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Actualités - Chronologie

Les couverts ont leur histoire

Pendant longtemps, les hommes mangeaient avec leurs doigts, même les rois. C’est le couteau le premier qui fit son apparition pour découper les viandes et les volailles. Les convives l’apportaient en venant dîner et il était pointu pour aider à se servir en piquant les victuailles choisies. La pointe ne s’arrondira qu’au XVIIe siècle, en France uniquement, avant de gagner petit à petit le reste du monde. Vint en seconde position la cuillère. Elle permettait d’absorber les liquides autrement qu’en portant l’écuelle directement à la bouche. La première personne qui se servit d’une fourchette fut une princesse byzantine du XIe siècle. Sœur de l’empereur de Byzance, elle inventa cet instrument pour ne pas se salir les doigts et accessoirement les somptueux habits dont elle se parait. Son exemple ne va se généraliser, et uniquement parmi les nobles, que vers la fin du XVIe siècle, sous Henri III, en France. Un inventaire des joyaux du roi Charles V, daté de 1379, fait état de trois fourchettes en or de formes différentes, mais il s’agit d’un trésor royal. Argenterie et «vaisselle plate» Une erreur très commune consiste à désigner comme «vaisselle plate», pour les distinguer des couverts, les assiettes, les saucières, les salières et les sous-plats. Or, la vaisselle plate est celle qui n’admet pas de soudure. Une assiette ou un plat de service mais aussi une fourchette, un saladier, une cuillère, une coupe sans pied ni couvercle font partie de la vaisselle en argent dite «plate». Comme chacun le sait, l’argenterie n’est pas faite de métal pur. L’argent est un métal trop mou. Pour lui donner du «corps» on lui ajoute du cuivre. L’alliage le plus précieux est généralement formé de 50 grammes de cuivre pour 950 grammes d’argent. Mais il existe également un alliage fin comportant 200 grammes de cuivre et 800 grammes d’argent. Plus l’alliage comporte de cuivre plus le métal est dur et difficile à travailler. Les titres cependant sont différents selon les pays, d’autant plus que dans certains d’entre eux le titre d’argent n’est pas contrôlé. «En métal argenté» On désigne comme objets en «métal argenté» tous ceux formés d’un métal sur lequel est appliquée une couche d’argent. Tous les métaux ne se prêtent pas à cette opération, mais le cuivre peut recevoir l’argent sans préparation spéciale. Contrairement à une opinion fort répandue, le métal argenté n’est pas une invention nouvelle. Il était connu des Romains et avant eux des Égyptiens du IIe millénaire. Ce sont les méthodes d’application qui ont changé. Chez les Égyptiens du IIe millénaire, il était incrusté dans des objets formés d’un autre métal. Aujourd’hui, l’argent est appliqué par électrolyse. Vermeil et argent doré Le vermeil est le produit d’un procédé qui consiste à recouvrir d’or un objet en argent par le moyen de l’électrolyse. Il s’agit de la décomposition chimique de certaines substances sous l’effet d’un courant électrique. La fabrication de l’argenterie a très peu varié depuis quelques siècles. Le façonnage des pièces se fait toujours au marteau et il en est de même de la fabrication des couverts, restée presque la même à travers les siècles. En revanche, pour les couverts argentés, tous les procédés de fabrication sont mécaniques. Le choix entre argent massif et métal argenté, c’est avant tout une affaire de budget. L’argent massif est beaucoup plus coûteux mais il représente un investissement : il est inusable. Les légères rayures qui finissent par apparaître (les frayures, selon le terme technique employé dans le métier) lui donnent un attrait supplémentaire, sa patine. Par contre, le métal argenté finit toujours, à moins que sa qualité soit vraiment exceptionnelle, par se «désargenter». Même si le métal qui sert de support est blanc (et non plus rouge comme c’était le cas du temps où l’on employait le cuivre comme base) l’aspect s’en ressent. Il est à signaler que les orfèvres d’aujourd’hui ne se limitent plus à la copie des motifs anciens. Ils se livrent à de grandes recherches et de belles créations dans un esprit très contemporain . Il arrive même que des modèles ou des unités en métal inoxydable ou autre rivalisent, par la beauté de leur forme, avec l’argent massif. Très souvent, ils le dépassent...
Pendant longtemps, les hommes mangeaient avec leurs doigts, même les rois. C’est le couteau le premier qui fit son apparition pour découper les viandes et les volailles. Les convives l’apportaient en venant dîner et il était pointu pour aider à se servir en piquant les victuailles choisies. La pointe ne s’arrondira qu’au XVIIe siècle, en France uniquement, avant de gagner petit à petit le reste du monde. Vint en seconde position la cuillère. Elle permettait d’absorber les liquides autrement qu’en portant l’écuelle directement à la bouche. La première personne qui se servit d’une fourchette fut une princesse byzantine du XIe siècle. Sœur de l’empereur de Byzance, elle inventa cet instrument pour ne pas se salir les doigts et accessoirement les somptueux habits dont elle se parait. Son exemple ne va se...