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Actualités - Biographies

Mbeki, héritier d'une succession difficile

Le futur président sud-africain Thabo Mbeki a devant lui l’impossible tâche d’approfondir le vaste héritage politique de son prédécesseur, Nelson Mandela, passé du rang de bagnard à celui de «sage de l’Afrique». Mais cet homme de 56 ans qui reste, à bien des égards, une énigme, a été formé très jeune par le Congrès national africain (ANC, au pouvoir) pour devenir le deuxième président noir de la nouvelle Afrique du Sud. Aujourd’hui, en tant que président de l’ANC et dauphin désigné de Mandela, il aura pour mission de conforter la réconciliation entre la minorité blanche et la majorité noire et de concrétiser les ambitieuses promesses de son illustre aîné en matière d’égalité économique et de justice sociale. Jaloux de son intimité Pour les économistes, les compétences théoriques certaines du dauphin de Mandela en matière économique et son attachement à la discipline devraient permettre à l’Afrique du Sud de rester dans le peloton de tête des marchés émergents de la planète. Mais certains s’interrogent sur l’imperméabilité apparente de l’homme à toute critique venant des médias comme de l’ANC. «La menace que pourrait faire peser le régime Mbeki est celle d’une confusion entre l’État et le parti au pouvoir, qui réduirait la Constitution et l’État de droit à de simples ornements de façade», prévient l’éditorialiste de l’hebdomadaire de gauche Mail and Guardian. Contrairement à Mandela, Mbeki n’accorde que de rares interviews et rejette toute enquête ou intrusion sur sa vie privée, ce qui alimente toutes sortes de spéculations sur la personnalité et les ambitions de cet homme secret, très jaloux de son intimité. Il voit le jour le 18 juin 1942 à Idutywa, dans le Transkei. Son père, Govan, est un communiste dogmatique membre fondateur de l’ANC, qui passera plus de 20 ans en prison avec un certain Nelson Mandela. Sa mère se souvient que dès son plus jeune âge, Thabo préférait la compagnie des livres à celle de ses petits camarades de classe ou de brousse. À dix ans, le futur président de l’Afrique du Sud faisait déjà office d’écrivain public dans son village. À 14 ans, Mbeki adhère aux jeunesses de l’ANC (alors interdit) qui, cinq ans plus tard, l’exfiltrait du pays pour lui permettre de faire des études très poussées à l’étranger en vue d’une future carrière politique. Diplômé en économie de l’université anglaise du Sussex, il suit une formation militaire à l’institut Lénine de Moscou à l’époque où l’Urss est l’un des plus importants soutiens de la cause antiapartheid. Dans la vie privée, Mbeki devra surmonter de nombreuses épreuves – le long emprisonnement de son père et la disparition, probablement fatale, de son propre fils et de son propre frère. En 1974, il épouse Zanele Dlamini, militante antiapartheid qui reste dans l’ombre. Le couple est resté sans enfant. La fortune politique de Mbeki date des années 1970, lorsqu’il sert à Londres en qualité de secrétaire d’Oliver Tambo, le vieux président en exil de l’ANC. Il devient ensuite le patron des services d’information et de propagande de cette organisation. Il représente l’ANC en Zambie et au Nigeria. Lorsque l’ANC accède au pouvoir, Mbeki use de ses immenses qualités de manœuvrier pour écarter de la course à la succession Cyril Ramaphosa, le tout-puissant patron de la centrale syndicale noire. Il est nommé vice-président derrière Mandela et devient ainsi son héritier présumé.
Le futur président sud-africain Thabo Mbeki a devant lui l’impossible tâche d’approfondir le vaste héritage politique de son prédécesseur, Nelson Mandela, passé du rang de bagnard à celui de «sage de l’Afrique». Mais cet homme de 56 ans qui reste, à bien des égards, une énigme, a été formé très jeune par le Congrès national africain (ANC, au pouvoir) pour devenir le deuxième président noir de la nouvelle Afrique du Sud. Aujourd’hui, en tant que président de l’ANC et dauphin désigné de Mandela, il aura pour mission de conforter la réconciliation entre la minorité blanche et la majorité noire et de concrétiser les ambitieuses promesses de son illustre aîné en matière d’égalité économique et de justice sociale. Jaloux de son intimité Pour les économistes, les compétences théoriques certaines...