Martina Hingis tente jeudi de franchir un nouveau pas vers son premier succès à Roland-Garros même si, contre Arantxa Sanchez, la numéro un mondiale n’aura pas l’avantage du terrain. Pour la Catalane, comme d’ailleurs pour Steffi Graf et Monica Seles qui s’affrontent dans l’autre demi-finale, jouer Porte d’Auteuil, c’est un peu comme jouer à domicile. À elles trois, l’Espagnole, l’Allemande et l’Américaine cumulent onze titres sur la terre battue parisienne depuis 1987. Seule la Croate Iva Majoli, en remportant le tournoi en 1997 aux dépens de Hingis, a réussi à s’immiscer dans le trio des reines. Le public leur est fidèle, les encourage chaleureusement comme de vieilles connaissances. Sans doute, depuis qu’elle a ironisé sur Amélie Mauresmo à Melbourne, la Suissesse au contraire n’est guère appréciée et a récolté des sifflets plusieurs fois à l’issue de ses matches. Mais forte d’un tableau jusqu’ici plutôt clément et d’un mental à l’épreuve des balles, Hingis feint de ne rien entendre. «Tant que je gagne, je peux me mettre des gens à dos, ça m’est égal. Rien ne peut m’affecter. Je continue mon chemin», souligne-t-elle. Malgré ses 18 ans, la sage Hingis fait preuve en outre d’une grande maturité pour aborder chacun de ses matches. «L’erreur que je faisais ces deux dernières années était peut-être de vouloir trop vite gagner. Peut-être que je sous-estimais aussi mes adversaires. Je ne le fais plus aujourd’hui», dit-elle. Graf/Seles, cru 1999 Hingis pourrait sous-estimer Arantxa, qu’elle a battue neuf fois sur dix, dont une fois en quart de finale 1997 de Roland-Garros. Mais la Suissesse sait parfaitement que l’Espagnole est capable de se transcender pour son tournoi favori. «Arantxa joue à un meilleur niveau ici que lors de ses précédents tournois de la saison. Je la prends très au sérieux». «C’est toujours très spécial de venir ici», disait mardi la Catalane après son succès sans appel sur l’Autrichienne Sylvia Plischke, qui l’avait pourtant largement dominée à Rome. Bien que tête de série numéro sept, Arantxa prévient qu’elle défendra vaillamment ses chances. «Même quand ça ne va pas très bien, j’essaie toujours de retrouver ici mon meilleur tennis. J’essaierai à nouveau contre Martina». Monica Seles l’a constaté à ses dépens, l’an dernier en finale. La tête de série numéro trois, triple lauréate du tournoi comme Sanchez, vengerait bien l’affront mais auparavant, il lui faudra écarter sa vieille rivale Steffi, qu’elle a battue deux fois sur trois dans le tournoi parisien. Le match s’annonce comme souvent très indécis et Seles s’en réjouit d’avance. «J’ai parlé de cela avec Steffi et toutes les deux nous avions envie de recommencer. Nous revenons dans notre carrière pour des matches comme celui-ci. Il faut être à 100 % physiquement, mentalement. Le public est important sur le central. J’adore jouer dans ces conditions». Graf, cinq fois couronnée à Paris, la dernière fois en 1996, avait été absente l’an passé pour cause de blessure et son retour est probant: aujourd’hui au sixième rang mondial, elle a ainsi écarté la numéro deux mondiale Lindsay Davenport en quart. Elle attend avec impatience elle aussi son énième confrontation avec Seles, sans se cacher que l’Américaine partira légèrement favorite. Le dernier match entre les deux championnes remonte aux Internationaux d’Australie: Seles s’était imposée 7-5, 6-1 en quart de finale. «Mais à Melbourne», plaide l’Allemande, «j’ai totalement perdu ma concentration. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Cela m’était très rarement arrivé avant».
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