Le dollar est demeuré plus ou moins survendu hier, à Beyrouth, dans un marché toujours calme et équilibré de lui-même. Mais, après le maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente entre 1 502,00 LL et 1 514,00 LL, le billet vert a dû achever la journée d’hier au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Pourtant les établissements de crédit ont continué de négocier pratiquement le dollar au-dessous de ce taux indicatif et tout près du bas de la fourchette d’intervention de la BDL et en dehors d’elle en présence de contreparties valables à la vente. En effet, il a fluctué dans une marge comprise entre 1 504,00 et 1 505,00 LL, après un départ faible entre 1 502,00 et 1 504,00 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires aurait atteint hier quelque 12 millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente. Légère dépréciation du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est légèrement déprécié face aux principales devises hier sur les marchés des changes internationaux dans le sillage d’un net repli de Wall Street la veille. Et s’il est parvenu à se stabiliser après la reprise de la Bourse américaine, il n’a pas réussi à se remettre de son repli initial, restant sous pression alors que les investisseurs se montraient prudents face à l’évolution de la situation économique en Amérique latine. La chute de plus de 4 % de la Bourse brésilienne de Sao Paolo, hier, a inquiété tout particulièrement les investisseurs aux États-Unis tout comme les spéculations sur une dévaluation imminente du peso argentin. L’annonce d’une hausse de l’indice de confiance des consommateurs américains de 135,5 points en avril à 135,8 points en mai, après une sévère baisse de 3,3 % des reventes de logements le mois dernier contre une hausse de 5,4 % en mars, est venue frappée les opérateurs d’hésitation quant à l’orientation future des taux d’intérêt aux États-Unis. En effet, une certaine désaffection vis-à-vis du billet vert ne tardait pas à s’installer sur le marché, permettant à l’euro de conserver une bonne partie du terrain qu’il avait gagné la veille après avoir frôlé ces derniers jours de nouveaux records de faiblesse sous le coup de statistiques économiques allemandes et italiennes décevantes. Bien que la plupart des analystes continuaient de prévoir un nouvel accès de faiblesse de l’euro en rapport avec les perspectives de réduction des taux d’intérêt en Europe à la lumière des dernières données sur l’inflation en Allemagne et en France, la monnaie unique devait présenter des signes de résistance à ces influences baissières. Quant au yen, il a continué de bénéficier de craintes d’intervention de la Banque du Japon en sa faveur au lendemain des propos faits à ce sujet par le vice-ministre japonais des Finances, Eisuke Sakakibara. Cela étant, le dollar s’est négocié hier, à New York, sur un ton mitigé, comme suit : – 1,0594 pour un euro contre 1,0595, la veille. – 1,6030 pour un sterling contre 1,5965 – 1,8465 DM contre 1,8460 – 6,1920 FF contre 6,1920 – 1,5025 FS contre 1,5125 – 1 827,75 lires contre 1 828,15 – 122,73 yens contre 123,20. Bourse de Beyrouth : statu quo Sur les places boursières, la Bourse de Beyrouth a observé un statu quo hier, les actions Solidere des deux catégories A et B, les valeurs bancaires ainsi que les industrielles s’étant stabilisées dans un marché autrement calme après une augmentation de 30 % au cours de la semaine écoulée. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 77,53 points de même que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 179,43 points. Pour ce qui est de l’activité de la cote, elle a porté hier sur 137 830 actions d’une valeur globale de 642 228 dollars seulement. Volatilité de Wall Street Quant à Wall Street, elle a fait du yo-yo hier sur fond d’indications contradictoires au sujet de l’orientation future des taux d’intérêt aux États-Unis. Certes, les craintes d’un durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale continuent de nourrir de profondes inquiétudes au niveau des investisseurs au moment où la situation économique du Brésil pose de sérieuses préoccupations. En effet, après une progression initiale le portant à un plus haut à 10 754,66 points, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est reparti en baisse pour retomber à un plus bas à 10 628,48 points, avant d’afficher en préclôture 10 654,38 points, soit sans grand changement par rapport à la clôture de la veille, et ce dans un marché très volatil. Recul des Bourses européennes avec la banque et les