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Actualités - Chronologie

Ben Laden, l'homme traqué par Washington

Un an après les attentats, les États-Unis ne désespèrent pas de mettre la main sur leur commanditaire présumé, le fondamentaliste musulman Oussama ben Laden. Financier présumé du terrorisme international, cet homme frêle de 41 ans, barbu, qui s’aide d’une canne pour marcher, est désormais considéré par Washington comme l’ennemi public numéro un. Après l’échec de représailles militaires moins de quinze jours après les attentats – le 20 août, une pluie de missiles de croisière sur un de ses camps d’entraînement dans l’est de l’Afghanistan l’avait manqué de peu – les États-Unis poursuivent sans relâche une triple stratégie de harcèlement en vue de capturer ben Laden, grâce aux efforts conjugués des services secrets, de la machine politico-judiciaire et de la pression diplomatique. «Nous ne l’avons pas tué mais nous avons de façon nette réduit sa capacité à agir», déclare l’ex-ambassadeur du département d’État chargé du contre-terrorisme, Robert Oakley, se félicitant que ben Laden n’ait causé aucune victime américaine durant l’année écoulée. Selon des informations de presse non confirmées officiellement, au moins sept attentats terroristes visant des intérêts américains ont pu ainsi être déjoués entre août 1998 et mars de cette année. Sur le plan du renseignement, une unité spéciale antiterroriste regroupant l’ensemble des services secrets et les agences responsables de la sûreté fédérale (FBI) a été créée pour démanteler l’organisation de ben Laden, al-Quaïda (la base, en arabe). Grâce aux «grandes oreilles» de l’Agence nationale de sécurité (NSA) et aux satellites-espions du Pentagone, les militaires américains ont été en mesure de localiser Oussama ben Laden en Afghanistan, d’intercepter ses conversations téléphoniques et d’identifier les prête-noms qui gèrent sa fortune, estimée à 250 millions de dollars. Des experts informatiques s’emploient à semer la zizanie dans cet empire financier en piratant ses comptes en banque et en procédant à des virements sur des comptes bidons, selon des sources des services secrets citées par le journal USA Today. «Nous utilisons tous les moyens à notre disposition», se borne à déclarer sous couvert de l’anonymat un haut responsable de l’administration Clinton chargé de la lutte antiterroriste. Mise à prix : 5 millions de dollars L’énorme machine judiciaire a pu prendre le relais de ses efforts. Le FBI a procédé à des dizaines d’interpellations et à des interrogatoires serrés, qui ont conduit à des arrestations non seulement aux États-Unis mais aussi au Pakistan, en Égypte et en Allemagne. La tête de ben Laden a été mise à prix cinq millions de dollars par le département d’État et sa photo figure sur la liste des dix criminels les plus recherchés par le FBI. À New York, un tribunal fédéral a déjà procédé à 16 inculpations, outre celle du chef terroriste présumé. Cinq lieutenants présumés de ben Laden y sont par ailleurs sous les verrous. En attendant, Washington n’oublie pas que la capture d’Oussama ben Laden passe aussi par Kaboul. Début juin, le président Bill Clinton a imposé des sanctions contre l’Afghanistan, forçant la milice fondamentaliste des taliban à admettre deux jours plus tard la présence de ben Laden sur leur territoire. «L’enquête en cours est une enquête criminelle mais nous utilisons aussi la voie diplomatique, y compris la mise sous pression de ceux qui pourraient être utiles», explique un responsable du département d’État, sous couvert de l’anonymat. En acculant ainsi de toute part Oussama ben Laden, les États-Unis parient secrètement sur un faux pas de sa part. «Si nous arrivons à maintenir la pression sur lui (...) ben Laden finira bien par commettre une erreur», confiait un responsable de l’administration Clinton. «Et là, c’en sera fini pour lui».
Un an après les attentats, les États-Unis ne désespèrent pas de mettre la main sur leur commanditaire présumé, le fondamentaliste musulman Oussama ben Laden. Financier présumé du terrorisme international, cet homme frêle de 41 ans, barbu, qui s’aide d’une canne pour marcher, est désormais considéré par Washington comme l’ennemi public numéro un. Après l’échec de représailles militaires moins de quinze jours après les attentats – le 20 août, une pluie de missiles de croisière sur un de ses camps d’entraînement dans l’est de l’Afghanistan l’avait manqué de peu – les États-Unis poursuivent sans relâche une triple stratégie de harcèlement en vue de capturer ben Laden, grâce aux efforts conjugués des services secrets, de la machine politico-judiciaire et de la pression diplomatique. «Nous ne...