Le marché des changes de Beyrouth a entamé la semaine hier dans un climat calme et marqué toujours par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ainsi ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du dollar entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, est parvenue à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre 1998. Mais, en raison de la propension du marché à l’offre du billet vert au haut de la fourchette d’intervention de la BDL, les établissements de crédit l’ont négocié tantôt entre 1 513,00 et 1 514,00 LL et tantôt entre 1 513,50 et 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque dix millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente dans un marché équilibré. Accentuation de la hausse du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar est reparti à la hausse face aux autres principales devises hier, sur les marchés des changes internationaux qui ont fonctionné au ralenti en ce jour de congé au Royaume-Uni et au Japon. Le billet vert a été soutenu par des conjectures selon lesquelles la Réserve fédérale américaine (FED) pourrait être contrainte à resserrer sa politique monétaire en raison des signes de forte croissance et de hausse de l’inflation aux États-Unis. Certes, la tendance des marchés a été toujours dictée, hier, par les statistiques de vendredi dernier révélant une croissance du produit intérieur brut (PIB) américain de 4,5 % au premier trimestre 1999 accompagnée d’une hausse des prix à base de PIB de 1,4 %, la plus forte depuis le deuxième trimestre 1997. Le chiffre américain du NAPM (indice des directeurs d’achats des groupes manufacturiers) pour avril, en recul à 52,80 points contre 54,30 points en mars, n’a guère eu d’effet négatif sur le dollar malgré qu’il exclut la surchauffe de l’économie aux États-Unis. Cela d’autant qu’on apprenait que les revenus personnels des ménages américains n’auraient augmenté que de 0,4 % en mars contre 0,5 % en février ainsi que leurs dépenses de 0,4 % aussi contre 0,7 % pendant la même période. Reflétant donc la vigueur de la devise américaine, l’euro est allé flirter hier avec ses plus bas niveaux historiques, tombant même à 1,0552 dollar, nouveau plus bas depuis son lancement sur les marchés internationaux le 1er janvier. Parallèlement, le billet vert a gagné encore du terrain face au yen, s’établissant au-dessus de la barre des 120,00 yens, les investisseurs s’interrogeant sur les capacités du Japon à sortir de la crise économique qui la frappe. À cet égard, les investisseurs semblent craindre que le Premier ministre japonais, Keizo Obuchi, risque de décevoir les marchés à l’issue de sa visite hier à la Maison-Blanche, en s’abstenant d’annoncer les détails d’un nouveau plan de relance de l’économie nippone. Des spéculations dans ce sens avaient soutenu le yen la semaine dernière. Cela étant, et compte tenu des signes de faiblesse des économies européennes et en attendant la conférence de presse conjointe que devaient tenir MM. Clinton et Obuchi après leurs entretiens d’hier, le dollar s’est négocié à New York sur un ton soutenu comme suit : – 1,0570 pour un euro contre 1,0580, vendredi dernier – 1,6085 pour un sterling contre 1,6090 – 1,8505 DM contre 1,8485 – 6,2055 FF contre 6,1995 – 1,5240 FS contre 1,5245 – 1831,55 lires contre 1829,15 – 120,35 yens contre 119,40. Bourse de Beyrouth : baisse des Ciments blancs Sur les places boursières, la Bourse de Beyrouth a débuté la semaine sur un ton affaibli par la baisse des actions nominatives des Ciments blancs de 1 13/16 dollar à 1 11/16, dans un marché autrement stable et inactif sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,15 % à 74,80 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 178,42 points. Ce mouvement s’est effectué hier dans un volume d’affaires très peu nourri avec au total quelque 33 707 actions négociées d’une valeur globale de 168 645 dollars. Wall Street : vers de nouveaux sommets Sur les autres places, Wall Street a renoué franchement avec la hausse en ce début de semaine, soutenue qu’elle était par la vigueur de l’économie américaine et les bons résultats des grandes sociétés qui y sont cotées. Les nouvelles faisant état hier de bons chiffres des directeurs d’achats de groupes manufacturiers américains (NAPM) le mois dernier, et des dépenses des ménages ainsi que des coûts à la construction en mars, excluant toute surchauffe de l’économie, ont été bien accueillies par la communauté financière. En effet, des investisseurs étrangers se sont rués sur des actifs américains, faisant rebondir l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles d’un plus bas à 10 756,11 points à un plus haut à 10 962,57 points, nouveau record, avant d’afficher en préclôture 10 948,54 points, en hausse de 159,50 points sur vendredi dernier. Hausse des Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont commencé prudemment la semaine hier et tous les regards étaient tournés vers Wall Street après les pertes substantielles de l’indice Dow Jones vendredi dernier, en raison de signes inflationnistes et de spéculations sur un relèvement des taux d’intérêt américains. Le manque d’informations de sociétés, après la récente annonce de fusions et d’acquisitions, et les fermetures des marchés de Londres et de Tokyo hier ont pesé sur les transactions. Mais après l’ouverture en hausse de la Bourse de New York et l’annonce de statistiques américaines écartant une surchauffe de l’économie aux États-Unis, les Bourses européennes ne tardaient pas à redresser leur tendance. À peine inscrit le record de vendredi dernier, la Bourse de Paris a réalisé lundi un nouvel exploit terminant la journée à un sommet dans un marché particulièrement calme. En hausse de 0,19 % à l’ouverture, l’indice CAC 40 a terminé à 4 442,84 points (au plus haut de la séance) en progression de 0,85 %. En moins d’une semaine, la Bourse a atteint trois sommets : le 27 avril en rendant caduc celui atteint le 17 juillet 1998, vendredi en réalisant le 51e record depuis début 1998 et enfin lundi. Cet exploit a été réalisé dans un marché très calme, le volume des échanges sur le marché à règlement mensuel atteignant 1,262 milliard d’euros soit 8,3 milliards de francs. Le marché parisien a souffert au niveau des échanges, de l’absence des opérateurs britanniques, la place londonienne étant close le premier lundi de mai. Les statistiques françaises ont encore réservé de bonnes surprises : les ventes de voitures ont augmenté de 12,5 % en avril par rapport au même mois de 1998, dopées par le succès de modèles récents tels que la Peugeot 206. Sur les quatre premiers mois de l’année, le marché français a progressé de 12,9 %. Les valeurs pétrolières étaient encore recherchées, Elf Aquitaine progressant de 2,11 % et Total +0,3 %. La hausse des prix du brut explique cette avance de ces valeurs. Quant à la Bourse de Francfort, elle a progressé hier de quelque 0,42 % après une séance plutôt terne et dans des volumes minces, ont indiqué des courtiers. L’indice X-Dax a clôturé à 5 383,22 points contre 5 360,44 points vendredi sur le marché électronique Xetra, qui brasse environ 85 % des ordres boursiers à Francfort. En revanche, sur le marché à la criée, le Dax des trente valeurs vedettes a terminé à 5 377,56 points, en baisse de 15,55 points. «Nous voyons un marché faisant du surplace dans un volume de transactions très bas et sans grandes nouvelles sur le front des entreprises susceptibles de lui donner une direction particulière», a déclaré un courtier. L’euro était en légère baisse par rapport au billet vert. La Banque centrale européenne (BCE) a fixé son cours de référence à 1,0589 USD contre 1,0597 USD vendredi.
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