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Actualités - Biographies

Longtemps je serai aimé du peuple ...

Le poète Alexandre Pouchkine (1799-1837) est devenu le symbole du pays, un héros que beaucoup considèrent comme «un ami» mais qui reste un mystère, celui de la poésie pure. En Russie, où l’amour de la poésie est sans équivalent, Pouchkine est depuis sa mort tragique, à 37 ans, l’objet d’un culte continu, où se rejoignent les époques tsariste et soviétique ainsi que l’émigration. Il reste souvent inaccessible pour les étrangers. Si les Russes aiment tant Pouchkine, c’est avant tout parce qu’ils aiment la poésie tout court. Très souvent à la télévision tel invité ou commentateur dit des vers pour illustrer son propos. En toute circonstance, n’importe quel Russe cite des vers appropriés. Comme l’a fait remarquer à la télévision le poète Andreï Voznessenski, «la poésie est à la Russie ce que la musique est à l’Italie». «La poésie russe est une très grande poésie où s’est concentrée de façon universelle l’aspiration des Russes à comprendre l’au-delà des choses, leur sens profond», explique Nikita Struve, professeur de russe à l’Université de Paris-Nanterre (France). «C’est un ami, quelqu’un avec qui on est en phase, on le lit toute la vie», aiment à dire ses lecteurs. Pour Samson Broïtman, professeur de lettres à l’université de Moscou, «c’est le poète le plus mystérieux, une poésie pour elle-même, qui ne professe rien». Amour et mort Né à Moscou le 27 mai 1799 (6 juin selon le nouveau calendrier) d’un père noble et d’une mère descendant de l’esclave maure de Pierre Le Grand, Pouchkine a utilisé tous les genres : poèmes, romans en vers, prose, contes, romans historiques, pièces de théâtre, biographies, etc. Marié à la belle Natalia Gontcharova, il est mort en duel, à 37 ans, dans la neige, sous le pistolet d’un dandy français, d’Anthès. Tous les Russes connaissent par cœur depuis leur enfance ses contes : le Coq d’or, le Tsar Saltan, etc. «Des vers incomparables, très simples, une musique à bercer les bébés», souligne Nicolaï Alexandrov, critique littéraire au musée Pouchkine, rue de l’Arbat. Sa langue est «légère comme un bouquet de fleurs sauvages», estime Mikhaïl Galperin, émigré en Californie (États-Unis). Point d’équilibre entre les cultures occidentale et russe, Pouchkine a libéré la langue russe des lourdeurs administratives et des slavonismes d’église. Il a créé le russe moderne, lui a donné «sa musicalité», souligne Anatoli Kouznetsov, musicologue. Plusieurs compositeurs russes ont porté Pouchkine à l’opéra : Glinka Rouslan et Lioudmilla, Moussorgski Boris Godounov ou Tchaïkovski La dame de pique et Eugène Onéguine. Ce roman en vers, beaucoup en français, met en scène deux héros romantiques, Onéguine et Tatiana, à Saint-Pétersbourg, Moscou, à la campagne. Les descriptions de la vie quotidienne, des fêtes, de la nature... lui ont valu d’être qualifié d’«encyclopédie de la vie russe». Pourtant, a souligné le poète Varlam Chalamov, un ancien du Goulag mort en 1982, «si nous mémorisons facilement Eugène Onéguine, ce n’est pas au titre d’encyclopédie de la vie russe mais parce qu’il est question d’amour et de mort». «Longtemps je serai aimé du peuple parce que j’ai, par ma lyre, suscité le sentiment du bien et parce qu’en mon siècle cruel, j’ai célébré la liberté et appelé à la bonté envers les malheureux», avait prédit Pouchkine dans des vers gravés sur sa célèbre statue, dans le centre de Moscou. Les Moscovites n’ont jamais cessé d’y déposer des fleurs.
Le poète Alexandre Pouchkine (1799-1837) est devenu le symbole du pays, un héros que beaucoup considèrent comme «un ami» mais qui reste un mystère, celui de la poésie pure. En Russie, où l’amour de la poésie est sans équivalent, Pouchkine est depuis sa mort tragique, à 37 ans, l’objet d’un culte continu, où se rejoignent les époques tsariste et soviétique ainsi que l’émigration. Il reste souvent inaccessible pour les étrangers. Si les Russes aiment tant Pouchkine, c’est avant tout parce qu’ils aiment la poésie tout court. Très souvent à la télévision tel invité ou commentateur dit des vers pour illustrer son propos. En toute circonstance, n’importe quel Russe cite des vers appropriés. Comme l’a fait remarquer à la télévision le poète Andreï Voznessenski, «la poésie est à la Russie ce que la...