«La course au fromage qui dégringole (cheese rolling) est une activité qui peut se révéler dangereuse. Vous y assistez à vos risques et périls», indiquent les panneaux apposés par les autorités locales de Cooper’s Hill. Mais le millier de spectateurs enthousiastes qui ont fait le voyage jusqu’à ce coteau reculé du sud-ouest de l’Angleterre ne semblent nullement terrorisés lorsqu’un fromage de quelque 3,6 kilos dévale la pente, pourchassé par une douzaine d’hommes. Quelques secondes plus tard, des corps enchevêtrés se contorsionnent sur le sol, encerclés d’infirmières et ambulanciers tout de vert vêtus. Quelques écervelés, habitants du minuscule village de Brockworth, dans le Gloucestershire, viennent de risquer leur vie cette semaine pour préserver une ancienne tradition qui a traversé les siècles. Cette étrange compétition, qui impose depuis plus de 400 ans aux concurrents de se lancer sur une pente à 45 degrés à la poursuite d’un fromage appelé Gloucester, fait partie du calendrier sacré des excentricités britanniques. «Nous sommes les gardiens d’une tradition très ancienne», explique fièrement Tony Peasley, qui suit la compétition depuis quarante-trois ans. «Courir après le fromage, c’est géant!», surenchérit Stephen Brain, un ouvrier trois fois vainqueur de la compétition. Course d’escargots Mais la police ne voit pas toujours l’opération d’un bon œil. «Un fromage de 3,6 kilogrammes descendant à 112 km/heure peut tuer quelqu’un», reconnaît, avec une lueur dans le regard, Tony Pither, l’un des organisateurs. Le cheese rolling a déjà fait plusieurs dizaines de blessés. En 1994, un jeune spectateur de neuf ans a eu la jambe fracturée par le fromage. Deux ans plus tard, quelque 33 personnes ont été blessées lors de la course, qui est répétée quatre fois dans la journée. L’hécatombe avait conduit à l’annulation pure et simple de la compétition en 1998 pour des raisons de sécurité. Depuis, les organisateurs se targuent d’avoir pris des mesures draconiennes, conviant trois ambulances sur le terrain, positionnant des catcheurs pour récupérer les concurrents en bout de course, installant des barrières de protection des spectateurs. Le cheese rolling n’est pas la seule excentricité du coin : chaque été, à Bradford on Avon (sud-ouest), des hommes bedonnants s’affrontent pour un tour de gut barging. L’objectif est de pousser son rival en dehors d’un ring de quatre mètres sur trois en utilisant seulement son ventre. Ce sont les spectateurs qui courent le risque d’être blessés par la chute des concurrents car ces derniers, nécessairement des grands buveurs, sont protégés par leur rembourrage. Pour ceux qui préfèrent œuvrer dans la subtilité, il reste la lutte de l’orteil dans le Staffordshire (centre) où les adversaires, assis par terre et liés par leur gros orteil, doivent soulever une des fesses de leur concurrent. Les prouesses sportives ne sont pas limitées aux humains. Le village de Congham (centre) accueille chaque année une compétition d’escargots. Les gastéropodes sont lancés sur une distance de 33 centimètres, le gagnant étant récompensé par une chope remplie de laitue. Le record est tenu par Archie, qui, en 1995, a parcouru la distance en deux minutes. Sa vie est désormais dédiée à la reproduction.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats «La course au fromage qui dégringole (cheese rolling) est une activité qui peut se révéler dangereuse. Vous y assistez à vos risques et périls», indiquent les panneaux apposés par les autorités locales de Cooper’s Hill. Mais le millier de spectateurs enthousiastes qui ont fait le voyage jusqu’à ce coteau reculé du sud-ouest de l’Angleterre ne semblent nullement terrorisés lorsqu’un fromage de quelque 3,6 kilos dévale la pente, pourchassé par une douzaine d’hommes. Quelques secondes plus tard, des corps enchevêtrés se contorsionnent sur le sol, encerclés d’infirmières et ambulanciers tout de vert vêtus. Quelques écervelés, habitants du minuscule village de Brockworth, dans le Gloucestershire, viennent de risquer leur vie cette semaine pour préserver une ancienne tradition qui a traversé les siècles....