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Actualités - Chronologie

Les old boys, une caste étanche

Rentiers éduqués dans les meilleurs pensionnats, amateurs de clubs très fermés et liés pour la plupart au Parti conservateur, les Lords héréditaires forment une caste à part que les Britanniques sont de plus en plus nombreux à juger anachronique. Le manque patent de représentativité des 752 ducs, comtes et barons, qui occupent encore les bancs de cuir rouge de la Chambre haute du Parlement, est le principal argument avancé par le gouvernement travailliste pour justifier leur abolition. Selon un récent sondage, 54% des sujets veulent voir les parlementaires «par accident de naissance» réintégrer leurs châteaux, contre 27% partisans du statu quo. Le bloc des Lords héréditaires est d’abord un ghetto mâle. Il ne comporte que 16 femmes, le titre de noblesse ne leur étant attribué qu’en l’absence de descendant masculin. Dans certaines familles, le privilège de siéger à Westminster est transmis depuis le XIVe siècle, date à laquelle la Chambre a commencé à fonctionner sous une forme similaire à celle qu’elle a aujourd’hui. Les pairs représentent la quintessence de l’aristocratie britannique avec, outre un prince (Charles, le futur roi), 28 ducs, 34 marquis et 174 comtes. Le reste étant constitué, au bas de l’échelle, de vicomtes et de barons. Tous ne peuvent pourtant afficher un arbre généalogique immaculé. Il y a deux ans, une étude du Parti travailliste qualifiait plusieurs d’entre eux de traîtres à la couronne, de commerçants ayant acheté leur privilège, voire de descendants de «bâtards». Tel le duc de Buccleuch, premier propriétaire terrien privé du pays, qui devrait sa noblesse au fait qu’un de ses ancêtres était le fils illégitime de Charles II, roi prolifique et généreux envers ses enfants nés hors du lit conjugal. Les pairs vivent dans un monde clos et coopté. Plus de 90% d’entre eux ont essuyé leurs fonds de culottes dans les écoles privées les plus huppées, à commencer par celle d’Eton (290 anciens élèves), selon une étude du Labour Research Department (LRD), un institut de recherche sur le monde du travail. À l’âge adulte, les «old boys» continuent à se fréquenter lors des parties de chasse à courre – sport favori de la gentry –, sur les gradins des terrains de cricket et surtout dans les clubs selects, dont les clients triés sur le volet doivent patienter des années avant d’être acceptés. Le White’s à Londres est le plus prisé avec 108 Lords. La défense des valeurs traditionnelles est pour eux un devoir. Seuls 18 pairs sont affiliés au Parti travailliste. Les autres sont depuis des lustres membres du parti tory ou en sont très proches. Les pairs peuvent également se prévaloir de posséder une partie non négligeable du sol britannique. Une étude réalisée en 1997 par le Sunday Times chiffrait à 6,3 milliards de livres la fortune globale des dix Lords les plus riches, constituée pour l’essentiel de «old money», terres et biens immobiliers. Toutefois, les plus jeunes générations ne boudent pas le monde des affaires, longtemps considéré comme «vulgaire» par leurs ancêtres. 48 pairs héréditaires (environ 13% du total) occupent ainsi des postes de direction dans des sociétés cotées en bourse.
Rentiers éduqués dans les meilleurs pensionnats, amateurs de clubs très fermés et liés pour la plupart au Parti conservateur, les Lords héréditaires forment une caste à part que les Britanniques sont de plus en plus nombreux à juger anachronique. Le manque patent de représentativité des 752 ducs, comtes et barons, qui occupent encore les bancs de cuir rouge de la Chambre haute du Parlement, est le principal argument avancé par le gouvernement travailliste pour justifier leur abolition. Selon un récent sondage, 54% des sujets veulent voir les parlementaires «par accident de naissance» réintégrer leurs châteaux, contre 27% partisans du statu quo. Le bloc des Lords héréditaires est d’abord un ghetto mâle. Il ne comporte que 16 femmes, le titre de noblesse ne leur étant attribué qu’en l’absence de descendant...