Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Destination Calamocarro

Le camp de Calamocarro, situé dans l’enclave espagnole de Ceuta à proximité de la frontière marocaine, héberge dans des conditions insalubres près de 900 immigrés clandestins en attente de légalisation par les autorités espagnoles. Logés sous des tentes de la Protection civile, surveillés par la Police nationale, soignés par la Croix-Rouge, nourris par l’armée, les pensionnaires de Calamocarro, y compris femmes et enfants, sont regroupés en trois catégories: les anglophones (Nigérians et Ghanéens essentiellement), les francophones (Guinéens, Nigériens, Maliens, Congolais, Mauritaniens, Camerounais, Togolais...) et les Algériens qui sont environ 90. En deux ou trois mois ils obtiennent généralement tous un permis de séjour d’un an renouvelable et une autorisation de travail en Espagne. «Chamberlain» est né il y a 19 ans à Bafata, en Guinée-Bissau, mais il a passé toute sa jeunesse au Mali. Il a été élu un des responsables du camp parce qu’il est un des plus anciens résidents – 6 mois – et surtout parce que ce colosse de 2m10 peut efficacement rétablir l’ordre. Il lui a fallu quatre mois de trajet en camion, en autobus, à pied, passant par l’Algérie, faisant de petits boulots avant de franchir clandestinement la clôture de Ceuta. «Ce n’était pas facile, j’avais peur de me faire prendre. Je ne recommencerai jamais. Ça fait onze mois que j’ai quitté ma famille. Elle ne sait pas où je suis». Il attend maintenant l’autorisation de séjour et le permis de travail temporaire que doivent lui délivrer les autorités espagnoles et tenter sa chance en Europe, certainement en France. Beaucoup d’entre eux sont diplômés, comme le Mauritanien Omar, 26 ans, qui a refusé de donner son nom complet. Après des études supérieures de commerce à l’université de Nouakchott, ne parvenant pas à obtenir de visa pour l’Europe, il a décidé de rejoindre Ceuta en avion jusqu’à Casablanca, puis par la route via Tanger. Les Algériens sont un cas à part: tous réclament l’asile politique, une procédure plus longue qui prend sept ou huit mois. Mais seuls 15 % sont admis dans cette catégorie, explique Mustapha un ancien sergent-chef de l’armée algérienne. Les autres sont expulsés.
Le camp de Calamocarro, situé dans l’enclave espagnole de Ceuta à proximité de la frontière marocaine, héberge dans des conditions insalubres près de 900 immigrés clandestins en attente de légalisation par les autorités espagnoles. Logés sous des tentes de la Protection civile, surveillés par la Police nationale, soignés par la Croix-Rouge, nourris par l’armée, les pensionnaires de Calamocarro, y compris femmes et enfants, sont regroupés en trois catégories: les anglophones (Nigérians et Ghanéens essentiellement), les francophones (Guinéens, Nigériens, Maliens, Congolais, Mauritaniens, Camerounais, Togolais...) et les Algériens qui sont environ 90. En deux ou trois mois ils obtiennent généralement tous un permis de séjour d’un an renouvelable et une autorisation de travail en Espagne. «Chamberlain» est né...