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Actualités - Chronologie

Désintérêt quasi total de l'électorat allemand

Les élections européennes du 13 juin se préparent dans l’indifférence générale en Allemagne où l’on est bien plus préoccupé par le conflit du Kosovo que par un Parlement européen dont la grande majorité des Allemands ignorent tout ou presque. Les grandes formations politiques semblent elles-mêmes en mal d’inspiration. «Bon pour vous, bon pour l’Europe», proclame le slogan des sociaux-démocrates (SPD). «On doit faire l’Europe convenablement», claironne sans davantage de conviction celui de l’opposition chrétienne-démocrate (CDU). Quant à la campagne officielle du gouvernement contre une abstention traditionnellement endémique pour ce scrutin européen (60 % de participation en 1994), elle appelle à «aller voter». Une lapalissade. Témoin du désintérêt des Allemands pour leurs 99 députés européens sortants, un récent sondage de l’Institut Forsa qui révèle que 94 % d’entre eux sont incapables de nommer ne serait-ce qu’un seul d’entre eux. Et si 55 % considèrent que le Parlement européen est une institution «nécessaire et importante», ils sont 29 % à le juger inutile. Jusqu’à l’entrée dans la «phase chaude» de la campagne, les affiches électorales n’avaient que les sourires de visages inconnus à offrir. Celui du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder rehausse désormais les panneaux du SPD. À la CDU, le président du parti, Wolfgang Schäuble, et la secrétaire générale, Angela Merkel, posent côte à côte, arborant un rictus peu convaincant. L’enjeu est pourtant de taille pour la majorité SPD-Verts qui reste sur une déroute électorale subie en février dans l’État régional de Hesse, quatre mois après sa victoire contre Helmut Kohl. Le SPD entend devenir «la force européenne déterminante» en Allemagne et devancer les démocrates-chrétiens. Mais l’objectif paraît bien ambitieux, de l’avis de la plupart des politologues. En 1994 déjà, il avait enregistré, avec 32,2 % des voix, son plus mauvais résultat dans un scrutin européen et il pourrait bien faire les frais cette fois d’un vote contestataire. Quant aux Verts, ils n’ont aucune chance de retrouver ou même d’approcher les 10,1 % des suffrages atteints en 1994. En mal d’idées nouvelles, le parti est plus divisé que jamais. De nombreuses sections locales dominées par l’aile pacifiste se sont purement et simplement retirées de la campagne. Une conséquence de l’échec de la motion des pacifistes au congrès de Bielefeld réclamant un arrêt immédiat et sans condition des bombardements de l’Otan. Certains évoquent même le spectre d’un résultat inférieur aux 5 %. La CDU espère ainsi tirer son épingle du jeu et améliorer son score de 1994 (38,8 %). Elle plaide pour une Europe plus proche des citoyens, pour une économie européenne forte et pour une lutte déterminée contre la criminalité organisée. De son côté, l’opposition libérale (FDP), qui avait buté sur la barre des 5 % en 1994 (4,1 %), espère revenir au Parlement européen. Les électeurs sont fatigués par la majorité SPD-Verts, assure le FDP. Quant aux communistes rénovés, présents jusqu’ici pour l’essentiel à l’Est, ils jouent sur les déçus de l’électorat de gauche pour tenter d’engranger des voix en Allemagne de l’Ouest, surtout parmi les jeunes. Le parti, héritier du SED au pouvoir en RDA, entend ainsi faire son entrée pour la première fois au Parlement de Strasbourg. Il avait échoué de peu en 1994 avec 4,7 % des voix.
Les élections européennes du 13 juin se préparent dans l’indifférence générale en Allemagne où l’on est bien plus préoccupé par le conflit du Kosovo que par un Parlement européen dont la grande majorité des Allemands ignorent tout ou presque. Les grandes formations politiques semblent elles-mêmes en mal d’inspiration. «Bon pour vous, bon pour l’Europe», proclame le slogan des sociaux-démocrates (SPD). «On doit faire l’Europe convenablement», claironne sans davantage de conviction celui de l’opposition chrétienne-démocrate (CDU). Quant à la campagne officielle du gouvernement contre une abstention traditionnellement endémique pour ce scrutin européen (60 % de participation en 1994), elle appelle à «aller voter». Une lapalissade. Témoin du désintérêt des Allemands pour leurs 99 députés européens...