Les oiseaux cessent de chanter, les blaireaux émergent de leurs terriers, les chauves-souris se mettent à voler dans la nuit subitement recommencée : une éclipse totale de soleil met inévitablement la nature sens dessus dessous. «Rien dans la nature n’égale la magnificence d’une éclipse totale. Aucune description écrite, aucune photographie ne peut y parvenir», estime l’astronome britannique Patrick Moore, qui a à son tableau de chasse huit éclipses totales observées de par le monde. Celle de mercredi – la dernière de ce millénaire – va plonger une large bande d’Europe puis d’Asie dans les ténèbres en pleine journée. Un Concorde a été affrété spécialement pour permettre à quelques privilégiés (toutes les places sont vendues) de suivre le phénomène en altitude, le long de la bande suivie par les ténèbres, pour la somme de 1 500 livres (2 424 dollars). L’éclipse débutera à l’aube au large de la Nouvelle-Écosse, se situera au niveau des îles Scilly (sud-ouest de l’Angleterre) mercredi à 10h10 GMT, puis au nord de Paris à 10h25 GMT, avant de traverser le reste de l’Europe et d’atteindre la mer Noire et le Proche-Orient; elle terminera sa course dans le golfe du Bengale au crépuscule. « C’était comme une renaissance… » Que se passe-t-il concrètement lorsque la nuit tombe au beau milieu de la journée ? Un crépuscule irréel s’instaure et la température commence à baisser. Dans les 20 minutes précédant le moment de l’éclipse totale, les changements apparaissent rapidement. Les planètes et les étoiles, invisibles de jour en raison de l’atmosphère éclairée par le soleil, sortent soudain de la clandestinité. Un halo de lumière entoure le soleil : c’est ce qu’on appelle la «couronne de diamant». Les ténèbres vont dérouter le règne animal : les chiens vont se mettre à hurler et les vaches, désorientées, vont s’étendre pour faire la sieste, quand elles ne seront pas prises de panique. Les zoos de Grande-Bretagne ont prévu de maintenir nombre de leurs grands animaux à l’intérieur de leurs cages, de peur qu’ils ne se blessent s’ils étaient pris d’une peur soudaine. L’écrivain Virginia Woolf, témoin de la dernière éclipse totale observée en Grande-Bretagne, en 1927, écrivait à ce sujet : «Je me suis mise à penser que nous étions comme des vieillards à la fin du monde (...), comme des druides à Stonehenge». La lumière solaire est revenue par la suite et «c’était comme une renaissance (...) Nous avions vu le monde mort».
Les oiseaux cessent de chanter, les blaireaux émergent de leurs terriers, les chauves-souris se mettent à voler dans la nuit subitement recommencée : une éclipse totale de soleil met inévitablement la nature sens dessus dessous. «Rien dans la nature n’égale la magnificence d’une éclipse totale. Aucune description écrite, aucune photographie ne peut y parvenir», estime l’astronome britannique Patrick Moore, qui a à son tableau de chasse huit éclipses totales observées de par le monde. Celle de mercredi – la dernière de ce millénaire – va plonger une large bande d’Europe puis d’Asie dans les ténèbres en pleine journée. Un Concorde a été affrété spécialement pour permettre à quelques privilégiés (toutes les places sont vendues) de suivre le phénomène en altitude, le long de la bande suivie par les...
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