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Actualités - Chronologie

Comment se payer un joueur de 50 millions de dollars(photo)

Les transferts à prix d’or, comme celui de l’attaquant Christian Vieri de la Lazio Rome à l’Inter Milan pour un chiffre record de 50 millions de dollars, vont se multiplier en Italie grâce notamment à un boom des droits télévisés. Le montant payé par l’Inter par l’industriel du pétrole Massimo Moratti est cependant à relativiser. D’abord parce que l’accord prévoit en échange le rachat par la Lazio de l’Argentin Diego Simeone, milieu de terrain de l’Inter, pour près de 13 millions de dollars ! Ensuite, parce que Vieri, 25 ans et avant-centre de la squadra azzurra, a signé un contrat de cinq ans. Ce qui donnera le temps à l’Inter d’amortir l’investissement, d’autant que le «solde» de 37 millions de dollars — Maradona, il y a 15 ans, avait été transféré de Barcelone à Naples pour un peu plus de 7 millions de dollars — sera versé en trois tranches annuelles. Reste que ce transfert record (50 millions de dollars, c’est le prix d’un Airbus ou de 5 000 Renault Twingo...) a soulevé beaucoup d’émotion en Italie, et l’indignation de l’organe officiel du Vatican, l’Osservatore Romano, qui remarque que «non loin de l’Italie, des centaines de milliers de réfugiés (du Kosovo) sont contraints de vivre dans la misère et la précarité». Déficit Le principal actionnaire de l’Inter, Massimo Moratti, s’est justifié en soulignant qu’un tel investissement est un chiffre «normal dans l’industrie» et que l’opération se traduira par «un bénéfice». «C’est un énorme investissement, mais nous en attendons un énorme retour de sponsoring et de fréquentation du stade», a précisé à l’AFP un porte-parole de l’Inter. Il y a deux ans, l’acquisition du Brésilien Ronaldo, en provenance de Barcelone, avait dopé les ventes de billets. C’est la preuve que les présidents de clubs «ne sont plus les riches idiots d’autrefois», explique à l’AFP, Marco Brunelli, responsable du bureau d’études de la ligue du football Lega Calcio. Mais surtout, si des clubs perpétuellement déficitaires comme l’Inter (de 24 millions de dollars pour la saison 97/98) ou le Milan AC (1,56 million) peuvent se permettre de tels transferts c’est grâce à l’explosion récente des droits télévisés. Pour la prochaine saison, une manne s’est déversée sur le calcio en provenance des bouquets de chaînes cryptées comme Telepiu (contrôlé par Canal+) et sa rivale encore balbutiante Stream (Telecom Italia-Murdoch). Les deux ont axé leurs programmes sur le football. Telepiu a déjà onze clubs sous contrat, dont le Milan AC, champion d’Italie. Vocations Les deux plates-formes se partagent l’exclusivité des juteux matches de championnat (Milan, Inter et Juve auraient chacun reçu 55 millions de dollars par an pour un contrat de six ans avec Telepiu !), laissant aux grandes chaînes généralistes les coupes européennes et autres matchs amicaux. Résultat : contrairement aux autres années, les actionnaires des grands clubs (le holding Ifil des Agnelli pour la Juventus, Sergio Cragnotti, le roi de la sauce tomate pour le Lazio, Silvio Berlusconi et son groupe multimédia Fininvest pour le Milan, la famille de raffineurs Moratti et le groupe Pirelli pour l’Inter) n’ont plus besoin de puiser dans leurs caisses personnelles pour boucher ou encore financer les acquisitions. Mais gare aux dérapages ! «Les salaires des joueurs ne cessent de grimper et pourraient aboutir à des mécanismes dangereux pour les clubs», fait tout même remarquer M. Brunelli. «Si Vieri perçoit 5 millions de dollars de salaire par an, il en coûte deux fois plus au club en raison des impôts et cotisations à payer», ajoute cet expert. Et un tel salaire a de fortes chances de susciter des vocations chez ses compagnons de vestiaires... Assemblée fédérale de la FFF : la peur d’un football à deux vitesses Une réelle inquiétude du football amateur face aux montants des