L’ancien ministre de l’Environnement Pierre Pharaon a rapporté hier, au chef de la brigade criminelle, le colonel Samir Rahmé, les circonstances qui ont abouti à la suspension, en 1996, de l’ancien directeur de ce ministère, Élias Motli, arrêté dernièrement sous la charge de détournement de fonds. Un communiqué du bureau de l’ancien ministre a précisé à ce sujet : «À la demande de M. Pharaon, et sur la base d’un rapport transmis par l’ancien ministre à l’Inspection centrale et au Conseil des ministres, M. Motli a été suspendu de ses fonctions en date du 1er octobre et mis à la disposition du président du Conseil. Le rapport faisait état d’infractions financières et administratives commises par M. Motli». «Cette mesure avait été considérée comme un heureux précédent, le premier depuis vingt ans, précise le communiqué. Toutefois, le directeur général démis avait été réintégré dans ses fonctions en 1998, à la fin du précédent mandat, en dépit de toutes les mesures prises à son encontre». «Nous sommes satisfaits de voir la justice suivre son cours dans cette affaire», a déclaré M. Pharaon hier après sa déposition. L’ancien ministre a par ailleurs souhaité deux choses : la réalisation d’une réforme administrative globale et le maintien du ministère de l’Environnement comme administration indépendante. Pour L’Orient-Le Jour, M. Akram Chéhayeb, qui a succédé à M. Pierre Pharaon au ministère de l’Environnement, a précisé que M. Motli a été réintégré dans ses fonctions un mois et demi environ avant la fin du mandat du président Élias Hraoui. «Le ministère de l’Environnement est resté presque deux ans sans directeur général», a encore précisé M. Chéhayeb. Pas de libération pour Azar et Itani Par ailleurs, La Chambre des mises en accusation de Beyrouth, sous la présidence de M. Zahi Kanaan, a confirmé la décision du premier juge d’instruction de Beyrouth Saïd Mirza, refusant la libération sous caution du président du conseil d’administration de la société Eurogolf Nagi Azar, arrêté dans l’affaire de la vente frauduleuse de pétrole brut sous le label résidus pétroliers, et celle du juge d’instruction de Beyrouth Abdel Latif Husseini rejetant la demande de libération sous caution de l’ancien président du conseil d’administration du port de Beyrouth Mouhib Itani, accusé d’obstruction à la justice, de détournement de fonds et de falsification de documents. Plaidoiries Le député Adnan Arakji a adressé une question écrite hier au gouvernement au sujet de l’arrestation de l’ancien directeur du port Mouhib Itani, sur plainte de la société Sarmolem. M. Arakji fait valoir que les articles 29,135 et 140 de la loi de comptabilité publique autorise l’Administration a se faire assister d’un entrepreneur auxiliaire pour l’achèvement d’un travail déterminé. Et d’ajouter que c’est ce que M. Itani a fait avec la société Sarmolem, qui était chargée du nettoyage des fonds des bassins du port, aux prix convenus dans le cahier des charges adjugé, et aux dépens de l’entrepreneur défaillant, auquel plusieurs mises en demeure avaient été adressées. Pour sa part, M. Naïm Kalhani, avocat du directeur général par intérim du ministère des Transports Hanna Sleiman, a présenté au premier juge d’instruction de Beyrouth Saïd Mirza une demande de remise en liberté de son client, accusé de contravention des lois et règlements administratifs en vigueur dans la gestion des biens publics, dans le dossier des biens-fonds maritimes. M. Kalhani a fait valoir que le ministre actuel du Tourisme Arthur Nazarian a décidé de ne pas poursuivre en justice les établissements balnéaires en état de contravention, pour des raisons touchant à la saison touristique et estivale. «Comment peut-on ensuite arrêter un directeur général, alors que ce sont les mêmes motifs invoqués par le ministre qui ont guidé ses décisions, pour lesquelles ils est poursuivi en ce moment ?», s’est interrogé l’avocat.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ancien ministre de l’Environnement Pierre Pharaon a rapporté hier, au chef de la brigade criminelle, le colonel Samir Rahmé, les circonstances qui ont abouti à la suspension, en 1996, de l’ancien directeur de ce ministère, Élias Motli, arrêté dernièrement sous la charge de détournement de fonds. Un communiqué du bureau de l’ancien ministre a précisé à ce sujet : «À la demande de M. Pharaon, et sur la base d’un rapport transmis par l’ancien ministre à l’Inspection centrale et au Conseil des ministres, M. Motli a été suspendu de ses fonctions en date du 1er octobre et mis à la disposition du président du Conseil. Le rapport faisait état d’infractions financières et administratives commises par M. Motli». «Cette mesure avait été considérée comme un heureux précédent, le premier depuis vingt...