Le président américain Bill Clinton, en tournée en Europe à partir d’aujourd’hui, va tenter de résoudre la question de la participation de la Russie à la Force internationale de paix pour le Kosovo. M. Clinton et son homologue russe Boris Eltsine n’ont pas réussi, malgré toute une série d’entretiens téléphoniques ces derniers jours, à mettre fin à la confusion diplomatique et militaire provoquée par l’arrivée surprise d’un contingent russe à Pristina dans la nuit de vendredi à samedi. Ce contingent barrait toujours hier l’accès de l’aéroport de la capitale du Kosovo aux troupes de l’Otan. Le président Clinton effectuera une brève étape, accompagné du secrétaire d’État Madeleine Albright, aujourd’hui à Genève où il s’adressera à l’Organisation internationale du travail (OIT). Il rencontrera la présidente suisse Ruth Dreifuss, avant de se rendre à Paris pour une visite officielle de deux jours, puis vendredi soir au sommet du G7 et du G8 (les sept grands pays industrialisés plus la Russie) qui a lieu du 18 au 20 juin à Cologne, en Allemagne. M. Eltsine n’est attendu que pour le dernier jour de ce sommet. Bill Clinton terminera cette tournée européenne après le sommet par une visite officielle en Slovénie, la première d’un président américain. À Paris, il aura un dîner privé ce soir avec le président Jacques Chirac, suivi le lendemain dans la matinée d’un entretien au palais présidentiel de l’Élysée, avant d’être reçu par le Premier ministre Lionel Jospin. Mme Albright et le secrétaire à la Défense William Cohen seront à Helsinki aujourd’hui pour des négociations Russie-USA sur la participation des Russes à la Kfor. Le ministre russe de la Défense Igor Sergueïev et son homologue américain ouvriront aujourd’hui matin les négociations, selon le ministère russe des Affaires étrangères. Les chefs de la diplomatie des deux pays, Igor Ivanov et Madeleine Albright, devraient discuter à leur tour dans l’après-midi, selon la même source, le temps pour Mme Albright de rejoindre Helsinki. Le ministère russe n’a cependant pu dire si les quatre responsables comptaient par la suite négocier tous ensemble. Les diplomates russes, au premier chef M. Ivanov, n’avaient pas été prévenus de l’arrivée des soldats russes au Kosovo, avant même les forces de l’Otan, la décision ayant été prise par les seuls militaires et approuvée par Boris Eltsine, selon la presse. En annonçant lundi les rencontres d’Helsinki, Madeleine Albright avait déclaré que «des progrès réels» avaient été accomplis lors d’entretiens téléphoniques entre dirigeants américains et russes. Bientôt à court de vivres, les soldats russes ont été approvisionnés mardi par un convoi venu de Bosnie, où la Russie compte quelque 1 300 soldats dans la Sfor. Dix mille militaires russes sont «un minimum indispensable» au Kosovo, a déclaré mardi l’ambassadeur de Yougoslavie en Russie, Borislav Milosevic, frère aîné du président yougoslave Slobodan Milosevic, lors d’un point de presse à Moscou. «Nous estimons que la Russie doit avoir au Kosovo une présence massive et équivalente aux autres. Les troupes russes doivent y agir sous leur propre commandement», a réaffirmé M. Milosevic. Exigeant un secteur de responsabilité au Kosovo, les Russes ont obtenu une «zone» et ont accepté, selon les Occidentaux, le principe d’un commandement unifié. Moscou n’avait cependant toujours pas confirmé officiellement mardi avoir accepté de voir ses troupes sous commandement Otan. L’Otan a déjà découpé le Kosovo en cinq secteurs géographiques, attribués aux Américains (Est), Britanniques (Centre), Français (Nord), Allemands (Sud) et Italiens (Ouest).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président américain Bill Clinton, en tournée en Europe à partir d’aujourd’hui, va tenter de résoudre la question de la participation de la Russie à la Force internationale de paix pour le Kosovo. M. Clinton et son homologue russe Boris Eltsine n’ont pas réussi, malgré toute une série d’entretiens téléphoniques ces derniers jours, à mettre fin à la confusion diplomatique et militaire provoquée par l’arrivée surprise d’un contingent russe à Pristina dans la nuit de vendredi à samedi. Ce contingent barrait toujours hier l’accès de l’aéroport de la capitale du Kosovo aux troupes de l’Otan. Le président Clinton effectuera une brève étape, accompagné du secrétaire d’État Madeleine Albright, aujourd’hui à Genève où il s’adressera à l’Organisation internationale du travail (OIT). Il...