transferts et des salaires chez les pros s’est manifestée samedi à Saint-Paul (Ile de la Réunion), où s’est tenue l’assemblée fédérale de la Fédération française de football (FFF). Dans la salle de cinéma de la ville réunionnaise, le président du football amateur Jean-Pierre Escalette est monté au créneau pour défendre les dirigeants de clubs qui «se dévouent sans compter» et éprouvent «un vertige devant les chiffres indécents» affichés par certains clubs professionnels. «Nous ne voudrions pas que le fossé en train de devenir un gouffre, entre le football amateur et le football pro, se transforme en abîme. Qu’il existe un football à deux vitesses», a lancé M. Escalette sous les applaudissements de l’ensemble des présidents de ligue ou de districts. Dans son discours, le président de la Ligue nationale de football (LNF) Noël Le Graët a également vivement critiqué ces clubs qui ont des velléités de s’accaparer de tout l’argent aux dépens des moins riches. «La solidarité doit se trouver partout», a-t-il affirmé. Défendant son action, M. Le Graët a estimé que les réclamations des clubs les plus riches n’allaient pas aboutir et que la politique des droits télés centralisés et redistribués par la LNF perdurera. «À moyen terme, c’est l’intérêt du football», a-t-il fait valoir en aparté avec quelques journalistes. Trois dangers Sur l’augmentation des salaires et des transferts, M. Le Graët s’est montré plus impuissant, même s’il a encore réclamé de la solidarité. «Que peut-on faire si les financements existent ?», s’est-il demandé, excluant le blocage des salaires. «On ne peut oublier la concurrence européenne», a-t-il ajouté. Le président de la FFF Claude Simonet a également convenu que les clubs sont «repartis vers des dérives». Mais pour lui, le football, qui vit encore sur un petit nuage rose après son titre au Mondial, risque aussi de devoir affronter de nouveaux dangers. Au nombre de trois : la violence, le dopage et l’arbitrage. Dans une assemblée générale menée au pas de charge, en moins de deux heures, M. Simonet a dénoncé cette violence hors du terrain comme un «fléau qui guette tout le football». Il a souhaité que son sport ne devienne pas «l’otage des problèmes de société». M. Simonet s’en est ensuite pris au dopage qui «dans sa folie met le football sous surveillance». «La Fédération sera intraitable et des sanctions seront mises en œuvre car nous ne fuirons pas nos responsabilités», a-t-il prévenu, déplorant que selon les statistiques «10 % des sportifs utilisent des produits dopants». Quant à l’arbitrage, en crise depuis plusieurs mois pour des querelles de personnes ayant débouché sur la démission forcée mi-mai du comité directeur de l’Union des arbitres français, le président a exhorté les hommes en noir à donner l’exemple. «Les conflits internes doivent cesser. L’arbitrage dans les structures doit retrouver la sérénité, d’autant plus que l’évolution nécessite que soit menée de toute urgence une étude sur la professionnalisation», a-t-il dit, avant de réclamer «l’unité et la solidarité de l’ensemble des composantes du football». Solidarité est décidément un mot à la mode à la FFF.
Les transferts à prix d’or, comme celui de l’attaquant Christian Vieri de la Lazio Rome à l’Inter Milan pour un chiffre record de 50 millions de dollars, vont se multiplier en Italie grâce notamment à un boom des droits télévisés. Le montant payé par l’Inter par l’industriel du pétrole Massimo Moratti est cependant à relativiser. D’abord parce que l’accord prévoit en échange le rachat par la Lazio de l’Argentin Diego Simeone, milieu de terrain de l’Inter, pour près de 13 millions de dollars ! Ensuite, parce que Vieri, 25 ans et avant-centre de la squadra azzurra, a signé un contrat de cinq ans. Ce qui donnera le temps à l’Inter d’amortir l’investissement, d’autant que le «solde» de 37 millions de dollars — Maradona, il y a 15 ans, avait été transféré de Barcelone à Naples pour un peu plus...