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Actualités - Chronologie

Qui a gagné quoi ...

La règle d’or des grands sommets internationaux est que tous les chefs d’État doivent avoir quelque chose à ramener à leurs électeurs. Suit un résumé des raisons pour lesquelles chacun des dirigeants du Groupe des Huit peut être plus ou moins satisfait de son week-end à Cologne. Gerhard Schröder Hôte du sommet, Schröder, pour sa première au G8, peut faire valoir l’initiative de Cologne visant à effacer 70 milliards de dollars de la dette des pays pauvres et un accord sur un projet pour éviter les futures crises financières. Il doit maintenant espérer que ses deux projets fonctionnent. Moins réjouissant, le G8 de fait a prévenu les contribuables allemands de se tenir prêts à subir un choc lorsque le rééchelonnement de la dette de 140 milliards de dollars de la Russie sera renouvelé. L’Allemagne détient environ 40 % de cette dette. Les partenaires antinucléaire de la coalition socio-démocrate de Schröder n’apprécieront pas qu’il soit peu probable que le chancelier parvienne à bloquer le projet occidental de financement de nouveaux réacteurs en Ukraine à la suite de la fermeture de celui de Tchernobyl. Bill Clinton Clinton a savouré un accord obtenu à l’arrachée qui réduit fortement le rôle de la Russie dans la force de maintien de la paix au Kosovo et également relance un accord pour reprendre des discussions militaires longtemps en suspend avec Moscou. Comme les autres responsables de l’Otan réunis au sommet, Clinton a également pu engranger le crédit de la campagne de bombardements des alliés qui ont conduit au retrait des troupes yougoslaves du Kosovo. Jacques Chirac Chirac a pu mettre en avant le rôle de premier plan joué par la France dans la campagne de l’Otan. Mais son espoir de mettre en place un gendarme mondial dans l’alimentation après les récentes grandes peurs sur la vache folle ou le poulet à la dioxine est tombé à plat. À l’énoncé de son idée, le G7 a botté en touche. Tony Blair Blair a été le principal gagnant de l’accord sur la dette et a promis que la Grande-Bretagne continuerait à faire pression en faveur d’un allégement plus important. En tant que dirigeant de premier plan de la campagne de l’Otan en Yougoslavie, il a pu partager les lauriers de la victoire. Qui aurait penser, il y a seulement un mois, que les Forces serbes auraient quitté le Kosovo, a-t-il demandé ? Jean Chrétien Le Premier ministre canadien peut se féliciter de l’accord sur la dette qui justifie la politique du Canada en matière de développement. Le pays a laissé le champ libre au G7 pour l’allégement de la dette, préférant depuis 1986 proposer aux pays pauvres des subventions plutôt que des prêts. Keizo Obuchi Le Premier ministre japonais a eu du mal à cacher sa satisfaction à la réaction du G7 face aux preuves montrant que la récession dans l’archipel se termine finalement. Clinton a déclaré qu’il était ravi, ce qui a ravi Obuchi. Massimo D’Alema Le président du Conseil italien partage avec ses collègues la responsabilité de l’allègement de la dette. Il est parvenu à tenir les problèmes économiques de l’Italie à l’écart du sommet. Mais des signes diffus d’une division avec la Grande-Bretagne et les États-Unis sur l’aide aux Serbes devaient être dissimulés. Boris Eltsine Eltsine a montré qu’il représentait toujours une force avec laquelle il fallait compter, se délectant des compliments de ses homologues qui cherchaient à se rabibocher avec lui après les querelles sur la force de paix au Kosovo. Il a obtenu la promesse d’une coopération pour le rééchelonnement de la dette de 140 milliards de dollars de la Russie, mais s’est entendu dire que les prêts issus de l’ère soviétique ne pouvaient pas être tout simplement effacés. Même s’il n’a pas conquis Cologne, il est venu et reparti sans incident. Pour ses collaborateurs, c’était déjà un triomphe.
La règle d’or des grands sommets internationaux est que tous les chefs d’État doivent avoir quelque chose à ramener à leurs électeurs. Suit un résumé des raisons pour lesquelles chacun des dirigeants du Groupe des Huit peut être plus ou moins satisfait de son week-end à Cologne. Gerhard Schröder Hôte du sommet, Schröder, pour sa première au G8, peut faire valoir l’initiative de Cologne visant à effacer 70 milliards de dollars de la dette des pays pauvres et un accord sur un projet pour éviter les futures crises financières. Il doit maintenant espérer que ses deux projets fonctionnent. Moins réjouissant, le G8 de fait a prévenu les contribuables allemands de se tenir prêts à subir un choc lorsque le rééchelonnement de la dette de 140 milliards de dollars de la Russie sera renouvelé. L’Allemagne détient...