L’accord israélo-palestinien de Wye Plantation, que le Premier ministre israélien Ehud Barak rechigne à mettre en œuvre, stipule une évacuation par Israël, en trois étapes, de 13 % de la Cisjordanie, en échange de garanties de sécurité palestiniennes. Officiellement appelé Mémorandum de Wye River, l’accord a été signé en octobre 1998, sous l’égide des États-Unis. L’accord a été malmené dès le début par Israël, qui n’a appliqué que la première des trois phases du retrait – évacuant 2 % de la Cisjordanie – alors que, selon le calendrier annexé à l’accord, l’ensemble aurait dû être achevé dans un délai de 12 semaines, soit en janvier 1999. L’accord a contribué à la chute du Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu, en incitant ses alliés d’extrême droite à faire défection. M. Netanyahu a été contraint de convoquer des élections anticipées, qu’il a perdues en mai 1999. Les Palestiniens espéraient que son successeur, le travailliste Ehud Barak, qui affirme être favorable au processus de paix, applique sans tarder les retraits stipulés par l’accord. Mais M. Barak cherche à reporter une nouvelle fois la mise en œuvre des retraits, estimant qu’Israéliens et Palestiniens devraient plutôt s’atteler sans tarder à négocier un règlement de paix définitif. Voici les principales dispositions de Wye: – Extension des zones contrôlées, totalement ou partiellement, par les Palestiniens, qui passent de 27 % de la superficie de la Cisjordanie (hors Jérusalem-Est) à 40 %. Après application de la première étape de l’accord, les Palestiniens contrôlent aujourd’hui 29 % de la Cisjordanie. – Dans ce total, la part sous contrôle exclusif palestinien passe de 3 % à 18,2 % de la Cisjordanie. Après application de la première étape de l’accord, les Palestiniens contrôlent exclusivement 10 % de la Cisjordanie actuellement. – Création d’une commission mixte israélo-palestinienne chargée de négocier l’étendue d’un retrait ultérieur en Cisjordanie, qui était prévu par les accords d’Oslo. Cette commission ne s’est jamais réunie. – Reprise «immédiate» des négociations en vue d’un règlement de paix permanent («statut final») avec l’objectif de parvenir à un accord «avant le 4 mai 1999». Les pourparlers n’ont jamais commencé. – Engagements renouvelés de la partie palestinienne à empêcher les actes de terrorisme, des crimes et des violences dirigés contre la partie israélienne, ainsi que les actes d’incitation à la violence, et à coopérer avec Israël dans la lutte antiterroriste. – Confirmation par l’OLP de l’annulation des clauses anti-israéliennes de sa charte nationale. L’OLP s’y est conformée en décembre 1998, lors de la visite du président américain Bill Clinton à Gaza. – Libération de 750 prisonniers palestiniens en trois étapes. Israël a libéré seulement 250 prisonniers, dont 100 étaient des détenus politiques. Les Palestiniens affirment que les libérations ne devraient concerner que des détenus politiques. – L’accord stipulait aussi un certain nombre de dispositions à caractère économique ou visant à donner aux Palestiniens la possibilité de se déplacer entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. Ces dispositions, dans leur grande majorité, n’ont pas été appliquées.
L’accord israélo-palestinien de Wye Plantation, que le Premier ministre israélien Ehud Barak rechigne à mettre en œuvre, stipule une évacuation par Israël, en trois étapes, de 13 % de la Cisjordanie, en échange de garanties de sécurité palestiniennes. Officiellement appelé Mémorandum de Wye River, l’accord a été signé en octobre 1998, sous l’égide des États-Unis. L’accord a été malmené dès le début par Israël, qui n’a appliqué que la première des trois phases du retrait – évacuant 2 % de la Cisjordanie – alors que, selon le calendrier annexé à l’accord, l’ensemble aurait dû être achevé dans un délai de 12 semaines, soit en janvier 1999. L’accord a contribué à la chute du Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu, en incitant ses alliés d’extrême droite à faire défection. M....
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