Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'axe Londres-Washington renforcé

La nomination du ministre britannique de la Défense George Robertson mercredi comme secrétaire général de l’Otan est une nouvelle illustration de la relation privilégiée entretenue par Londres et Washington, qui devrait renforcer encore leur axe au sein de l’Alliance. À l’instar du Premier ministre Tony Blair, George Robertson n’a pas ménagé ses efforts tout au long des bombardements aériens de l’Otan en Yougoslavie pour marteler sa conviction que l’intervention alliée était justifiée afin d’empêcher «le diable» Milosevic de continuer à sévir au Kosovo. Durant tout le conflit, y compris aux heures les plus délicates où l’Otan était empêtrée dans des explications confuses sur les «dégâts collatéraux» – des victimes civiles bombardées par erreur –, il a repris jour après jour la ligne américaine de fermeté, cédant volontiers à un discours grandiloquent. L’intervention de l’Otan au Kosovo est «un clair succès», a-t-il répété. George Robertson avait pu auparavant roder son discours en passant de longs mois à promouvoir la lutte contre l’autre «diable», Saddam Hussein, justifiant sans relâche les bombardements américano-britanniques sur Bagdad, sourd aux doutes d’une partie de la presse britannique s’inquiétant du sort de la population civile irakienne, en particulier des enfants. Comme Tony Blair, prompt à saisir toute occasion de manifester son soutien et son «amitié» au président Bill Clinton, en particulier au moment de l’affaire Lewinsky, au point de se voir surnommé «Blinton», George Robertson s’assume tout à fait comme un ami des Américains. Il passe pour avoir d’excellentes relations avec son homologue William Cohen et Washington s’était empressé de soutenir sa candidature, dès son annonce par Londres. Lorsqu’au plus fort des ennuis personnels de Bill Clinton, en août 1998, les États-Unis envoient des missiles de croisière en Afghanistan et au Soudan, contre de prétendues bases de repli du terroriste d’origine séoudienne Oussama ben Laden, la Grande-Bretagne est un des rares pays à les soutenir publiquement. Chacun a également noté la rapidité de George Robertson à rassurer Washington et à réaffirmer la suprématie de l’Otan, quand, en mai dernier, le président de la Commission européenne Romano Prodi a plaidé en faveur de la création d’une «armée» commune européenne. L’Union européenne se doit d’avoir à l’avenir «des capacités en matière de défense bien meilleures et efficaces», mais il n’est pas question de supplanter l’Otan, sauf dans les cas précis et spécifiques où les États-Unis, le Canada ou l’organisation basée à Bruxelles ne souhaiteraient pas s’impliquer dans «des opérations basées en Europe», a-t-il dit. L’amitié n’est pas à sens unique. Il n’a échappé à personne qu’après de lourdes menaces de taxation contre son cachemire écossais, la Grande-Bretagne s’est finalement retrouvée largement épargnée par les sanctions commerciales américaines contre les produits européens.
La nomination du ministre britannique de la Défense George Robertson mercredi comme secrétaire général de l’Otan est une nouvelle illustration de la relation privilégiée entretenue par Londres et Washington, qui devrait renforcer encore leur axe au sein de l’Alliance. À l’instar du Premier ministre Tony Blair, George Robertson n’a pas ménagé ses efforts tout au long des bombardements aériens de l’Otan en Yougoslavie pour marteler sa conviction que l’intervention alliée était justifiée afin d’empêcher «le diable» Milosevic de continuer à sévir au Kosovo. Durant tout le conflit, y compris aux heures les plus délicates où l’Otan était empêtrée dans des explications confuses sur les «dégâts collatéraux» – des victimes civiles bombardées par erreur –, il a repris jour après jour la ligne...