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Actualités - Chronologie

Stratégies différentes, programmes convergents

La différence entre les deux factions de l’extrême droite française, qui vont naître ce week-end de la scission du Front national de Jean-Marie Le Pen, tient à des différences de génération, de style et de stratégie de leurs chefs, mais non de programme. L’ancien numéro deux du Front national, Bruno Mégret, 49 ans, compte se faire élire à la tête du FN lors d’un congrès convoqué contre la volonté du président-fondateur qui le juge «illégal». Bruno Mégret accuse Jean-Marie Le Pen, 70 ans, d’avoir conduit à la «sclérose, au culte de la personnalité et aux outrances» ce mouvement fondé il y a 26 ans. Jean-Marie Le Pen ne s’est pas rendu à ce congrès, qu’il qualifie de «réunion de putschistes et de pirates à but médiatique» organisée par des hommes issus de la droite classique. M. Mégret est en effet venu au FN en 1981 après avoir milité dans les rangs du parti gaulliste RPR. Tout sépare les deux hommes du point de vue de l’apparence physique, comme M. Le Pen se plaît à le faire remarquer à tout moment. Autant ce dernier est grand, corpulent et sanguin, autant Bruno Mégret est fluet et petit, froid et réservé. Sans charisme, M. Mégret, polytechnicien d’origine bourgeoise au vocabulaire policé, n’a ni la fougue ni l’éloquence de l’ancien avocat qu’est Jean-Marie Le Pen, véritable bête de scène. Mais les talents de tribun de M. Le Pen ont parfois accentué l’effet désastreux de ses écarts de langage racistes tels que «les chambres à gaz, détail de l’Histoire», qui lui ont valu une condamnation en France et des poursuites judiciaires en Allemagne. Ce style provocateur, ponctué de bagarres, a fini par heurter une partie des militants du FN craignant pour le rang du parti, aujourd’hui le troisième de France (après le Parti socialiste et le RPR de la droite néogaulliste), qui recueille quelque 15 % des suffrages, soit trois millions de voix, dans les scrutins nationaux. Mais la fronde qui s’étend à la base porte surtout sur la divergence de stratégies qu’incarnent les deux hommes. Leurs thèses - la préférence nationale, l’opposition à la construction européenne et à l’immigration - ne diffèrent guère. M. Le Pen, avec sa devise «ni droite ni gauche», cantonne le FN dans l’isolement, craignant sa banalisation et une dilution de l’identité de l’extrême-droite dans des compromis commandés par la recherche d’alliés. M. Mégret, au contraire, parie sur une alliance avec la droite classique pour rompre cet isolement et conjurer le risque de marginalité. Cette stratégie a cependant été battue en brèche récemment lors d’une élection à la tête de la deuxième région de France, Rhône-Alpes. La candidate centriste a préféré se faire élire avec le soutien de la gauche plutôt que d’accepter l’appoint des voix d’extrême droite. Les chefs des deux factions devraient se mesurer pour la première fois aux élections européennes de juin. M. Mégret, tout en ironisant sur M. Le Pen, «une diva en train de rater sa sortie», n’est pas au bout de ses peines pour faire franchir à son parti, qu’il a nommé «Front national-Mouvement national», la barre des 5 % des suffrages nécessaires pour obtenir des financements publics.
La différence entre les deux factions de l’extrême droite française, qui vont naître ce week-end de la scission du Front national de Jean-Marie Le Pen, tient à des différences de génération, de style et de stratégie de leurs chefs, mais non de programme. L’ancien numéro deux du Front national, Bruno Mégret, 49 ans, compte se faire élire à la tête du FN lors d’un congrès convoqué contre la volonté du président-fondateur qui le juge «illégal». Bruno Mégret accuse Jean-Marie Le Pen, 70 ans, d’avoir conduit à la «sclérose, au culte de la personnalité et aux outrances» ce mouvement fondé il y a 26 ans. Jean-Marie Le Pen ne s’est pas rendu à ce congrès, qu’il qualifie de «réunion de putschistes et de pirates à but médiatique» organisée par des hommes issus de la droite classique. M. Mégret est...