Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Arts plastiques Campagne pour un musée à Sanayeh (photos)

Y aura-t-il un musée national des arts plastiques ? Et pourra-t-il s’installer à Sanayeh, dans le palais du gouvernement nouvellement désaffecté, appellé petit Sérail. C’est ce que demandent les corps constitués, les artistes et les critiques spécialistes. Ils ont, à cet effet, adressé aux autorités une pétition pressante où ils relèvent que «le Liban est le seul pays arabe à ne pas avoir un tel musée pour préserver son patrimoine et sa mémoire artistique». Lacune qu’ils espèrent voir comblée cette année, à l’occasion de la nomination par l’Unesco de «Beyrouth capitale culturelle arabe». Parmi les signataires, le président de l’Ordre des architectes, M. Assem Salam, grand connaisseur du dossier : c’est lui qui, en 72, avait transformé l’hôpital gouvernemental de Sanayeh en siège de la présidence du Conseil ! Il est, par ailleurs, membre des deux commissions chargées d’évaluer les dégâts subis par les œuvres d’art appartenant à l’État et de dresser l’inventaire de ces œuvres. «L’État possède une importante collection de tableaux de valeur», souligne Assem Salam. «Entreposés à l’Unesco, ils se trouvent dans un état de dégradation avancée». Mais là n’est pas le seul problème. De nombreuses œuvres ont été «empruntées par des officiels. La plupart des documents ayant été détruits pendant la guerre, nous ne pouvons déterminer avec exactitude le nombre des œuvres ainsi évaporées. Il y en a 500…». M. Salam indique que la commission tente de récupérer ce trésor. Elle a donc envoyé un questionnaire à différentes personnalités «pour essayer de dresser un inventaire complet. Pour le moment, seul M. Walid Joumblatt nous a répondu. Il se dit prêt à nous remettre la cinquantaine de tableaux qui sont sous sa garde». L’État est actuellement en possession d’un millier d’œuvres, peintures et sculptures dues à quelque 200 artistes libanais contemporains. «Il continue à en acquérir régulièrement», indique M. Salam. Comme on sait, le célèbre restaurateur Faddoul Khalouf a été chargé de traiter une centaine de toiles, les plus précieuses. «La restauration coûte cher. Nous devons, donc, d’abord voir si cela vaut la peine de rénover toutes les œuvres». M. Salam ajoute, «de plus, une fois restaurées, elles doivent être entreposées dans un endroit qui offre de bonnes conditions de température, d’humidité, de lumière et de sécurité». Endroit-musée qui n’est pas encore disponible. Et qu’une troisième commission tente de trouver. «Le ministère, reprend M. Salam, nous a proposé un édifice à l’Unesco, près du Palais. Mais ce bâtiment présente plusieurs inconvénients : d’abord, il ne peut nous être remis qu’à partir de l’an 2 000 ; l’État souhaitait que ce musée soit inauguré à l’occasion de l’événement “Beyrouth, capitale culturelle arabe”. Ensuite, cet immeuble a besoin d’une importante restauration et son aménagement en musée coûterait une fortune». Le Sérail de Sanayeh «est idéal pour plus d’une raison», affirme M. Salam. «D’abord, son emplacement urbain. Il est au cœur d’un quartier qui, depuis l’origine, est voué aux métiers d’art». Ensuite, la superficie. «Il occupe entre 4 et 5 000 m2. Sur deux étages côté jardin de Sanayeh, et sur trois étages côté rue de la Banque du Liban. De plus, il y a l’annexe construite en 1993». Une extension est envisageable. «En récupérant le bâtiment de la Faculté de droit — qui déménage à Hadeth, d’après les plans de l’Éducation nationale —, on pourra même penser à installer sur le site un grand centre culturel». Le ministère de l’Intérieur, qui a récupéré ces locaux à la quatrième vitesse et presqu’en catimini, «n’en a nul besoin», affirme le président de l’Ordre des ingénieurs. «Les services de ce département ne pourront pas tous être logés à Sanayeh. Il ne pourra y avoir là que le cabinet du ministre et ses annexes».
Y aura-t-il un musée national des arts plastiques ? Et pourra-t-il s’installer à Sanayeh, dans le palais du gouvernement nouvellement désaffecté, appellé petit Sérail. C’est ce que demandent les corps constitués, les artistes et les critiques spécialistes. Ils ont, à cet effet, adressé aux autorités une pétition pressante où ils relèvent que «le Liban est le seul pays arabe à ne pas avoir un tel musée pour préserver son patrimoine et sa mémoire artistique». Lacune qu’ils espèrent voir comblée cette année, à l’occasion de la nomination par l’Unesco de «Beyrouth capitale culturelle arabe». Parmi les signataires, le président de l’Ordre des architectes, M. Assem Salam, grand connaisseur du dossier : c’est lui qui, en 72, avait transformé l’hôpital gouvernemental de Sanayeh en siège de la...