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Actualités - Chronologie

L'accès gratuit à Internet : trompe l'oeil ou révolution ?

Les fournisseurs d’accès se bousculent depuis une semaine pour offrir un accès gratuit à Internet, annonçant avec fracas la conquête prochaine de centaines de milliers de nouveaux internautes qui devraient bouleverser les marchés. Suivant l’exemple britannique de Freeserve, qui grâce à son offre d’accès gratuit est devenu le premier fournisseur d’accès au Royaume-Uni avec 1,5 million d’utilisateurs, les annonces d’offres similaires se sont multipliées cette semaine en France. World Online, Lokace-Online du groupe Infonie, Free du groupe Iliad, Lybertysurf des groupes Arnault et Kingfisher ou encore Freesurf ont annoncé quasi simultanément le lancement d’offres à la gratuité alléchante. Les fournisseurs d’accès traditionnels, qui font payer l’accès à Internet, s’inquiètent de cette nouvelle concurrence, mais font valoir leur qualité de transmission et leurs services annexes. AOL France, contrôlé par Cegetel, ne s’estime pas menacé. «La vogue des accès gratuits en Grande-Bretagne n’a pas empêché AOL-UK de poursuivre sa croissance», souligne Michèle Gilbert, responsable commercial. France Télécom a également réagi en baissant provisoirement le coût de son abonnement Wanadoo. «L’accès gratuit ne représentera qu’un segment du marché, il y a de la place pour tout le monde», confirme Yves Rivoal, journaliste spécialisé et gérant de la société Interneto. Les fournisseurs d’accès gratuit prévoient de se rémunérer, notamment grâce à la publicité et au reversement de commissions de l’opérateur de télécoms, en échange du trafic généré par les internautes. Beaucoup d’experts s’inquiètent de la viabilité de ces offres, la publicité en ligne étant encore balbutiante. Quant au reversement des commissions, il semble peu rémunérateur à moins d’une réelle explosion du nombre d’internautes. Si l’ensemble des offres d’accès gratuit crée un mouvement irréversible qui va vraisemblablement attirer de nouveaux utilisateurs, ce «boom» reste difficile à chiffrer. Les estimations des promoteurs de l’accès gratuit sont qualifiées d’optimistes, voire de fantaisistes, par de nombreux experts du réseau. Pour Christophe Sapet, président de l’Association des fournisseurs d’accès français (AFA) et de la société Infonie, «c’est une offre séduisante qui ne résoudra pas le problème du faible taux d’équipement informatique des ménages français». Quant aux utilisateurs, ils sont nombreux à mettre en cause le coût, prohibitif aux yeux de certains, des communications locales. Pour Alain Simeray, rédacteur en chef du Webzine Micro Bulletin Actu, ces offres sont, de ce point de vue, «une arnaque». «Le coût des abonnements est dérisoire par rapport à la facture de téléphone que paye l’internaute, alors que l’accès devienne gratuit ne change pas grand-chose à la note globale. Pour les gros utilisateurs, c’est même une goutte d’eau», relève-t-il.
Les fournisseurs d’accès se bousculent depuis une semaine pour offrir un accès gratuit à Internet, annonçant avec fracas la conquête prochaine de centaines de milliers de nouveaux internautes qui devraient bouleverser les marchés. Suivant l’exemple britannique de Freeserve, qui grâce à son offre d’accès gratuit est devenu le premier fournisseur d’accès au Royaume-Uni avec 1,5 million d’utilisateurs, les annonces d’offres similaires se sont multipliées cette semaine en France. World Online, Lokace-Online du groupe Infonie, Free du groupe Iliad, Lybertysurf des groupes Arnault et Kingfisher ou encore Freesurf ont annoncé quasi simultanément le lancement d’offres à la gratuité alléchante. Les fournisseurs d’accès traditionnels, qui font payer l’accès à Internet, s’inquiètent de cette nouvelle...