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Actualités - Chronologie

Tennis Steffi Graf tire sa révérence

Steffi Graf, une des plus grandes joueuses de l’histoire du tennis avec 22 titres du Grand Chelem en simple, a annoncé hier sa retraite sportive immédiate après avoir montré une dernière fois aux plus jeunes ce dont elle était capable à 30 ans. Une décision radicale, à deux semaines de l’US Open, qui coupe court aux spéculations sur son avenir alimentées depuis des mois déjà par ses multiples ennuis de santé. Des spéculations relancées par un 22e titre du Grand Chelem arraché en juin à l’issue d’un fabuleux retour à Roland-Garros et par sa défaite en finale de Wimbledon le mois suivant contre l’Américaine Lindsay Davenport. «Je rends public mon retrait définitif de la compétition et je suis très soulagée que la décision m’ait été finalement si facile à prendre», a déclaré Graf, démentie par ses yeux rougis et sa voix brisée. «Après Wimbledon, ce ne furent pas des semaines faciles parce que, pour la première fois, je n’éprouvais plus ni plaisir ni joie. Un sentiment curieux pour moi», a-t-elle enchaîné lors d’une conférence de presse à Heidelberg. «Peut-être la motivation m’a-t-elle fait défaut après la victoire de Paris, ce que j’y ai vécu était si intense que j’ai eu, à ce moment-là, le sentiment que je ne pourrais plus rien retrouver d’équivalent», a expliqué celle qui a remporté sept fois Wimbledon, six fois Roland-Garros, cinq fois l’US Open et quatre Internationaux d’Australie. Glaces à la fraise Ces dernières semaines, la joueuse avait elle-même semé la confusion sur ses intentions par une série de déclarations contradictoires. Mais la sagesse l’a emporté. La championne, dont le corps meurtri par 17 ans de carrière était devenu le principal adversaire d’une volonté de fer, a finalement jeté l’éponge un vendredi 13, le dernier de ce millénaire. Sa blessure à la cuisse, qui l’avait contrainte à l’abandon le 4 août dans le tournoi de San Diego, aura contribué à emporter sa décision. Graf, qui prend sa retraite six semaines après son compatriote Boris Becker, laisse l’Allemagne du tennis orpheline. Elle qui avait bataillé dur à ses débuts contre Martina Navratilova parmi d’autres était l’une des toutes dernières représentantes de la vieille garde du tennis. Son caractère introverti, sa modestie à cent lieues de la plupart des superstars du circuit, avaient pour contrepoint une volonté inébranlable qui en a fait l’une des sportives les plus populaires de son temps. Stefanie Maria Graf ne naît pas une raquette à la main le 14 juin 1969 à Bruehl (sud), mais tout juste. À trois ans, son père lui en glisse une dans la menotte, après en avoir scié le manche. La petite Steffi peine certes à la soulever, mais le virus du tennis l’a déjà contaminée. Son premier court est la salle de séjour de l’appartement familial et ses premières récompenses sont des bâtonnets salés et des glaces à la fraise. Lorsque son père, Peter Graf, découvre ses dons immenses, sa vie bascule dans le blanc du tennis. Elle accède à la première place mondiale pour la première fois le 17 août 1987 et n’en sera détrônée que brièvement par Monica Seles en mars 1991 pour reprendre le commandement jusqu’au 30 mars 1997, soit 377 semaines au sommet. Un record. Détermination En 1988, elle avait remporté Melbourne, Paris, Wimbledon et New York, couronnant cette performance par une victoire aux Jeux olympiques de Séoul. «Miss Grand Chelem» était née. Graf a traversé avec détermination les crises sportives mais surtout morales de sa carrière, supportant la réputation sulfureuse de son père. L’épreuve la plus rude fut sans nul doute le procès de Peter Graf, gestionnaire de ses revenus et condamné en janvier 1997 à trois ans et neuf mois de prison pour une fraude fiscale de plusieurs millions de marks. Pendant toute la détention de son père, Steffi lui a rendu visite en prison et lors de la finale de Roland-Garros, en juin, il avait repris sa place habituelle dans les tribunes, comme si de rien n’était, couvant sa fille du regard. Il aura encore l’occasion de le faire lors de la tournée d’adieux que Steffi projette désormais à la mi-décembre et qui devrait la conduire en Afrique du Sud, en Nouvelle-Zélande et en Asie. Quelques matches exhibitions sont également prévus en Allemagne. Son avenir, elle le voit «comme un poussin jeté hors du nid par sa mère et qui ne peut pas voler. À cette différence que dans mon cas, je me suis aperçue que j’avais envie d’en tomber».
Steffi Graf, une des plus grandes joueuses de l’histoire du tennis avec 22 titres du Grand Chelem en simple, a annoncé hier sa retraite sportive immédiate après avoir montré une dernière fois aux plus jeunes ce dont elle était capable à 30 ans. Une décision radicale, à deux semaines de l’US Open, qui coupe court aux spéculations sur son avenir alimentées depuis des mois déjà par ses multiples ennuis de santé. Des spéculations relancées par un 22e titre du Grand Chelem arraché en juin à l’issue d’un fabuleux retour à Roland-Garros et par sa défaite en finale de Wimbledon le mois suivant contre l’Américaine Lindsay Davenport. «Je rends public mon retrait définitif de la compétition et je suis très soulagée que la décision m’ait été finalement si facile à prendre», a déclaré Graf, démentie par...