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Actualités - Chronologie

OMC - Situation bloquée Un climat détestable règne à Genève

L’Organisation mondiale du commerce tentait toujours lundi de se doter d’un nouveau directeur général, après avoir passé l’échéance de la fin du mandat de l’Italien Renato Ruggiero, le 30 avril. Une réunion du Conseil général, l’instance exécutive de l’OMC, a été annulée à la dernière minute lundi matin, et reportée sine die, laissant la porte ouverte à de nombreuses tractations en coulisses. La dernière réunion, samedi, tout comme celle de la veille, s’était achevée sur un blocage total, qui, s’il perdure, laisse craindre pour la crédibilité d’une institution qui sort d’une «guerre de la banane» euro-américaine éprouvante. D’autant que le climat devient «assez détestable», selon des diplomates. Les 134 membres de l’OMC doivent toujours se prononcer sur la candidature de l’ancien Premier ministre néo-zélandais Mike Moore, proposée vendredi par le président en exercice du Conseil général, le Tanzanien Ali Mchumo. Mike Moore, opposé au vice-Premier ministre thaïlandais Supachai Panichpakdi, est sorti en tête des consultations menées par M. Mchumo. Le Néo-Zélandais suscite moins d’opposition de la part des pays membres, un élément important dans la recherche d’un consensus. Mais moins d’opposition ne veut pas dire aucune opposition: la proposition d’Ali Mchumo a été aussitôt contrée par des partisans de M. Supachai, notamment les pays de l’Association des Nations du Sud-Est asiatique (Asean) et le Japon. S’ils n’ont pas formellement apporté leur veto au nom de Moore, ils ont réclamé un vote, invoquant un article des statuts de l’OMC qui n’a jamais été appliqué, selon lequel les pays doivent voter lorsqu’un consensus est impossible. Des voix se sont même élevées, dans le camp du Thaïlandais, pour remettre en question la légitimité du processus de désignation du directeur général conduit depuis six mois, certaines accusant M. Mchumo de partialité. Un groupe des «amis du président du Conseil général de l’OMC», qui comprend notamment les États-Unis et la France, s’en est ému, rappelant que 80 % des délégations, dont certains partisans de M. Supachai, s’opposent à toute idée de vote. Une telle solution serait un précédent fâcheux, la règle du consensus étant la base même du fonctionnement de l’OMC, selon eux. «Une quinzaine de pays bloquent le processus, dont la moitié tient vraiment à la candidature de Supachai, et l’autre moitié agit par opposition aux États-Unis», qui figurent parmi les principaux soutiens de M. Moore, a avancé un diplomate. La position du Japon sera déterminante, ont estimé des délégués, notant que le Premier ministre japonais, Keizo Obuchi, a entamé dimanche une visite de six jours aux États-Unis. «La situation ne va pas se débloquer mardi sauf si Supachai se retire», a estimé lundi un diplomate européen. «Le vice-Premier ministre Supachai veut se battre jusqu’à la dernière minute pour la dignité de la Thaïlande», lui avait répondu par anticipation quelques heures plus tôt un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Bangkok. MM. Supachai et Moore étaient toujours à Genève lundi, ont indiqué des diplomates, de même que Renato Ruggiero, l’OMC ayant décidé d’«arrêter les pendules» vendredi soir à 23h59. «Fictivement, le mandat de M. Ruggiero n’est donc pas fini», selon un expert. En attendant, le directeur général sortant a désigné lundi David Hartridge, l’un des 27 directeurs de l’OMC, pour gérer pendant un mois maximum les affaires courantes de l’Administration.
L’Organisation mondiale du commerce tentait toujours lundi de se doter d’un nouveau directeur général, après avoir passé l’échéance de la fin du mandat de l’Italien Renato Ruggiero, le 30 avril. Une réunion du Conseil général, l’instance exécutive de l’OMC, a été annulée à la dernière minute lundi matin, et reportée sine die, laissant la porte ouverte à de nombreuses tractations en coulisses. La dernière réunion, samedi, tout comme celle de la veille, s’était achevée sur un blocage total, qui, s’il perdure, laisse craindre pour la crédibilité d’une institution qui sort d’une «guerre de la banane» euro-américaine éprouvante. D’autant que le climat devient «assez détestable», selon des diplomates. Les 134 membres de l’OMC doivent toujours se prononcer sur la candidature de l’ancien...