Il y a longtemps qu’à l’instar de saint Thomas je ne crois plus en l’information télévisée, ici et ailleurs. Je ne suis pas le seul à penser que, souvent, les vessies se transforment en lanternes... à l’antenne. D’où ce commentaire que je vous soumets et qui est tiré de la revue française VSD où Leslie Bedos écrit: «Comment ne pas se sentir misérable, à 20h tous les soirs, devant la guerre en couleur? Et puis, est-ce qu’on nous dit tout? Et de quelle façon? Prenez par exemple cette scène, recollée trois fois, bout à bout, par les petits génies du «Zapping», qui savent comme personne faire s’entrechoquer les infos. Sur TF1, LCI et France 2, c’est le même extrait et la même femme qui parle. Usée, les yeux secs, elle raconte l’horreur d’un Kosovo qu’elle a fui. Dans la première version, la femme explique que les Serbes l’ont tapée, matraquée, en présence d’un enfant de 2 ans (avec ses doigts, elle fait le signe 2). Le petit a été menacé avec un revolver posé sur la tempe. On la croit, bien sûr. Et puis, c’est la deuxième version. La chaîne a changé, le traducteur aussi. Et nous, on ne comprend plus. Oui, cette fois ce sont d’autres mots qui sortent de sa bouche. Là, les Serbes ont pris les hommes deux par deux (sur l’écran, ce sont les deux mêmes doigts fébriles qui s’agitent), l’enfant, lui, n’existe plus. Il a disparu de ce nouveau récit. Elle dit aussi qu’ils ont tué son mari et son fils. Comme la première fois, les yeux sont secs. L’image, elle, ne change pas. Enfin, enquillée juste derrière, c’est la troisième version. La voix du traducteur a encore changé. Ici, la femme pense qu’on a peut-être tué son mari et son fils. Peut-être. Comme nous, elle n’est plus sûre de rien. Trois versions. Trois histoires... Laquelle est la bonne? Si c’était un jeu, ça pourrait être marrant. Mais c’est la guerre. Une guerre en version française. Du grand-guignol mal traduit, et deux doigts auxquels on fait dire n’importe quoi». Vous comprenez à présent sans autre commentaire, pourquoi je me méfie de l’information télévisée.
Il y a longtemps qu’à l’instar de saint Thomas je ne crois plus en l’information télévisée, ici et ailleurs. Je ne suis pas le seul à penser que, souvent, les vessies se transforment en lanternes... à l’antenne. D’où ce commentaire que je vous soumets et qui est tiré de la revue française VSD où Leslie Bedos écrit: «Comment ne pas se sentir misérable, à 20h tous les soirs, devant la guerre en couleur? Et puis, est-ce qu’on nous dit tout? Et de quelle façon? Prenez par exemple cette scène, recollée trois fois, bout à bout, par les petits génies du «Zapping», qui savent comme personne faire s’entrechoquer les infos. Sur TF1, LCI et France 2, c’est le même extrait et la même femme qui parle. Usée, les yeux secs, elle raconte l’horreur d’un Kosovo qu’elle a fui. Dans la première version, la...
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