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Actualités - Chronologie

Alger s'apprête à gracier des milliers d'intégristes

Les autorités algériennes s’apprêtent à gracier des milliers de sympathisants islamistes, tandis qu’un projet de loi sur la «concorde civile» étudié dès mardi en Conseil des ministres doit définir les conditions de libération ou de réduction de peine des combattants des maquis. La loi sur la «concorde civile» concernera essentiellement les combattants islamistes des maquis et se substituera à celle sur la Rahma (clémence) de 1995, qui prévoyait déjà des réductions de peine pour les islamistes armés condamnés. Cette nouvelle loi, voulue par le président Abdelaziz Bouteflika après la reddition, début juin, de l’Armée islamique du salut (AIS), la branche armée du Front islamique du salut (FIS, dissous), ne va pas jusqu’à proclamer une amnistie totale, mais prévoit une «dispense de toute poursuite» pour ceux qui ne sont pas impliqués dans des crimes de sang ou de viol. Les auteurs de ces crimes, a prévenu le chef du gouvernement algérien, Smail Hamdani, seront poursuivis et «jugés tôt ou tard». Cette loi semble être l’un des éléments de l’accord, encore tenu secret, entre l’AIS et l’armée régulière, qui avait déjà abouti à une trêve en octobre 1997. Les combattants islamistes armés devront demander à en bénéficier dans un délai de six mois après sa promulgation, a indiqué M. Hamdani. Ils auront notamment à déclarer les armes en leur possession et dire à quelles actions ils ont participé. Le texte – qui, après adoption par le Parlement, sera soumis à un référendum voulu par le président Bouteflika – prévoit une libération conditionnelle pour des islamistes déjà condamnés non impliqués dans des crimes de sang, selon la presse. La grâce présidentielle pour des «milliers» d’islamistes interviendra à l’occasion du 37e anniversaire de l’indépendance, le 5 juillet. Elle concernera les «relais» des réseaux des islamistes armés, a seulement précisé le président. M. Bouteflika a, une fois de plus, affirmé qu’il voulait «ramener la paix» dans son pays, où les violences des islamistes armés ont fait, selon lui, 100 000 morts depuis 1992. La grâce présidentielle devrait donc toucher ceux qui, condamnés ou en attente de jugement, ont contribué à l’hébergement, au financement, au transport et à la nourriture des islamistes armés. Le nombre de ces «relais» n’est pas connu officiellement, mais il est estimé par la presse entre 10 000 et 20 000. Cette grâce pourrait également concerner des milliers de personnes arrêtées, mais gardées dans des lieux secrets. Ces «disparus», dont les familles militent depuis des années pour leur jugement ou leur libération, ont été estimés à près de 18 000 par la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) de Me Abdennour Ali-Yahia. Officiellement, leur nombre est estimé à moins de 2 000 par les autorités, pour qui la plupart des personnes déclarées disparues ont, en réalité, rejoint les maquis islamistes. Ce que récusent les familles et leurs avocats. La dizaine de centres de détention administrative ouverts dans le Sahara pour accueillir des dizaines de milliers d’islamistes arrêtés en 1992-93 ont été officiellement fermés et les détenus libérés, mais les organisations de défense des droits de l’homme et des proches de «disparus» affirment qu’il en existe encore. Il se pourrait que le plus célèbre prisonnier d’opinion algérien, Ali Belhadj, le numéro 2 du FIS dissous, qui purge une peine de 12 ans de prison, puisse bénéficier des dispositions de la nouvelle loi ou de la grâce présidentielle, puisqu’il n’a commis aucun crime de sang, affirment certains commentaires de presse algériens.
Les autorités algériennes s’apprêtent à gracier des milliers de sympathisants islamistes, tandis qu’un projet de loi sur la «concorde civile» étudié dès mardi en Conseil des ministres doit définir les conditions de libération ou de réduction de peine des combattants des maquis. La loi sur la «concorde civile» concernera essentiellement les combattants islamistes des maquis et se substituera à celle sur la Rahma (clémence) de 1995, qui prévoyait déjà des réductions de peine pour les islamistes armés condamnés. Cette nouvelle loi, voulue par le président Abdelaziz Bouteflika après la reddition, début juin, de l’Armée islamique du salut (AIS), la branche armée du Front islamique du salut (FIS, dissous), ne va pas jusqu’à proclamer une amnistie totale, mais prévoit une «dispense de toute poursuite» pour...