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Actualités - Chronologie

Les grandes lignes de l'accord

L’accord conclu entre la Russie et les États-Unis sur la participation militaire russe à la force de paix Kfor au Kosovo, dirigée par l’Otan, préserve l’unité de commandement des quelque 50 000 hommes qui la composeront sans attribuer de «secteur» à Moscou. Voici, selon des diplomates à Bruxelles, les grandes lignes de cet accord, non rendu public et qui est fortement inspiré de l’entente conclue en 1995 entre Américains et Russes pour la Sfor en Bosnie à laquelle participent 1 500 Russes. Comme dans ce pays, l’accord sur la Kfor est très favorable à l’Otan en prévoyant le déploiement de quelque 3 600 militaires russes au Kosovo : DIRECTION POLITIQUE : le Conseil conjoint Otan/Russie, créé en mai 1997 et dont les activités sont suspendues à l’initiative de Moscou depuis le 24 mars, date de l’entrée en guerre de l’Otan contre la Yougoslavie, «va être revitalisé» grâce à l’accord sur le statut des troupes russes au Kosovo. Ce Conseil donne à la Russie un droit de regard sans veto possible sur les activités de l’Otan. Pour le Kosovo, les échanges seront en conséquence limités à des «consultations», selon l’Alliance. COMMANDEMENT MILITAIRE : comme en Bosnie pour la Sfor, les militaires russes resteront sous un commandement russe. Au plus haut niveau, ils dépendront d’un général affecté au QG des forces alliées en Europe, basé à Mons en Belgique et dirigé par le général américain Wesley Clark. Ce général russe sera assisté d’une dizaine d’officiers russes. En réalité, ceux qui s’occupent déjà à Mons de la Bosnie depuis trois ans. Localement, des officiers russes, dont un général, seront présents au Kosovo au sein de l’état-major du général britannique Michael Jackson. Ils permettront de faire un relais entre les ordres de Mons et l’application de la mission sur le terrain. «Les troupes russes seront sous contrôle tactique de la Kfor et sous contrôle opérationnel russe», a indiqué Washington. ZONES D’AFFECTATION : les Russes n’ont obtenu ni «secteur opérationnel» indépendant ni d’être présents dans les cinq «secteurs» déjà répartis entre États-Unis (est), Grande-Bretagne (centre-est avec Pristina), France (nord), Allemagne (sud) et Italie (ouest), comme ils l’ont demandé lors de la négociation. Moscou avait proposé de regrouper ses troupes au centre du Kosovo, mordant sur les cinq «secteurs» dirigés par l’Otan. En définitive, ils seront implantés en quatre endroits différents : - Aéroport de Pristina : le commandement de l’aéroport, où les premiers arrivés ont été les Russes, sera assuré par ces derniers. Le contrôle aérien reviendra de son côté aux militaires de l’Alliance atlantique. Le commandement de l’aéroport et le soutien logistique aux troupes russes déployées sur le terrain seront assurés par quelque 600 militaires russes. – «Secteur américain» (est): une brigade de quelque 1 500 hommes va être déployée dans ce secteur. Les deux parties ont l’habitude de travailler ensemble. En Bosnie, depuis 1996, 1 500 Russes participent à la Sfor dans le secteur multinational nord-est du pays dirigé par les États-Unis. – «Secteur français» (nord): un bataillon d’environ 750 Russes travaillera en coordination avec une compagnie française basée à Lausa. C’est la première fois que des troupes terrestres françaises et russes travailleront ensemble. Les deux pays n’avaient jusqu’à présent collaboré que dans le domaine aérien avec l’escadron Normandie-Niémen. – «Secteur allemand» (sud): un bataillon d’environ 750 Russes fera respecter la mission de paix en coordination avec des troupes allemandes basées à Malisevo. Comme pour les Français, c’est la première fois que des troupes allemandes effectueront une mission commune avec une unité russe. Cette dernière va être déployée dans l’un des bastions de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), un engagement qui pourrait être difficile.
L’accord conclu entre la Russie et les États-Unis sur la participation militaire russe à la force de paix Kfor au Kosovo, dirigée par l’Otan, préserve l’unité de commandement des quelque 50 000 hommes qui la composeront sans attribuer de «secteur» à Moscou. Voici, selon des diplomates à Bruxelles, les grandes lignes de cet accord, non rendu public et qui est fortement inspiré de l’entente conclue en 1995 entre Américains et Russes pour la Sfor en Bosnie à laquelle participent 1 500 Russes. Comme dans ce pays, l’accord sur la Kfor est très favorable à l’Otan en prévoyant le déploiement de quelque 3 600 militaires russes au Kosovo : DIRECTION POLITIQUE : le Conseil conjoint Otan/Russie, créé en mai 1997 et dont les activités sont suspendues à l’initiative de Moscou depuis le 24 mars, date de l’entrée...