Plusieurs pays industrialisés du G7 ont assuré jeudi le gouvernement brésilien de leur soutien au programme de réformes économiques, au lendemain de la dévaluation du real brésilien, sans annoncer de nouvelles mesures. La communauté financière internationale n’apparaît pas disposée pour l’instant à aller au-delà de l’aide de 41,5 milliards de dollars pilotée par le Fonds monétaire international en octobre dernier. La communauté internationale «ne peut et ne doit rien faire» après l’octroi de cette aide, a déclaré jeudi le ministre italien des finances Carlo Azeglio Ciampi, qui préside le comité intérimaire, l’instance politique du Fonds monétaire international. «Il n’y a pas de décision nouvelle du G7 à annoncer», a souligné le ministre français des finances Dominique Strauss-Kahn, qui a souligné que les pays du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie et Canada) étaient en «contact très étroit». Les pays du G7 et le FMI ont en revanche souligné que la poursuite des réformes économiques au Brésil était vitale, au lendemain de la démission du président de la Banque centrale et de la dévaluation de facto du real, qui a fait plonger mercredi les marchés financiers mondiaux. Les autorités brésiliennes ont «réaffirmé au FMI leur ferme détermination à mettre en place, avec la coopération du Congrès dans les plus brefs délais possible, le programme entier d’ajustement budgétaire annoncé en novembre 1998», a relevé jeudi Michel Camdessus, directeur général du FMI, qui a accueilli «avec satisfaction» ces assurances. Les autorités brésiliennes «savent qu’elles ont le soutien des organisations internationales qui étaient déjà à leurs côtés en octobre», a déclaré M. Ciampi, qui a estimé que la dévaluation de quelque 8 % du real était «l’unique solution possible». «L’ensemble de la communauté internationale et financière est derrière le Brésil pour qu’il poursuive son programme», a de son côté indiqué M. Strauss-Kahn. Pour M. Strauss-Kahn, la crise brésilienne «n’est pas d’une très grande gravité». «Nous ne sommes pas devant quelque chose d’aussi grave qu’en Asie ou en Russie en août dernier», a-t-il assuré. «Les temps sont difficiles pour l’économie globale et pour certains pays émergents, comme nous l’avons vu hier au Brésil», a constaté le Premier ministre britannique Tony Blair. «La vigilance est essentielle autant qu’un engagement persistant et renforcé envers la réforme du système financier international», a estimé le Premier ministre. De son côté le chancelier allemand Gerhard Schroeder a affirmé que la réforme du système monétaire serait «discutée et décidée» au Sommet des Sept en juin à Cologne. Les analystes craignent qu’une tempête économique au Brésil ne provoque un effondrement de l’Amérique latine, qui déclencherait une nouvelle vague de turbulences en Asie et se propagerait aux États-Unis et à l’Europe. C’est pour prévenir cet effet de contagion que le FMI et les grands pays industrialisés avaient mis sur pied une aide de 41,5 milliards de dollars au Brésil conditionnée par la mise en œuvre d’un programme de rigueur budgétaire. Un haut responsable de l’OCDE, Martin Durand, a indiqué jeudi à l’AFP que «la probabilité d’un scénario pessimiste s’est accrue». Mais «il ne faut pas céder à la panique», a-t-il ajouté. «Il ne semble pas qu’on s’oriente vers une stagnation de l’économie mondiale pour le moment», a estimé M. Martin.
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