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Actualités - Reportages

Restructurations dans l'industrie de défense : le risque de forteresses

L’accélération de la restructuration des industries de défense en Europe et aux États-Unis risque de donner naissance à deux forteresses, si un dialogue sur la coopération industrielle entre les deux côtés de l’Atlantique n’est pas rapidement engagé, estime l’IISS. «À la fin 1998, la restructuration de l’industrie de la défense battait son plein mais sans véritable indice de la moindre dimension transatlantique», note l’Institut d’études stratégiques. Mis à part quelques acquisitions britanniques aux États-Unis (l’américain Tracor acheté par Gec, les moteurs Allison par Rolls-Royce), il n’y a eu «que très peu de fusions transatlantiques», note l’IISS. L’essentiel des grandes manœuvres se fait à l’intérieur des deux continents. Elles sont quasiment achevées aux États-Unis après sept années chargées de 1990 à 1997 et se poursuivent en Europe avec notamment le mariage des français Aérospatiale-Matra et, en Grande-Bretagne, le rachat de Marconi par British Aerospace. À cette tendance des industries à se regrouper à l’intérieur de leur continent s’ajoutent des mesures prises par les États eux-mêmes qui ne facilitent pas la coopération industrielle, soulignent les experts de l’Institut : «Des limitations aux transferts de technologie d’un pays à l’autre, des contrôles très sévères sur les exportations des technologies et des restrictions imposées» aux investisseurs étrangers pour toute acquisition dans le secteur de la défense. Le résultat «pourrait être l’émergence de deux forteresses industrielles, planquées derrière des remparts protectionnistes», note l’IISS. «Non seulement ce scénario pourrait coûter très cher», en limitant la capacité des gouvernements à faire jouer la concurrence lors de leurs achats d’armement mais «leur émergence pourrait mener à des frictions lorsqu’il s’agit de décider d’engager des forces de l’Otan», estiment les experts. L’IISS encourage les gouvernements à prendre les devants : «En mettant l’accent sur la nécessité d’un changement de stratégie, les gouvernements occidentaux pourraient jeter les bases économiques d’une meilleure coopération militaire dans les années à venir», estime l’Institut. Les industriels eux-mêmes pourraient sortir du scénario des forteresses, ajoutent les experts basés à Londres. Les Américains commencent à prendre en compte la logique d’un marché mondial et des transferts de technologies. Les grands groupes américains commencent aussi à rechercher des opportunités de partenariat et d’acquisitions en Europe, note l’IISS. «Et même si la tendance n’est pas encore claire, il est probable que les entreprises vont intensifier le mouvement au cours des prochaines années, afin d’étendre leur marché et de s’assurer qu’elles ne sont pas exclues du marché européen». «Il en va de même pour les Européens. Et ce d’autant plus que “le marché européen, moins important que le marché américain, risque de ne jamais atteindre” une taille suffisante pour permettre une réduction des coûts de production», note l’IISS.
L’accélération de la restructuration des industries de défense en Europe et aux États-Unis risque de donner naissance à deux forteresses, si un dialogue sur la coopération industrielle entre les deux côtés de l’Atlantique n’est pas rapidement engagé, estime l’IISS. «À la fin 1998, la restructuration de l’industrie de la défense battait son plein mais sans véritable indice de la moindre dimension transatlantique», note l’Institut d’études stratégiques. Mis à part quelques acquisitions britanniques aux États-Unis (l’américain Tracor acheté par Gec, les moteurs Allison par Rolls-Royce), il n’y a eu «que très peu de fusions transatlantiques», note l’IISS. L’essentiel des grandes manœuvres se fait à l’intérieur des deux continents. Elles sont quasiment achevées aux États-Unis après sept...