C’est à l’Orangerie de Versailles que la maison Dior a présenté sa collection de l’hiver prochain. Fastueux comme d’habitude (un podium ondulé de 150 mètres placé dans la grande galerie et deux gradins à coussins d’eau pour un public trié sur le volet), l’institution restait fidèle à son faste. Fidèle aussi à ses contradictions, Galliano a fait défiler son XXIe siècle dans l’enceinte légendaire, d’un éblouissant passé. Révolutionnaire, iconolaste, le créateur anglais n’est sauvé de ces mixages ahurissants que par son génie. Dans le désorde dément qu’il crée, il reste le roi. Il pulvérise notions et conventions, siècles et goûts, couleurs et matières pour faire surgir un amalgame nouveau, seul susceptible (pour lui) d’habiller l’avenir. Imprévisible, facétieux, plein d’humour et de malice, Galliano avant tout s’applique à créer l’imprévisible. Galopin de bas quartiers, il passe son temps à coller des moustaches à la Joconde. Dans son mélangeur, rien n’est sacré et aucun tabou n’est intouchable. Tout chez lui est décalé, inattendu, inexplicable. Sa vision vise la folie. Comme si un terrible simoun, ce vent du désert qui rend fou, était venu jouer avec les pages du dictionnaire du costume. Rouge et framboise, tulle déchiqueté, rebrodé de laine, yeux au beurre noir et gants de motocyliste, Galliano est un «onirique» malin. Un prestidigitateur de génie qui mélange ses cartes les yeux fixés sur la mise... Qui va donc porter ses créations sorties d’un film de science-fiction projeté chez Louis XVI? Les snobs millionnaires et leurs Bovary(s) avides de regards. En fluo mauve, coiffées de renard et de plumes de faisan en trophée, elles réussiraient, enfin, à être remarquées «autrement», sans référence aucune au compte en banque de leurs époux. Révolutionnaire, Galliano l’est de plusieurs manières. Intrépide aussi et facétieux visionnaire. Couturier-créateur, c’est toute une autre histoire. On ne devient pas Rembrandt en affublant de queus les ballerines de Degas, sous prétexte que l’art peut jaillir de salades.
C’est à l’Orangerie de Versailles que la maison Dior a présenté sa collection de l’hiver prochain. Fastueux comme d’habitude (un podium ondulé de 150 mètres placé dans la grande galerie et deux gradins à coussins d’eau pour un public trié sur le volet), l’institution restait fidèle à son faste. Fidèle aussi à ses contradictions, Galliano a fait défiler son XXIe siècle dans l’enceinte légendaire, d’un éblouissant passé. Révolutionnaire, iconolaste, le créateur anglais n’est sauvé de ces mixages ahurissants que par son génie. Dans le désorde dément qu’il crée, il reste le roi. Il pulvérise notions et conventions, siècles et goûts, couleurs et matières pour faire surgir un amalgame nouveau, seul susceptible (pour lui) d’habiller l’avenir. Imprévisible, facétieux, plein d’humour et de...
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