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Actualités - Chronologie

Les documents administratifs récupérés à Beiteddine

Une partie des documents administratifs sauvés de la pourriture et des bombardements avaient été envoyés par l’émir Chéhab au palais de Beiteddine où M. Walid Joumblatt les a conservés pendant les longues années de guerre. En remettant le palais à l’État, le ministre Joumblatt a remis à la Direction générale des antiquités les 56 caisses en bois contenant tous les documents relatifs à la Moutassarifiya et au Caïmacam. Au fond de la galerie, à gauche, quelques-uns de ces documents sont exposés dans deux vitrines. «Ces documents représentent une somme d’informations que nous sommes encore en train de dépouiller», indique M. Nabil Saïdi, l’expert en manuscrits arabes. «Il y aurait entre 350 000 et un million de documents, conservés en parfait état». Des papiers relatifs à «deux siècles de vie politique et sociale dans le Mont-Liban», relève-t-il. Les exemples ne manquent pas : une lettre de l’émir Abillama demandant à Georges Tannous el-Khayyat, tailleur de son état, comme son nom l’indique, installé à Beyrouth, de lui envoyer des échantillons de tissus pour habiller les femmes du palais. Ou bien cette missive d’un prélat autorisant une dame à manger de la viande le vendredi, moyennant une redevance payée à l’Église ! Ou encore ces tableaux de salaire datant de 1910, et sur lesquels on peut voir que le moutassaref Naoum Bacha percevait un salaire de 20 000 magidiyé (monnaie ottomane) alors que le président du Conseil de la Moutassarifiyé ne touchait que 1 800 magidiyé. Le revenu d’un simple membre s’élevait à 1 000 et celui d’un greffier, en fonction de son grade, entre 750 et 300. Pour sa part, le commandant en chef de l’armée du Mont-Liban avait un salaire de 2 250 magidiyé, alors qu’un médecin de la grande muette touchait 1 500 et un musicien faisant partie de la fanfare de l’armée 180. Aussi loin qu’on remonte dans les siècles, l’art ne semble avoir jamais nourri son homme. Autre exemple pour le moins édifiant : un ingénieur zélé adresse une lettre manuscrite en français, traduite en arabe, et concernant les travaux de réparation du tronçon de route entre Nahr el-Mott et Dbayé. Des missives datées du 4 avril et du 19 novembre 1903 indiquent que le chantier a été confié à Lutfallah Harmouch et Ayoub Tawil pour des travaux «s’étendant sur 2 510 m de route roulée. Sur 1 700 m, les pierres cassées sont en quantité insuffisante. Sur 500 m, elles sont approvisionnées mais aussi en quantité insuffisante», note le rapport. L’ingénieur poursuit : «Les travaux exécutés feraient, s’ils étaient satisfaisants, un compte de 17 391 piastres et 10 paras. Comme cela n’est pas le cas, affirme notre ingénieur, je me permets de proposer à leur payer seulement un acompte de 5 652 piastres». Le document ne dit cependant pas si l’avis a été suivi…
Une partie des documents administratifs sauvés de la pourriture et des bombardements avaient été envoyés par l’émir Chéhab au palais de Beiteddine où M. Walid Joumblatt les a conservés pendant les longues années de guerre. En remettant le palais à l’État, le ministre Joumblatt a remis à la Direction générale des antiquités les 56 caisses en bois contenant tous les documents relatifs à la Moutassarifiya et au Caïmacam. Au fond de la galerie, à gauche, quelques-uns de ces documents sont exposés dans deux vitrines. «Ces documents représentent une somme d’informations que nous sommes encore en train de dépouiller», indique M. Nabil Saïdi, l’expert en manuscrits arabes. «Il y aurait entre 350 000 et un million de documents, conservés en parfait état». Des papiers relatifs à «deux siècles de vie...