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Actualités - Conferences Et Seminaires

Le fantôme de la désertification au Liban

M. Jalal Halwani, ingénieur chimiste et professeur à l’UL, qui représentait le Liban au congrès du Caire, a donné une idée précise de la situation du pays en matière d’eau : mauvaise gestion malgré une morphologie unique au Moyen-Orient et dans la région. M. Halwani a commencé par avancer quelques chiffres qui donnent une idée précise des besoins du Liban en eau et des potentialités de ses ressources. Les conditions climatiques font que la pluie tombe 90 jours par an, dans une proportion de 8 600 millions de mètres cubes dont la moitié environ s’évapore. L’autre moitié va dans les cours d’eau, et une quantité estimée à 500 millions de mètres cubes s’infiltre dans les nappes souterraines. Mais la mauvaise gestion des ressources hydrauliques au Liban, selon M. Halwani, cause la perte d’au moins la moitié de la quantité d’eau qui finit dans la mer. Beaucoup de villages ne sont pas dotés de canaux d’irrigation. Les agriculteurs creusent des puits surexploités, ce qui augmente la salinité de l’eau potable. La plus grave menace aujourd’hui est représentée par la désertification. Toutes les terres libanaises courent actuellement ce risque en raison de l’appauvrissement du sol et de la raréfaction des espaces verts qui ne constituent plus que 7 % de l’ensemble du territoire. La superficie des terrains irrigués au Liban est de 87 500 hectares, 60 200 sont desservis par des sources d’eau superficielles et le reste par les nappes souterraines. La consommation d’eau pour l’irrigation est de 875 millions de mètres cubes. Par ailleurs, les besoins du Liban en eau potable et pour l’utilisation personnelle se situent aux alentours de 321 millions de mètres cubes pour 6 millions d’habitants (une moyenne de 165 litres par jour). Cette quantité s’élèverait à 510 millions de mètres cubes si l’on considère que le Liban aura une population de 7 millions en l’an 2010 (pour une moyenne de 200 litres par jour). En ce qui concerne l’industrie, les besoins seraient de 50 millions de mètres cubes par an, dont 35 millions extraits des nappes phréatiques. Les chiffres seraient portés à 150 millions en 2010 si le Liban retrouve d’ici là son activité économique. Le total des besoins en eau serait donc de l’ordre de 1 286 millions de mètres cubes par an (potentiellement 2 160 millions en 2010). Des mesures Les conclusions que tire M. Halwani de ces chiffres est que «dans un avenir non lointain, le Liban pourrait se trouver obligé de rechercher des ressources hydrauliques non traditionnelles pour satisfaire ses besoins en eau». Selon lui, le manque en matière d’eau a été particulièrement ressenti cette année en raison de la rareté des pluies. Dans son intervention, M. Halwani a proposé des mesures pour remédier à cette situation. Il faudrait songer en premier à limiter le gaspillage des ressources. Pour cela, il conviendrait de réhabiliter et d’entretenir les canalisations, les réservoirs, les stations de pompage et moderniser les canaux d’irrigation dont l’efficacité a été prouvée (notamment pour le goutte-à-goutte). Il importe en outre de convaincre les citoyens et les agriculteurs de la nécessité d’économiser l’eau et de calculer la perception des frais selon la consommation. Il paraît évident qu’il faut actualiser les données concernant les ressources en eau. Pour cela, il est impératif de réhabiliter les stations hydrauliques et encourager les études et les recherches. En outre, selon M. Halwani, on devrait veiller à préserver la qualité de l’eau. Pour cela, un contrôle des infiltrations d’égouts et de produits chimiques et une surveillance des puits s’imposent. Une autre mesure à prendre : déclarer les zones qui entourent les sources d’eau zones protégées. D’autre part, développer la gestion des ressources en eau devrait comporter les opérations suivantes : – former les travailleurs dans le domaine de l’eau ; – moderniser les législations qui s’y rapportent ; – faire participer le secteur privé ; – créer des institutions spécialisées en hydrologie ; – inclure les nouvelles technologies dans la gestion de l’eau. Enfin, il est nécessaire de rechercher dès à présent de nouvelles sources d’eau qui pourraient être les suivantes : épurer l’eau usée en vue de sa réutilisation dans l’irrigation, enrichir artificiellement les nappes phréatiques, emmagasiner les neiges, pomper de l’eau douce à partir des affluents marins, pratiquer la décantation de l’eau de mer. Bref, la mise en place d’une politique et d’une gestion saine des ressources hydrauliques au Liban s’impose dorénavant.
M. Jalal Halwani, ingénieur chimiste et professeur à l’UL, qui représentait le Liban au congrès du Caire, a donné une idée précise de la situation du pays en matière d’eau : mauvaise gestion malgré une morphologie unique au Moyen-Orient et dans la région. M. Halwani a commencé par avancer quelques chiffres qui donnent une idée précise des besoins du Liban en eau et des potentialités de ses ressources. Les conditions climatiques font que la pluie tombe 90 jours par an, dans une proportion de 8 600 millions de mètres cubes dont la moitié environ s’évapore. L’autre moitié va dans les cours d’eau, et une quantité estimée à 500 millions de mètres cubes s’infiltre dans les nappes souterraines. Mais la mauvaise gestion des ressources hydrauliques au Liban, selon M. Halwani, cause la perte d’au moins la...