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Actualités - Opinion

Tribune Ne pas confondre

L’histoire ne se répète jamais de la même manière et les mêmes causes n’ont pas toujours les mêmes effets. Nous sommes à la fin du siècle et non en son milieu ; les Israéliens n’ont certes rien à voir avec les Serbes, les Palestiniens rien à voir avec les Kosovars et les Américains n’ont pas les mêmes yeux, selon qu’ils regardent «l’ordre nouveau» du côté pile ou du côté face. Toute ressemblance ou analogie avec des personnages ou des situations du passé ou du présent est à exclure. Plus encore, toute tentative de comparaison entre un nettoyage ethnique et un autre, entre un massacre et un autre, entre un exode et un autre, entre un retour de réfugiés et une interdiction de retour, exposerait son auteur à une forte présomption d’antisémitisme récurrent. Et, s’il persiste, à son bannissement de la société des bien portants, pour être compté parmi les obsédés et les schizophrènes. Aussi faut-il bien nous garder d’oser suggérer quelque rapprochement que ce soit entre deux situations totalement dissemblables. Du reste, l’idée de commettre un tel sacrilège ne nous est même pas venue. Au contraire, ce sont les différences profondes entre le Kosovo et la Palestine qui s’imposent à l’esprit. Tout d’abord les Kosovars ne parlent pas l’arabe, les Palestiniens ne parlent pas le tosque ; c’est là une dissimilitude fondamentale. Quant aux Serbes, ce sont des sauvages expansionnistes qui prétendent utiliser la solidarité tribale du monde orthodoxe pour justifier leurs appétits territoriaux. Les Israéliens, eux, sont les humbles victimes d’une vindicte arabe qui cherche à leur voler «leur» oxygène et à se targuer de frustrations imaginaires. Les Kosovars sont un peuple noble, digne d’être défendus par la plus grande puissance du monde qui, pour les sauver, a laissé tuer la moitié d’entre eux. L’autre moitié, déracinée et dépouillée, mais reconnaissante, ne cesse d’applaudir ses bienfaiteurs. Les Palestiniens, par contre, sont des parasites indésirables qui se croient autorisés à réclamer un morceau de sol autrefois appelé erronément Palestine et sur lequel ils n’ont aucun droit. Les Serbes, pour qui le Kosovo est leur Jérusalem, ont osé considérer les lieux les plus sacrés de leur tradition comme faisant partie de leur patrimoine cultuel ; alors que les Israéliens, peuple élu, ont à juste raison chassé les usurpateurs palestiniens qui occupaient sans titre, depuis à peine deux mille ans, un territoire qui ne fut jamais les leur. Les Kosovars survivants méritent de revenir contempler leurs terres dévastées. Les naufragés palestiniens, recueillis par une humanité malséante, abusent avec une impudence éhontée de leur survivance en réclamant un soi-disant retour sur le territoire d’autrui, alors que la moindre des bienséances aurait été de se dissoudre sur place – et en silence. Contrairement à Israël qui est chez lui, là où se sont greffés par accident quelques étrangers, la Serbie, elle, n’était pas chez elle sur son propre territoire ; elle aurait dû savoir depuis longtemps que la Yougoslavie n’a jamais été yougoslave, comme la Palestine n’a jamais été palestinienne. Si besoin est, le lecteur de bonne foi peut à loisir continuer cette liste d’antinomies évidentes. Mais même le plus obstiné des objecteurs aura compris qu’on ne peut pas comparer des situations incomparables et que la cécité est souvent une inestimable vertu.
L’histoire ne se répète jamais de la même manière et les mêmes causes n’ont pas toujours les mêmes effets. Nous sommes à la fin du siècle et non en son milieu ; les Israéliens n’ont certes rien à voir avec les Serbes, les Palestiniens rien à voir avec les Kosovars et les Américains n’ont pas les mêmes yeux, selon qu’ils regardent «l’ordre nouveau» du côté pile ou du côté face. Toute ressemblance ou analogie avec des personnages ou des situations du passé ou du présent est à exclure. Plus encore, toute tentative de comparaison entre un nettoyage ethnique et un autre, entre un massacre et un autre, entre un exode et un autre, entre un retour de réfugiés et une interdiction de retour, exposerait son auteur à une forte présomption d’antisémitisme récurrent. Et, s’il persiste, à son bannissement de...