Guinée-Bissau Chasse aux sorcières contre les membres de l'ancien régime
le 05 août 1999 à 00h00
La chute de l’ancien président bissau-guinéen, Joao Bernardo Vieira, écarté du pouvoir par une junte militaire en mai dernier, a ouvert la voie à une chasse aux sorcières à Bissau contre les anciens membres de son régime et ses proches restés au pays. En une semaine, la justice a arrêté plus d’une vingtaine de personnes, tous des proches de l’ex-président, chassé du pouvoir et réfugié au Portugal après un conflit de onze mois qui l’a opposé à une junte militaire dirigée par son ancien chef d’état-major, le général Ansumane Mané. L’ex-ministre des Finances, Issufo Sanha, et l’ex-secrétaire d’État au Trésor, Simao Mendes, ont été arrêtés lundi sur ordre du procureur de la République. Il leur est reproché d’avoir dirigé «un cabinet de crise» installé à Dakar pendant la rébellion du général Mané. La semaine dernière, plus d’une quinzaine de personnalités, toutes des proches collaborateurs de «Nino» Vieira, ont été arrêtées et accusées «d’incitation à la guerre et de soutien financier à l’effort de guerre» du régime déchu. Parmi ces personnalités figurent un ancien Premier ministre Carlos Correia, un gendre de l’ex-président et le député Aladji Manuel Mané, chef du groupe parlementaire du Parti africain de l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), au pouvoir depuis l’indépendance en 1973. Après leur arrestation, l’Assemblée nationale a levé l’immunité parlementaire de six députés du PAIGC, qui est pourtant toujours majoritaire. Toutes ces arrestations ont été effectuées à la demande du procureur de la République, Amine Saad, sans que l’on sache si le gouvernement ou la junte est intervenue en ce sens. La junte n’est pas au pouvoir mais joue un rôle clé dans la gestion des affaires du pays. Selon Mamadu Salio Baldé, adjoint au procureur de la République, il s’agit de situer les véritables responsabilités du soulèvement du 7 juin 1998 en menant une enquête «sur tous les faits qui se sont déroulés pendant le conflit». Même le général Mané, actuellement en visite en Libye, n’y a pas échappé et il doit être entendu par la justice pour clarifier les circonstances ayant entraîné la rébellion du 7 juin 1998, qui a fait des centaines de morts et poussé à l’exode des centaines de milliers de personnes. Par ailleurs, la police a arrêté il y a une semaine l’ancien ministre de la Défense Iafai Camara, accusé de détenir des armes à feu.
La chute de l’ancien président bissau-guinéen, Joao Bernardo Vieira, écarté du pouvoir par une junte militaire en mai dernier, a ouvert la voie à une chasse aux sorcières à Bissau contre les anciens membres de son régime et ses proches restés au pays. En une semaine, la justice a arrêté plus d’une vingtaine de personnes, tous des proches de l’ex-président, chassé du pouvoir et réfugié au Portugal après un conflit de onze mois qui l’a opposé à une junte militaire dirigée par son ancien chef d’état-major, le général Ansumane Mané. L’ex-ministre des Finances, Issufo Sanha, et l’ex-secrétaire d’État au Trésor, Simao Mendes, ont été arrêtés lundi sur ordre du procureur de la République. Il leur est reproché d’avoir dirigé «un cabinet de crise» installé à Dakar pendant la rébellion du...
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