Le président iranien Mohammad Khatami a appelé l’Arabie séoudite à coopérer avec l’Iran pour la sécurité dans la région du golfe Persique, lundi, en recevant le ministre de la Défense séoudien Sultan Ben Abdel Aziz. Cet appel intervient à dix jours d’une tournée dans la région du Proche-Orient qui le conduira à Ryad tout comme en Syrie, et à Qatar. Les ministres des Affaires étrangères et du Pétrole accompagneront le président iranien lors de cette tournée de huit jours. Cette visite qui traduit le réchauffement des relations entre Téhéran et le monde arabe est la première qu’un président iranien fasse en Arabie séoudite depuis la Révolution islamique de 1979. «La sécurité de l’Arabie séoudite et des autres pays de la région est notre sécurité. Nous n’avons pas besoin pour cela de forces étrangères», a déclaré M. Khatami à son interlocuteur dont le pays accueille de nombreuses forces américaines et britanniques. Ces forces étrangères «peuvent même créer des tensions», a déclaré le président iranien, cité par la radio d’État. «La coopération entre nos deux pays peut permettre de créer une sécurité stable», a-t-il ajouté. Évoquant le rapprochement entre Téhéran et Ryad qui prévaut actuellement, après une longue période de froid qui a suivi la Révolution islamique de 1979, M. Khatami a déclaré que «cela fait peur à nos ennemis et les met dans le désarroi». M. Khatami a ajouté que «les relations entre Téhéran et Ryad ne sont pas simplement dans l’intérêt de nos deux pays, mais vont aussi dans le sens des intérêts de toute la région et du monde». Le ministre iranien de la Défense, l’amiral Ali Chamkhani, a préconisé la semaine dernière une coopération militaire entre son pays et l’Arabie séoudite pour garantir la sécurité dans la région du Golfe et créer une défense au service du monde musulman. Son homologue séoudien a toutefois minimisé cette perspective, affirmant que la coopération économique et culturelle entre l’Iran et l’Arabie séoudite devait précéder toute coopération militaire. «La question de la coopération militaire n’est pas facile entre deux pays dont les relations ont été rompues pendant des années et qui ont repris maintenant avec un bon départ», avait déclaré le prince Sultan. Deux journaux conservateurs iraniens ont pour leur part critiqué lundi l’offre de rapprochement militaire avec Ryad, estimant que l’Arabie séoudite était encore trop proche des États-Unis et de la Grande-Bretagne pour que ce projet aboutisse. M. Khatami, dont le pays préside actuellement l’Organisation de la conférence islamique (OCI), a également évoqué la crise du Kosovo, affirmant que Ryad et Téhéran avaient «des points de vue proches» sur ce dossier. «Tous les pays islamiques doivent faire des efforts pour éviter qu’il arrive au Kosovo ce qui s’est passé avec les Palestiniens», a déclaré le président iranien. M. Khatami a encore souhaité «la fin de tout malentendu» avec Ryad et l’avènement d’une «nouvelle phase tournée vers l’avenir» dans les relations entre les deux pays. Le ministre séoudien, également cité par la radio, a qualifié ses discussions à Téhéran «d’utiles pour l’islam et les intérêts des deux pays», ajoutant qu’il souhaitait voir l’Iran et l’Arabie séoudite «collaborer ensemble dans tous les domaines». Interrogé sur les «menaces présumées» qui pèsent sur la région du golfe Persique, le ministre séoudien a répondu que «cette propagande est sans fondement et nous ne voyons aucune menace», a ajouté l’agence sans plus de précision. Les États-Unis affirment maintenir des bases militaires, des armes et des équipements dans les monarchies arabes du golfe Persique, riches en pétrole, pour les protéger contre les menaces de l’Irak et également de l’Iran qui entretient des relations plutôt tendues avec ces pays depuis la Révolution islamique en 1979.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président iranien Mohammad Khatami a appelé l’Arabie séoudite à coopérer avec l’Iran pour la sécurité dans la région du golfe Persique, lundi, en recevant le ministre de la Défense séoudien Sultan Ben Abdel Aziz. Cet appel intervient à dix jours d’une tournée dans la région du Proche-Orient qui le conduira à Ryad tout comme en Syrie, et à Qatar. Les ministres des Affaires étrangères et du Pétrole accompagneront le président iranien lors de cette tournée de huit jours. Cette visite qui traduit le réchauffement des relations entre Téhéran et le monde arabe est la première qu’un président iranien fasse en Arabie séoudite depuis la Révolution islamique de 1979. «La sécurité de l’Arabie séoudite et des autres pays de la région est notre sécurité. Nous n’avons pas besoin pour cela de forces...