une république de 2 700 kilomètres carrés et 200 000 habitants (capitale Nazran). Le président Rouslan Aouchev y a récemment légalisé la polygamie. L’état d’urgence a été mis en place de novembre 1992 à février 1995 dans les deux républiques après des affrontements osséto-ingouches qui ont fait des centaines de morts. 35 000 Ingouches furent également chassés d’Ossétie. Des heurts violents ont opposé en décembre 1994 la population ingouche à des blindés russes se rendant en Tchétchénie. – Karatchaïevo-Tcherkessie : République de 14 000 kilomètres carrés (capitale Tcherkessk) de 370 000 habitants, qui a failli éclater en 1991 en quatre régions ethniques (Karatchaïs, Tcherkesses, Abazas et Russes). Depuis l’élection présidentielle du 16 mai dernier, la petite république est très agitée, aucun des deux candidats, le général Vladimir Semenov, d’origine karatchaï (32 % de la population), et son rival tcherkesse (10 %) Stanislav Derev, n’ayant été déclaré vainqueur. La population refuse le président par intérim désigné par Moscou, Valentin Vlassov. D’autres États de l’ancienne Transcaucasie soviétique connaissent également des troubles : la Géorgie en Abkhazie et en Ossétie du Sud, l’Azerbaïdjan et l’Arménie avec l’enclave arménienne du Nagorny-Karabakh.
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