télécoms Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse mardi, dans le sillage des valeurs financières et de celles liées aux télécommunications. La remontée de Wall Street au moment de la clôture des places européennes leur a toutefois pemis de limiter leurs pertes. Lundi, le Dow Jones avait perdu 1,61 %, en réaction au conseil donné par plusieurs analystes aux investisseurs de réduire la part des secteurs technologique et financier dans leurs portefeuilles. À Paris le CAC 40 a cédé 0,55 %, le Xetra Dax des transactions électroniques à Francfort a abandonné 1,68 % et le FTSE 100 à Londres 1,15 %. Bruxelles a lâché 0,70 %, Amsterdam 0,70 %, Zurich 2,38 %, Madrid 0,29 % et Milan 0,73 %. Olivetti pèse sur les télécoms La réussite de l’OPA d’Olivetti sur Telecom Italia, qui s’est emparé de 51,87 % du capital de l’ex-monopole d’État, semble avoir provoqué un mouvement baissier sur l’ensemble du secteur. Deutsche Telekom, vu comme le grand perdant de la plus importante bataille boursière européenne en raison des très fortes hypothèques qui pèsent désormais sur son projet de fusion, a chuté de 4,7%. Olivetti a perdu aux environs de 3 %, à 3,3280 euros, le marché ne sachant toujours pas comment évaluer le titre après le succès remporté sur Telecom. De son côté, France Telecom a perdu 1,89 %. Deux titres ont toutefois réussi à tirer leur épingle du jeu. Telecom Italia a pris près de 2 % à 9,554 euros, à la faveur d’un mouvement de rachats du découvert, et Mannesmann, qui a progressé de 2,53 %. L’autre géant des télécommunications allemand sort en effet renforcé de la victoire d’Olivetti, puisque le groupe recupère, conformément à ce qui avait été convenu entre les deux partenaires, Omnitel et Infostrada. Le secteur bancaire, en forte hausse ces derniers temps, a été affecté par une étude de CSFB, qui met notamment en avant les risques encourus par les établissements bancaires avec le passage à l’an 2000. Commerzbank a dégringolé de 6 %, pâtissant en outre d’une baisse de la recommandation sur le titre de Merrill Lynch. À Paris, la BNP a cédé 1,99 %, la Société Générale 3,11 %, Paribas 1,73% et Dexia 1,98 %. Sur le marché britannique, Barclays a perdu 1,98 % et Lloyds 0,87 %. Les technologiques se sont repliées dans le sillage du recul de 2,64 % du Nasdaq lundi. Cap Gemini a lâché 1,51 %, Equant 3,23 % et Dassault Systèmes 4,17 %. À Amsterdam, Baan a chuté de 5,11 % et à Francfort, SAP a perdu 16,00 euros à 391,00. Tokyo : en forte baisse La Bourse de Tokyo, ébranlée par le fort recul de Wall Street dans la nuit, a terminé mardi en retrait de 1,1 %, selon les opérateurs. L’indice Nikkei 225 a cédé 176,26 points, pour revenir à 16 214,23 points en clôture. L’indice élargi Topix a perdu 8,83 points à 1 308,68 points. Le volume des échanges a été estimé à 445 millions de titres contre 410,8 millions la veille. «Le marché s’est ralenti à la suite de la chute de Wall Street la veille au soir», a indiqué Tatsuo Kurokawa, de Nomura Securities. Lundi, l’indice Dow Jones Industrial Average (DJIA) a abandonné 174,61 points à 10 654,67 points et le Nasdaq a cédé 66,48 points à 2 453,62 points sur des craintes d’une hausse des taux d’intérêt et les inquiétudes concernant les valeurs bancaires. «À la suite du recul du Nasdaq, les valeurs vedettes ont aussi chuté, notamment Sony et NEC», a indiqué M. Kurokawa, ajoutant que les investisseurs étrangers ont plombé les titres bancaires, «car ils sont découragés par le nombre de créances douteuses que détiennent encore les banques». Les 16 premières banques japonaises ont indiqué avoir annulé pour plus de 9 000 milliards de yens (74 milliards de dollars) de créances douteuses sur l’exercice clos en mars, mais elles détiennent encore pour plus de 20 000 milliads de yens de créances à problème. Sumitomo Bank a reculé de 1,6 % à 1 463 yens et Industrial Bank of Japan 3,2 % à 875 yens. Les titres de haute technologie et liés à l’exportation ont été fortement touchés par la chute des titres Internet à Wall Street et par l’impact qu’aurait un dollar plus faible face au yen sur la compétitivité japonaise, selon les opérateurs. À 14h00 locales (05h00 GMT), le dollar s’échangeait en baisse à 122,70-72 yens contre 122,98-123,00 yens en fin de matinée et 123,01 yens la veille à New York. «Les boursiers veulent savoir de combien la Bourse américaine pourrait chuter», avant d’investir de nouveau, selon un opérateur. Le Nikkei a cependant été soutenu autour des 16 200 points, le prochain seuil de résistance devant se situer à 16 000 points, selon les opérateurs.
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