Société - Eviter l'épreuve de la quarantaine Contrebande de chiens
le 12 juin 1999 à 00h00
La Grande-Bretagne est confrontée à une immigration clandestine d’un genre nouveau : celle des chiens et chats, que leurs propriétaires font introduire par des passeurs afin d’éviter l’épreuve des chenils de quarantaine où les bêtes doivent attendre six mois à l’entrée. Le gouvernement a reconnu l’existence de ce trafic tout en affirmant ne pas être au courant d’un phénomène «de grande ampleur». Une centaine de cas d’entrées illégales ont été officiellement recensés l’an dernier dans le pays. «Nous sommes confiants dans l’efficacité des mesures en place pour faire face à ce trafic», a indiqué une porte-parole. Toutefois, selon plusieurs associations de protection des animaux, les statistiques officielles ne sont que la partie émergée de l’iceberg : 5 000 chiens et chats parviendraient chaque année à échapper à la vigilance des douaniers aux frontières. «Cette estimation est réaliste. Nous recevons énormément d’appels de gens qui demandent des informations sur les moyens d’éviter la quarantaine», explique Mary Fretwell, présidente du mouvement Passeports pour les animaux domestiques (PFP), qui milite contre la législation draconienne. Soumis au mécontentement croissant d’une opinion connue pour son amour immodéré des «pets» (le pays en compte pas moins 13 millions), le gouvernement de Tony Blair a promis de mettre fin d’ici deux ans à la quarantaine pour les animaux en provenance des seuls pays épargnés par la rage. Il entend la remplacer par des carnets de vaccination et l’implantation de puces électroniques sous la peau des animaux pour l’identification. Appliquée depuis 1901, la législation actuelle impose à tous les animaux pénétrant sur le sol britannique de passer six mois parqués dans des chenils souvent en mauvais état, le temps de s’assurer qu’ils ne sont pas malades. Les maîtres n’ont le droit de les voir qu’une fois par semaine et doivent débourser 2 000 livres. Pour passer outre, certains essayent de dissimuler sous des couvertures ou dans des sacs leurs animaux au retour de séjours à l’étranger. D’autres préfèrent faire appel à des passeurs professionnels. Le quotidien Express affirme que la plupart opèrent depuis Calais, dans le nord de la France, à l’entrée du tunnel sous la Manche. Ils se chargent, pour environ 1 000 livres (soit la moitié du prix du chenil), d’embarquer les chiens ou les chats à bord de leur voiture, après les avoir gavés de sédatifs et de les «livrer» à un endroit convenu. Cette «contrebande» serait encouragée par les peines limitées prévues en cas d’infraction en Grande-Bretagne : une amende de 500 à 1 000 livres. Selon l’association PFP, la baisse constatée du nombre d’animaux dans les chenils (7 500 en 1998 contre 9 000 il y a six ans) montre que le trafic est «en hausse». «Le gens cherchent d’autres solutions», reconnaît Mme Fretwell. «Nous ne pouvons conseiller aux gens de recourir à de tels moyens, mais beaucoup sont déterminés à le faire», assure la responsable d’une autre organisation antiquarantaine, June Hamilton. «Et cela continuera aussi longtemps que la loi restera en place», prévient-elle.
La Grande-Bretagne est confrontée à une immigration clandestine d’un genre nouveau : celle des chiens et chats, que leurs propriétaires font introduire par des passeurs afin d’éviter l’épreuve des chenils de quarantaine où les bêtes doivent attendre six mois à l’entrée. Le gouvernement a reconnu l’existence de ce trafic tout en affirmant ne pas être au courant d’un phénomène «de grande ampleur». Une centaine de cas d’entrées illégales ont été officiellement recensés l’an dernier dans le pays. «Nous sommes confiants dans l’efficacité des mesures en place pour faire face à ce trafic», a indiqué une porte-parole. Toutefois, selon plusieurs associations de protection des animaux, les statistiques officielles ne sont que la partie émergée de l’iceberg : 5 000 chiens et chats parviendraient chaque...
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