Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Russie Hiver infernal pour des millions de familles

Des millions de Russes sont confrontés à un de leurs pires hivers dû à la conjonction d’un froid exceptionnel, d’une montée en flèche des prix alimentaires et de pénuries de combustibles. La crise financière, qui a conduit à des pertes d’emplois, la dévaluation du rouble, en août dernier, et l’inflation ont mis de nombreuses familles sur la paille. «C’en est au point que, où que vous enfonciez une aiguille sur la carte de Russie, vous y trouverez une famille ou un individu qui souffre terriblement», a déclaré Joe Lowry, porte-parole de la Fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et de Croissant-Rouge. Selon lui, la combinaison de la crise avec un hiver particulièrement rude place les Russes dans une situation quasi désespérée. Et, pourtant, bien peu sont ceux qui prédisent une explosion sociale. La plupart pensent que les Russes survivront une fois de plus à l’adversité. Selon la Croix-Rouge russe, 73 millions de personnes — soit la moitié de la population — vit dans le plus grand dénuement. «Comment pouvons-nous vivre? Les prix ont grimpé et ma pension n’est que de 370 roubles (17 dollars) par mois. Je ne peux même pas m’acheter l’essentiel», se lamente Elena Beloussov, une retraitée de la région de Sverdlovsk, dans l’Oural. Il n’y a que peu de pénuries, mais les prix à la consommation ont fait un bond alors que les salaires et les retraites ont stagné, ce qui a naturellement entraîné une dégradation du pouvoir d’achat. Dans la région d’Elena Beloussov, par exemple, les prix ont grimpé de 5,3 % depuis deux semaines, indique l’agence de statistique locale. Les produits laitiers ont augmenté de 10 à 15 % , la viande et le poulet de 9 % et les pommes de terre de 7,5 % . Certaines zones reculées de cette région souffrent aussi de pénuries de carburant, et le ministre local des Transports a déclaré que les prix élevés du fuel et de l’acheminement ferroviaire ainsi que l’absence de devises conduiraient à une répétition de la situation de novembre dernier. Cinq villes de la région avaient alors été privées de chauffage alors même que ce mois-là avait été le plus froid à Moscou et dans plusieurs autres régions de Russie européenne depuis l’existence de relevés météo complets, en 1879. «Il est difficile de prédire si nous aurons assez de fuel pour passer l’hiver», a reconnu le ministre des Transports, Victor Chtager. Certaines provinces prennent des mesures draconiennes, parfois au détriment des autres, afin d’assurer un minimum pour leur propre population. Ainsi Primoriye, en Extrême-Orient russe, prévoit de réquisitionner 15 000 tonnes de fuel initialement destinées à la péninsule du Kamtchatka, où des mesures drastiques de conservation de l’énergie avaient dû être prises dès le mois dernier.
Des millions de Russes sont confrontés à un de leurs pires hivers dû à la conjonction d’un froid exceptionnel, d’une montée en flèche des prix alimentaires et de pénuries de combustibles. La crise financière, qui a conduit à des pertes d’emplois, la dévaluation du rouble, en août dernier, et l’inflation ont mis de nombreuses familles sur la paille. «C’en est au point que, où que vous enfonciez une aiguille sur la carte de Russie, vous y trouverez une famille ou un individu qui souffre terriblement», a déclaré Joe Lowry, porte-parole de la Fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et de Croissant-Rouge. Selon lui, la combinaison de la crise avec un hiver particulièrement rude place les Russes dans une situation quasi désespérée. Et, pourtant, bien peu sont ceux qui prédisent une explosion...