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Actualités - Chronologie

Edward, l'éternel second

S’il avait espéré, avec son mariage, sortir de l’ombre où l’ont largement confiné jusqu’ici ses deux frères Charles et Andrew, le prince Edward en est pour ses frais : son épouse est déjà en passe de lui voler la vedette auprès du public. Avide de trouver une remplaçante à la défunte Diana, la presse populaire n’a d’yeux que pour Sophie Rhys-Jones, la dernière en date des brus de la reine, dont elle exploite la ressemblance physique frappante avec la princesse de Galles. Très réservé, mal à l’aise dans les habits étriqués de sa famille, le fils benjamin d’Elizabeth II a toujours cherché à être reconnu auprès de ses sujets pour autre chose que son sang royal. Sans grand succès jusqu’à présent. Longtemps occulté par ses deux frères aînés et leurs déboires conjugaux, Edward n’est pas mécontent de la réputation de marginal chez les Windsor que lui a faite la presse de son pays. Même si elle lui vaut davantage railleries que compliments. La silhouette frêle, le visage toujours poupin malgré ses 35 ans et une calvitie précoce, le jeune homme est aux antipodes de son père, le très compassé duc d’Edimbourg. Après des études universitaires moyennes, son expérience dans l’armée s’était soldée par un fiasco en 1987. Il avait abruptement interrompu la carrière militaire, traditionnelle chez les Windsor, après six mois éprouvants passés dans les commandos de marine. Vie normale «Je ne veux faire partie d’aucune élite, je veux juste avoir une vie normale», s’écriait à l’époque la recrue, qui a poussé la rébellion jusqu’à voyager un jour dans un train en compartiment de seconde classe et, plus récemment, à renoncer en public à son titre d’«altesse». Sa carrière avortée au théâtre – un rêve d’adolescence – n’a suscité que ricanements à la cour et dans les journaux populaires où ses performances sur les planches lui ont valu le surnom de «prince clown». Son intrusion surprise dans le monde de la télévision au début des années 1990 n’a pas été couronnée de plus de succès. Contraint en permanence à se défendre contre ceux qui l’accusent de chercher à capitaliser sur sa filiation, il avait promis de ne pas se limiter aux sujets monarchiques lors de la création de sa société de production Ardent, en 1993. Pourtant, après l’échec retentissant d’un feuilleton télévisé, et confronté à des dettes menaçantes, le prince s’est progressivement rabattu sur ce qu’il connaît le mieux. Son récent documentaire sur la vie de son grand oncle Edward VIII, Edward par Edward, ou celui sur la rénovation du château de Windsor, largement façonné à partir de prises de vue effectuées à la demande de sa mère, n’ont guère soulevé l’enthousiasme des critiques. À son plus grand dépit. «Si nous consacrons tout notre temps aux obligations protocolaires, on nous accuse d’être des parasites. Si nous nous émancipons et essayons de trouver notre propre voie, on nous répond que nous profitons de notre statut. Nous ne pouvons être que perdants», se plaignait l’an dernier le septième dans la ligne de succession au trône. En décidant de se marier à 35 ans, au grand soulagement de Buckingham qui commençait à désespérer, le prince occupe enfin le devant de la scène. Pas forcément pour les raisons qu’il avait espérées. Le troisième des fils de la reine redoute clairement de subir le sort réservé à ses deux aînés, dont la vie matrimoniale mouvementée a fait le miel de la presse tabloïde. Il l’a par avance exhortée à la retenue après l’expérience Diana. «Nous ne voulons pas subir le même degré d’intrusion», a-t-il supplié cette semaine.
S’il avait espéré, avec son mariage, sortir de l’ombre où l’ont largement confiné jusqu’ici ses deux frères Charles et Andrew, le prince Edward en est pour ses frais : son épouse est déjà en passe de lui voler la vedette auprès du public. Avide de trouver une remplaçante à la défunte Diana, la presse populaire n’a d’yeux que pour Sophie Rhys-Jones, la dernière en date des brus de la reine, dont elle exploite la ressemblance physique frappante avec la princesse de Galles. Très réservé, mal à l’aise dans les habits étriqués de sa famille, le fils benjamin d’Elizabeth II a toujours cherché à être reconnu auprès de ses sujets pour autre chose que son sang royal. Sans grand succès jusqu’à présent. Longtemps occulté par ses deux frères aînés et leurs déboires conjugaux, Edward n’est pas...