Le Tour de France 1999 se passera du coureur français Richard Virenque, qui a été récusé mercredi par les organisateurs en même temps que Manolo Saiz, directeur sportif de l’équipe ONCE, et l’ensemble de la formation néerlandaise TVM. «Le coureur Richard Virenque n’est pas le bienvenu cette année sur le Tour», a déclaré solennellement le directeur de l’épreuve, Jean-Marie Leblanc, au cours d’une conférence de presse tenue avec Jean-Claude Killy, président de la Société du Tour de France. La même formulation a été utilisée à l’encontre de Manolo Saiz qui, en plus de la direction de l’équipe ONCE, occupe également la fonction de président de l’association internationale des groupes sportifs. Deux autres coureurs français, Laurent Roux (Casino) et Philippe Gaumont (Cofidis), ainsi que le médecin espagnol de l’équipe ONCE, le Dr Terrados, ont été également récusés par la Société du Tour de France. Les organisateurs du Tour se sont basés avant tout sur des critères de moralité sportive pour procéder à leur choix. Ils ont rappelé les règles du jeu annoncées lors de la présentation de l’épreuve le 5 novembre dernier et ont ajouté qu’ils se gardaient la possibilité d’exclure jusqu’au départ, le 3 juillet au Puy-du-Fou (Vendée), tout coureur ou toute équipe «qui porterait atteinte à l’image et à la réputation du Tour de France pour fait de dopage notamment». « Responsable ou non » «Il est très regrettable d’en être arrivé là», a estimé Jean-Claude Killy à la fin d’un discours liminaire très ferme. Il a reconnu que les organisateurs du Tour avaient «envisagé toutes les hypothèses», y compris «un an sans Tour de France», avant de prendre leur décision. «C’eût été démissionner. Pénaliser les coureurs qui respectent les règles, les spectateurs et les téléspectateurs, le Tour de France lui-même». Jean-Marie Leblanc, en évoquant «le mauvais coup de juillet dernier», s’est situé sur la même ligne. Il a insisté sur la nécessaire pérennité du Tour et a répondu par avance au reproche de négliger la présomption d’innocence qu’il encourt, dans la mesure où un Richard Virenque, par exemple, n’a jamais avoué le dopage ou fait l’objet d’un contrôle positif. «Les organisateurs invitent qui ils veulent», a souligné le directeur du Tour qui a relégué les seuls critères sportifs derrière d’autres paramètres, par exemple «l’acceptation des nouvelles mœurs sportives». «Confiance et vigilance» ont été les deux mots choisis par Jean-Marie Leblanc pour définir l’état d’esprit des responsables à dix-sept jours du départ du Puy-du-Fou. Il a annoncé la tenue d’un «briefing» général à la veille du départ pour responsabiliser tous les acteurs du Tour, coureurs et encadrement, ainsi que la mise en place d’un contrôle sanguin pour tous les coureurs le matin du prologue. «Depuis juillet dernier, Richard Virenque cristallise sur son nom et son image le phénomène du dopage, qu’il soit responsable ou non de la situation, ce n’est pas à nous de le dire. A l’évidence, sa présence est incompatible avec l’image et la réputation de l’épreuve que nous voulons préserver», a expliqué Jean-Marie Leblanc à propos du cas du coureur varois, un des grands personnages des derniers Tours de France. En ce qui concerne l’Italien Marco Pantani, le directeur du Tour a précisé que le dernier vainqueur n’était pas candidat. «S’il était partant, il nous appartiendrait de réexaminer la situation», a ajouté Jean-Marie Leblanc. Il a d’autre part expliqué au cas par cas les motifs qui ont poussé le Tour de France à récuser coureurs, membres de l’encadrement ou équipes de la prochaine édition. «Si ces personnes venaient, elles ne seraient pas les bienvenues. Elles n’auraient pas d’accréditation et n’auraient pas la possibilité d’aller et venir dans le Tour de France», a précisé Jean-Marie Leblanc. Les « récusés » au cas par cas TVM: «L’équipe est récusée dans son ensemble. Son comportement l’an dernier a constitué une offense au Tour de France. Les coureurs ont franchi en tête la ligne d’arrivée à Aix-les-Bains de manière un peu effrontée. Le lendemain, ils ont fait un bras d’honneur après la frontière au Tour de France et à la France. Le comportement d’ensemble de l’encadrement et des coureurs n’a pas été très convenable. Il ne me semble pas que beaucoup de choses aient changé». Manolo Saiz: «Manolo Saiz a tenu l’an dernier des