Dès le premier jour du scandale Lewinsky, les Américains savaient l’essentiel : la liaison du président, le démenti mensonger sous serment de Monica Lewinsky, les enregistrements de ses confidences téléphoniques par Linda Tripp, et l’enquête ouverte par le procureur indépendant Kenneth Starr. Le 21 janvier 1998, les quotidiens Washington Post et Los Angeles Times et la chaîne de télévision ABC sortent l’affaire en même temps. «Le procureur indépendant Kenneth Starr a élargi son enquête pour établir si Clinton et son ami proche Vernon Jordan ont encouragé une ancienne stagiaire de la Maison-Blanche de 24 ans à mentir aux avocats de Paula Jones sur la question de savoir si la stagiaire a eu une liaison avec le président», indique en une le Washington Post, citant des sources «proches de l’enquête». «Cette histoire semble ridicule et franchement, je sens le traquenard», affirme dans l’article l’avocat personnel de Bill Clinton, Robert Bennett. «Le président nie catégoriquement avoir jamais eu une relation avec Mademoiselle Lewinsky et elle a confirmé que c’était la vérité», ajoute-t-il. Le premier avocat de Monica Lewinsky, William Ginsburg, traite, lui, le président de «misogyne» s’il «a fait ça», sans préciser ce qu’il entendait par «ça». Les Américains apprennent que Monica, dont ils découvriront le visage quelques heures plus tard, a travaillé à la Maison-Blanche, puis a été envoyée au Pentagone, où elle a sympathisé avec Linda Tripp qui a enregistré ses confidences téléphoniques à son insu et est allée les remettre au procureur Kenneth Starr. Interrogée par les avocats de Paula Jones, «Lewinsky a dit qu’elle n’avait jamais eu de relation sexuelle avec Clinton et qu’il ne lui en avait jamais demandée (...)», écrit le quotidien. Quelques heures plus tard sur CNN, Henry Hyde, président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, évoque la destitution de Bill Clinton, estimant que la «subornation de témoin et l’entrave à la justice sont des accusations très graves».
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