Il suffit qu’un réalisateur étranger annonce son intention de porter à l’écran une œuvre littéraire française pour que toute la critique parisienne, dans un bel élan patriotique, s’excite en criant à la trahison. Non sans raison: pensez à ce que Schlondrof fit avec Un Amour de Swann, de Proust, Puenzo avec La Peste de Camus ou Randall Wallace avec L’Homme au Masque de Fer de Dumas, où l’ineffable Leonardo di Caprio était tiré en double exemplaire, comme avec du papier carbone! Mais voilà qu’aujourd’hui, le même Dumas du Masque de Fer est trahi, non pas par quelque «ET» venu d’on ne sait où mais par la très Française Josée Dayan. Et, autant que je le sache, personne n’a crié à la trahison. Alors qu’on m’explique pourquoi ce ridicule «happy end» très hollywoodien, avec Monte Cristo partant filer le parfait amour dans quelque Club Méditerranée avec sa Mercedes – ni l’auto, ni Maria, mais tout simplement la dame de ses pensées! – En souvenir du bon vieux temps de leurs amours juvéniles? Cela dit, je ne conteste pas la qualité de l’entreprise – on y a mis le paquet et c’était évident – ni le choix parfait des interprètes, mais j’ai comme une impression que Mme Dayan n’aime pas les Arabes: dans le roman de Dumas, c’est avec une très belle musulmane, Haydée, fille d’un Grand Turc, que Monte Cristo s’en allait. Dans cette adaptation, Haydée restait en rade, ce qui est bien le cas de le dire! Il est un vieil adage qui affirme: «On n’est trahi que par les siens». Je laisse aux lecteurs le soin de conclure qui a raison: de l’adage ou de moi. P.S.: «La trahison» («Permission to Kill») de Cyril Frankel avec Dirk Bogarde, Ava Gardner, Timothy Dalton.
Il suffit qu’un réalisateur étranger annonce son intention de porter à l’écran une œuvre littéraire française pour que toute la critique parisienne, dans un bel élan patriotique, s’excite en criant à la trahison. Non sans raison: pensez à ce que Schlondrof fit avec Un Amour de Swann, de Proust, Puenzo avec La Peste de Camus ou Randall Wallace avec L’Homme au Masque de Fer de Dumas, où l’ineffable Leonardo di Caprio était tiré en double exemplaire, comme avec du papier carbone! Mais voilà qu’aujourd’hui, le même Dumas du Masque de Fer est trahi, non pas par quelque «ET» venu d’on ne sait où mais par la très Française Josée Dayan. Et, autant que je le sache, personne n’a crié à la trahison. Alors qu’on m’explique pourquoi ce ridicule «happy end» très hollywoodien, avec Monte Cristo partant...
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