propos insultants sur le Tour de France dans des conditions qui nous ont paru et qui nous paraissent toujours inacceptables. Je l’ai informé de l’ensemble des décisions avant la conférence de presse». Pascal Hervé, qui n’a pas été récusé nommément : «Son équipe (Festina) nous a envoyé une liste des participants potentiels sur laquelle son nom ne figure pas. S’il devait y figurer, il est clair qu’il ne serait pas le bienvenu». Richard Virenque : «Depuis juillet dernier, il cristallise sur son nom et son image le phénomène du dopage, qu’il soit responsable ou non de la situation, ce n’est pas à nous de le dire. A l’évidence, sa présence est incompatible avec l’image et la réputation de l’épreuve que nous voulons préserver». Les grands absents du Tour 99 Le Tour de France 1999 partira sans plusieurs des têtes d’affiche du peloton, principalement les Français Laurent Jalabert et Richard Virenque, les Italiens Marco Pantani et Michele Bartoli, absents pour des raisons diverses. Jalabert, numéro un mondial, et Pantani, vainqueur de la dernière édition, ont annoncé depuis plusieurs semaines leur décision de renoncer au Tour. Bartoli, numéro deux mondial, s’est blessé grièvement fin mai dans une chute survenue lors du Tour d’Allemagne. D’autres coureurs classés dans les vingt premiers mondiaux manqueront sur la liste des engagés au départ du Puy-du-Fou le 3 juillet. Principalement, le Belge Frank Vandenbroucke (N.7), qui n’avait pas prévu de participer au Tour et qui est actuellement suspendu par son équipe, son compatriote Peter Van Petegem (N.10) et le Néerlandais Jeroen Blijlevens (N.12), appartenant tous deux à l’équipe TVM «récusée» dans son ensemble, ou encore l’Italien Andrea Tafi (N.8), le dernier vainqueur de Paris-Roubaix qui a préféré «couper» pendant le mois de juillet. Dans sa déclaration solennelle, Jean-Marie Leblanc a cité seulement les noms des coureurs (Roux, Gaumont, Virenque) et des membres de l’encadrement des équipes (Saiz, Terrados), expressément récusés. Il n’a pas parlé des coureurs qui ne devaient pas a priori participer au Tour. Le blanc prêt à des contrôles d’EPO sur le Tour Le directeur du Tour de France, Jean-Marie Leblanc, s’est déclaré prêt mercredi à accepter des contrôles permettant de détecter l’érythropoiétine (EPO) si leur fiabilité est avérée. «Si c’est avéré, nous dirons bravo, venez», a-t-il déclaré sur France 3 après l’annonce de l’exclusion du Tour des coureurs et équipes impliqués dans des affaires de dopage. L’EPO, hormone qui permet d’accroître la fabrication d’oxygène par l’organisme, est jusque à présent détectée uniquement grâce au taux d’hématocrite retrouvé dans le sang. Celui ci ne doit pas dépasser 50 %. Mais des chercheurs australiens et, en France, le docteur Gérard Dine, affirment avoir mis au point une méthode de détection de la prise exogène de l’EPO. Gérard Dine a proposé aux organisateurs du Tour de France de mettre en place ces tests sur la Grande Boucle cette année. «Il faut se dépêcher, il faut une logistique minimale. Il y a des problèmes techniques à régler», a-t-il dit. Pour Jean-Marie Leblanc, le recours à ces contrôles est peut-être prématuré. «D’autres experts disent que rien n’est avéré. Que c’est prématuré. Nous nous trouvons en quelque sorte devant une querelle d’experts», a-t-il dit. Le directeur du Tour de France a enfin rappelé que les contrôles antidopage sur le Tour sont de la seule compétence de l’Union cycliste internationale (Uci), très réticente à ces contrôles.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Tour de France 1999 se passera du coureur français Richard Virenque, qui a été récusé mercredi par les organisateurs en même temps que Manolo Saiz, directeur sportif de l’équipe ONCE, et l’ensemble de la formation néerlandaise TVM. «Le coureur Richard Virenque n’est pas le bienvenu cette année sur le Tour», a déclaré solennellement le directeur de l’épreuve, Jean-Marie Leblanc, au cours d’une conférence de presse tenue avec Jean-Claude Killy, président de la Société du Tour de France. La même formulation a été utilisée à l’encontre de Manolo Saiz qui, en plus de la direction de l’équipe ONCE, occupe également la fonction de président de l’association internationale des groupes sportifs. Deux autres coureurs français, Laurent Roux (Casino) et Philippe Gaumont (Cofidis), ainsi que le...