Les champions du monde, un an après leur sacre, n’étaient plus habitués à douter. Contre la Russie, ils ont été battus à la régulière (2-3) tant sur le plan physique que tactique. Cette défaite, intervenant après le nul contre l’Ukraine (0-0), a laissé des traces et ouvert la porte à de nombreuses interrogations, notamment sur la possibilité de faire appel à de jeunes joueurs. Le sélectionneur, Roger Lemerre, n’a pas manqué de dresser un premier constat, avec une certaine diplomatie certes, mais aussi en posant clairement le problème : «L’avenir passe par des joueurs rayonnants. Quand les gens commencent à pâlir, à ternir, c’est ennuyeux». En décodé, cela veut dire que certains cadres de l’équipe, sans doute parmi les plus âgés, sont moins efficaces qu’il y a un an. La fatigue, le décalage des dates dans les divers championnats, l’absence de Zinedine Zidane sont autant d’arguments parfaitement valables pouvant expliquer le premier faux pas des tricolores en match officiel depuis 1993. La France n’échappe pas à la règle Mais, si l’on consulte les statistiques, on s’aperçoit que le champion du monde sortant a souvent loupé sa qualification pour l’Euro suivant (voir l’Italie 82 par exemple). De toute façon, un champion du monde en titre n’a jamais remporté le Championnat d’Europe des nations deux ans plus tard. Il faut beaucoup de temps pour assimiler les retombées d’un sacre, aussi bien sur le plan physique (pas de repos pendant un an) que psychique. La France n’échappe pas à la règle. Mais, en cas d’échec, c’est toute une génération très prometteuse qui passerait à la trappe. En effet, si la France ne décroche pas son billet pour l’Euro, ses quatre prochaines rencontres (Andorre, Ukraine, Arménie et Islande) seront les dernières officielles avant le match d’ouverture du... mondial 2002, pour lequel elle est déjà qualifiée. Or, les matches amicaux à répétition pendant deux ans ne sont pas la panacée pour préparer une Coupe du monde. Roger Lemerre est conscient de ce problème. Il voulait justement profiter de la phase finale de l’Euro pour incorporer de nouveaux éléments, «un quart de l’effectif environ». Les deux écarts à domicile contre l’Ukraine et la Russie vont peut être l’inciter à accélérer le processus de rajeunissement des effectifs. Mettre à l’abri les cartons jaunes Déjà, contre Andorre, il y aura plusieurs changements. Officiellement, dans la perspective du match de septembre contre l’Ukraine, il faut mettre à l’abri tous les tricolores ayant déjà un carton jaune. Cette mesure concerne en principe Fabien Barthez, Lilian Thuram, Christian Karembeu, Didier Deschamps, Patrick Viera, sans parler de Youri Djorkaeff, qui ne fera pas le déplacement en raison de son malaise au Stade de France. À cela s’ajoute les absences sur blessure de Zinedine Zidane et Bixente Lizarazu. Par ailleurs, le sélectionneur pourrait laisser au repos son libéro Laurent Blanc qui finit la saison sur les genoux, aussi bien avec Marseille qu’en sélection. Roger Lemerre, en vieux roublard de l’encadrement, a bien senti que cette défaite a laissé des traces. Qu’il était urgent de la gérer, vite et bien. «Jusqu’ici, on peut dire que je me contentais d’accompagner les joueurs. Il va falloir que j’intervienne davantage», constate-t-il. En cette période anniversaire, il sera peut être même obligé de commettre un parricide en «tuant le père» (Aimé Jacquet) pour relancer une formation dont certains rouages commencent a gripper. Les Dhorasoo, Pires, Viera, Trezeguet, Henry, Ramé sont prêts à prendre la relève, à s’installer dans l’équipe comme l’ont déjà fait avec succès Nicolas Anelka et Sylvain Wiltord, les attaquants qui manquaient à la France de Jacquet. Lemerre a toutes les cartes en main. Et puis, il connait bien le football et il sait, comme l’affirmait Johan Cruyff, qu’il est plus difficile pour une équipe de rester championne que de le devenir.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les champions du monde, un an après leur sacre, n’étaient plus habitués à douter. Contre la Russie, ils ont été battus à la régulière (2-3) tant sur le plan physique que tactique. Cette défaite, intervenant après le nul contre l’Ukraine (0-0), a laissé des traces et ouvert la porte à de nombreuses interrogations, notamment sur la possibilité de faire appel à de jeunes joueurs. Le sélectionneur, Roger Lemerre, n’a pas manqué de dresser un premier constat, avec une certaine diplomatie certes, mais aussi en posant clairement le problème : «L’avenir passe par des joueurs rayonnants. Quand les gens commencent à pâlir, à ternir, c’est ennuyeux». En décodé, cela veut dire que certains cadres de l’équipe, sans doute parmi les plus âgés, sont moins efficaces qu’il y a un an. La fatigue, le décalage des...