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Actualités - Chronologie

Situation de guerre à Kargil

À Kargil, dans la haute montagne du Cachemire indien, il y a «situation de guerre», explique le brigadier général Surinder Singh, commandant local de l’armée indienne. Crise, conflit limité, rébellion, guérilla, guerre par procuration, quasi-guerre sont quelques-uns des termes utilisés pour décrire les combats opposant les forces indiennes à des guérilleros musulmans près de la «ligne de contrôle» qui sépare l’Inde du Pakistan au Cachemire. Mais le bunker de montagne du brigadier Singh près de Kargil, au nord-est de Srinagar, a, lui, tout du centre de contrôle de temps de guerre, avec ses cartes de la région montrant les positions des guérilleros infiltrés depuis trois semaines à très haute altitude. L’armée indienne, qui a lancé l’assaut, aidée par l’aviation, encercle les «infiltrés» et a la situation «totalement sous contrôle», affirment les chefs militaires locaux. Pourtant, l’opération dure maintenant depuis trois semaines, avec quelque 17 000 hommes, artillerie lourde, avions de combat et hélicoptères d’attaque en renfort. Les pertes indiennes sont officiellement estimées à 30 militaires tués, deux avions et un hélicoptères abattus, contre 300 morts dans les rangs ennemis. La route qui mène sur 240 km de Srinagar, capitale d’été du Cachemire indien, à la région des combats autour de Kargil ne laisse aucun doute quant à l’importance de l’offensive militaire indienne. Cette route stratégique, qui fut touristique, va jusqu’à Leh, au Ladakh, et traverse, à une altitude allant jusqu’à 3 500 m, des paysages d’une extraordinaire beauté au milieu des pics enneigés des contreforts de l’Himalaya. C’est aussi probablement l’une des routes les plus fortifiées du monde, axe que, selon l’Inde, les guérilleros infiltrés par l’armée pakistanaise tentaient de couper. «Nous balançons» les obus au hasard… Le Cachemire indien qui se dit officiellement paradis touristique s’arrête à 85 km de Srinagar, à la station de ski Sonamarg. Après, la route est fermée au trafic civil. Ce n’est ensuite que convois militaires transportant des pièces d’artillerie lourde qui serviront à frapper les pics montagneux, et au-delà, en territoire pakistanais. La route étroite, cible privilégiée des artilleurs pakistanais, est endommagée et les convois passent dangereusement près du précipice. Après trois semaines de duels d’artillerie, les armes parlent toujours à intervalle régulier, leurs cibles localisées par des éclaireurs haut dans la montagne et les hélicoptères. «En toute franchise, je ne saurais vous dire si nous frappons des infiltrés dans les montagnes ou les positions pakistanaises de l’autre côté», explique le chef d’une batterie indienne. «Nous recevons les coordonnées (des cibles) par radio et nous balançons». Des dizaines de milliers d’habitants des villages alentour ont dû fuir les combats, laissant leurs maigres lopins de terre et leur bétail, et s’il ne s’agit pas d’une guerre formelle, nombre d’entre eux sont de véritables réfugiés. «Je voulais rester, mais mon village a été touché plusieurs fois et maintenant je m’en vais», explique Mohammad Shafi, 55 ans, qui marche sur la route avec sa femme, sa sœur et une mule portant leurs effets. «Nous avons tout laissé, qui sait quand nous pourrons rentrer ?». Certains ont essayé de le faire. «J’ai entendu dire que ma maison avait été touchée par un obus, alors, j’y suis retourné voir si je pouvais récupérer quelque chose», raconte Abdul Masjid, commerçant de Drass, localité la plus touchée et aujourd’hui désertée. «Une partie de ma maison a été détruite et la plupart de mes chèvres ont été dévorées par des chiens sauvages. Nous sommes chez des parents à environ 40 km d’ici, mais c’est temporaire. Et après, où irons-nous ?».
À Kargil, dans la haute montagne du Cachemire indien, il y a «situation de guerre», explique le brigadier général Surinder Singh, commandant local de l’armée indienne. Crise, conflit limité, rébellion, guérilla, guerre par procuration, quasi-guerre sont quelques-uns des termes utilisés pour décrire les combats opposant les forces indiennes à des guérilleros musulmans près de la «ligne de contrôle» qui sépare l’Inde du Pakistan au Cachemire. Mais le bunker de montagne du brigadier Singh près de Kargil, au nord-est de Srinagar, a, lui, tout du centre de contrôle de temps de guerre, avec ses cartes de la région montrant les positions des guérilleros infiltrés depuis trois semaines à très haute altitude. L’armée indienne, qui a lancé l’assaut, aidée par l’aviation, encercle les «infiltrés» et a la...