Compte tenu des tragiques événements survenus moins de 48h avant le déroulement de la rencontre, la finale débuta par des mots de circonstance de M. Antoine Choueiry, président du club de La Sagesse, et du président de la Fédération libanaise de basket-ball, M. Antoine Chartier, qui demandèrent à l’assistance d’observer une minute de silence en mémoire des martyrs tombés au champ d’honneur. Puis les présidents des quatre clubs demi-finalistes, en l’occurrence La Sagesse, le Tadamon, le Sporting et l’Antranik, dans un grand élan de solidarité, décidèrent d’offrir les gains réalisés par leurs équipes, grâce à leur participation au dernier carré, à la reconstruction des infrastructures détruites par l’aviation israélienne. Mais la grande surprise de la soirée survint à l’énoncé de la composition des équipes : alors que La Sagesse présentait sa formation type au grand complet avec Acha, Khatib, Mechantaf, N’Diaye et Boulos, le Tadamon affichait un cinq de départ totalement inédit composé de Bardawil, Nasr, Sfeir, Kozah et Moussa ; rien que des joueurs locaux et pour cause : les trois étrangers (américains) ayant préféré retourner dans leur pays, craignant une nouvelle détérioration de la situation. Dans ces conditions défavorables, l’équipe de Zouk ne pouvait se faire beaucoup d’illusions sur le sort de la rencontre et, pourtant, elle résista tant bien que mal (et plutôt bien que mal) durant la première mi-temps aux assauts des champions d’Asie grâce notamment aux deux Nasr, Élie et Roger, qui parvinrent à limiter les dégâts en marquant 24 des 37 points réussis jusque-là par leur équipe. Il est vrai qu’en face, les Verts ne donnaient pas la pleine mesure de leurs talents et les étrangers Acha, N’Diaye et Richardson n’étaient que peu sollicités par leurs coéquipiers. Le repos intervint alors que le tableau d’affichage indiquait 42 à 37 en faveur de La Sagesse et rien ne laissait présager une victoire facile de ces derniers tant les Rouges semblaient accrocheurs et bien déterminés à vendre chèrement leur peau. La deuxième mi-temps débuta d’une tout autre manière et les joueurs de La Sagesse prirent d’emblée leurs adversaires à la gorge, bien décidés à ne faire aucun cadeau à un Tadamon diminué et qui parut complètement dépassé par les évènements, l’absence de Madisen, Leeks et W. K. Jones se faisant maintenant cruellement sentir. Les dix premières minutes furent un désastre pour l’équipe de Zouk : huit petits points uniquement inscrits en l’espace de ce laps de temps ! Et pour ne rien arranger, Kozah sortit prématurément pour cinq fautes commises et Moussa ratait tous les tirs qu’il tentait, ce qui obligea l’entraîneur Taylor à avoir recours à des joueurs totalement inconnus du grand public comme Mansour, Achkar, Kalaani et Barbour. Dans le même temps, Sarkis, fort désormais d’une vingtaine de points d’avance, faisait entrer Charlie Saad, J.C. Rabbat, Nahri et même Feghali. Les Verts en roue libre La rencontre tournait à la démonstration et les Verts s’en donnaient à cœur joie, surtout Saad dont l’entente sur le terrain avec N’Diaye était parfaite : chacune de ses incursions portait le danger dans la défense des Rouges et ses passes millimétrées au Sénégalais permettaient à ce dernier de régaler le public avec quelques dunks rageurs. La rencontre s’acheva enfin sur le score de 85 à 62, soit la plus grande différence enregistrée entre deux équipes depuis le début des demi-finales, mais le Tadamon eut le mérite de disputer la rencontre avec une formation composée à cent pour cent de joueurs libanais qui firent jeu égal durant toute la première mi-temps avant de craquer puis de sombrer contre les doubles champions arabes et asiatiques. Grâce à cette victoire qui ne souffre aucune contestation, La Sagesse remporte son sixième titre en l’espace de deux ans, ce qui est à proprement dire un véritable exploit. Tadamon, finaliste malheureux lors des trois dernières éditions, se consolera en pensant qu’il n’a pas vraiment démérité, mais qu’il est tombé une fois de plus sur plus fort que lui. Nous laisserons le mot de la fin au président (comblé) de La Sagesse, M. Antoine Choueiry, qui annoncait très sérieusement à l’issue de la rencontre qu’il serait anormal pour le basket national que son équipe continue à accumuler les titres et qu’il souhaiterait rencontrer la saison prochaine une concurrence plus vive de la part des équipes engagées… Comme quoi il faut de tout pour faire un monde, mais il fait beaucoup pour plaire à tout le monde.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Compte tenu des tragiques événements survenus moins de 48h avant le déroulement de la rencontre, la finale débuta par des mots de circonstance de M. Antoine Choueiry, président du club de La Sagesse, et du président de la Fédération libanaise de basket-ball, M. Antoine Chartier, qui demandèrent à l’assistance d’observer une minute de silence en mémoire des martyrs tombés au champ d’honneur. Puis les présidents des quatre clubs demi-finalistes, en l’occurrence La Sagesse, le Tadamon, le Sporting et l’Antranik, dans un grand élan de solidarité, décidèrent d’offrir les gains réalisés par leurs équipes, grâce à leur participation au dernier carré, à la reconstruction des infrastructures détruites par l’aviation israélienne. Mais la grande surprise de la soirée survint à l’énoncé de la composition...