Dix ans après la répression du mouvement de Tiananmen, le régime chinois reste sur le qui-vive face à la dissidence, dont les principales figures sont en exil ou en prison, et continue à rejeter les «ingérences» des pays étrangers à propos des droits de l’homme. Comme chaque année à l’approche de l’anniversaire de l’intervention de l’armée contre les manifestants démocrates dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, les opposants ont été mis en garde contre toute velléité de commémoration. «L’attitude du gouvernement à l’égard de la dissidence n’a pas bougé d’un iota au cours des 10 dernières années», observe Miao Xike, un opposant de Shenzhen (sud), à qui la police a intimé l’ordre de ne pas quitter la ville à l’approche du 4 juin. Selon Amnesty International, 237 «anciens» de Tiananmen restent à ce jour emprisonnés pour leur participation au mouvement, sur les «dizaines de milliers» qui ont été arrêtés en 1989 au plus fort de la répression, alors que se multipliaient les exécutions sommaires et les procès expéditifs. Dans les 10 années qui ont suivi, le régime communiste a alterné les phases de répression et d’assouplissement relatif en fonction de ses besoins en matière de relations publiques internationales, comme l’illustre la «carrière» de Wang Dan, le principal militant étudiant de 1989. Condamné à 4 ans de prison en 1989, Wang Dan était relâché quatre mois avant l’expiration de sa peine, en février 1993, alors que Pékin tentait d’obtenir l’organisation des Jeux olympiques de l’an 2000. Moins de deux ans plus tard, alors que la candidature de Pékin était écartée par le CIO, Wang Dan était à nouveau arrêté, détenu au secret pendant près d’un an et demi, avant d’être condamné à 11 ans de prison pour «crimes contre-révolutionnaires» fin 1996. « Provocations » Mais deux mois avant l’arrivée de Bill Clinton pour la première visite officielle à Pékin d’un président américain depuis Tiananmen, Wang Dan était relâché en avril 1998 pour raisons de santé et envoyé sur-le-champ aux États-Unis, où il a rejoint Wei Jingsheng, la principale figure du mouvement démocrate chinois, libéré cinq mois plus tôt dans les mêmes conditions. En exilant les dissidents, les autorités s’attirent les bonnes grâces des pays occidentaux tout en coupant les principaux contestataires de leurs relais habituels en Chine. Mais la visite de Bill Clinton en juin 1998 devait également donner lieu à un défi sans précédent lancé au régime par des militants d’un nouveau «Parti démocrate chinois (PDC)». Prenant au pied de la lettre les déclarations du pouvoir sur la mise en place d’un «État de droit», trois d’entre eux déposaient le jour même de l’arrivée de M. Clinton une demande d’enregistrement officiel de leur parti. Après cinq mois de «provocations» similaires dans de nombreuses provinces du pays, trois figures du PDC étaient arrêtées puis condamnées à des peines comprises entre 11 et 13 ans de prison. Le principal instigateur du mouvement, Wang Youcai, était lui-même un des anciens animateurs du Printemps de Pékin, figurant en 15e position sur «la liste noire» des étudiants les plus recherchés de Chine après la répression de 1989. Les pays occidentaux, tout en protestant contre la répression du PDC, ont préféré poursuivre le «dialogue» engagé sur les droits de l’homme avec la Chine, voyant un signe positif dans la signature par Pékin de deux pactes des Nations unies censés garantir les libertés fondamentales. Mais le Parlement chinois n’a pas inscrit leur ratification à son ordre du jour.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dix ans après la répression du mouvement de Tiananmen, le régime chinois reste sur le qui-vive face à la dissidence, dont les principales figures sont en exil ou en prison, et continue à rejeter les «ingérences» des pays étrangers à propos des droits de l’homme. Comme chaque année à l’approche de l’anniversaire de l’intervention de l’armée contre les manifestants démocrates dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, les opposants ont été mis en garde contre toute velléité de commémoration. «L’attitude du gouvernement à l’égard de la dissidence n’a pas bougé d’un iota au cours des 10 dernières années», observe Miao Xike, un opposant de Shenzhen (sud), à qui la police a intimé l’ordre de ne pas quitter la ville à l’approche du 4 juin. Selon Amnesty International, 237 «anciens» de Tiananmen...