Passionné de théâtre, décidé à faire carrière dans la télévision, le prince Edward fait figure d’original chez les Windsor où l’on commençait à désespérer de le voir trouver femme à son goût. Suivant l’exemple de son frère Andrew qui s’était épris de Sarah Ferguson, le benjamin de la reine se distingue encore en choisissant pour future épouse une jeune femme éloignée du sérail aristocratique. Sophie Rhys-Jones est une roturière, fille d’un ancien vendeur de voitures. La silhouette frêle, le visage toujours poupin malgré ses 34 ans et une calvitie précoce, Edward est aux antipodes de son père, le très compassé duc d’Edimbourg aux colères légendaires. Le prince Philip n’avait guère apprécié que son plus jeune fils renonce aussi vite à la carrière militaire, considérée comme un devoir dans la famille royale. En 1987, après seulement six mois éprouvants passés dans les commandos de marine, Edward avait jeté l’éponge, manifestement peu doué pour ce type d’exercice. C’est au théâtre que le jeune homme, septième dans la ligne de succession au trône, voue dès le plus jeune âge sa passion. Après de brillantes études à Cambridge, où il a notamment étudié l’archéologie et l’anthropologie (il est considéré comme le plus studieux de la famille), le prince se tourne vers la scène. Il est engagé pendant deux ans à partir de 1988 comme assistant de production par la troupe d’Andrew Lloyd Webber qui a notamment produit la comédie musicale «Cats» jouée sans interruption depuis des années à Londres. Les mauvaises langues s’étaient toutefois interrogées sur ses capacités réelles, en relevant qu’on lui avait notamment confié le soin de faire le thé pour la troupe. Edward s’essaie également à plusieurs reprises sur les planches dans des petits rôles, avec un succès très modéré aux dires des critiques de l’époque. Son goût pour la comédie lui vaut d’ailleurs les sarcasmes de la presse populaire qui le surnomment «le prince clown». C’est aussi à cette époque que les tabloïdes, impatients de le voir convoler, commencent à répandre des rumeurs sur l’homosexualité supposée du célibataire. Edward sera même contraint — fait inhabituel — de les démentir publiquement en 1990 lors d’un voyage aux Etats-Unis. «C’est grotesque», proteste-t-il alors. «Il est simplement scandaleux de suggérer de telles choses». Audimat modéré Sa mise au point comme les liaisons qui lui sont régulièrement prêtées avec de séduisantes créatures dans les années 90 — la comédienne Ruthie Henshall, la présentratrice de télévision Ulrika Jonsson ou la journaliste Anastasia Cooke — n’aideront cependant pas à faire taire les ragots. Même sa rencontre avec Sophie Rhys-Jones ne fit rien pour calmer les tabloïdes qui n’ont cessé de demander son mariage ces dernières années. Au point de faire sortir une fois le prince de ses gonds. Il avait un jour lancé à un journaliste un peu trop pressant: «Maintenant, vous la fermez!». Sa carrière théâtrale abruptement interrompue, le prince Edward s’est lancé dans la télévision en créant en 1993 sa propre société de production spécialisée dans les documentaires. Là encore avec une réussite discutée. En 1997, la BBC a poliment refusé son offre enthousiaste de filmer le gala des noces d’or de ses parents. Et son documentaire sur la vie de son grand - oncle Edward VIII, intitulé «Edward par Edward», n’a recueilli qu’un audimat modéré. Le prince est pourtant décidé à persévérer au petit écran. Pour être au goût du jour, il a profité de son récent 34ème anniversaire pour abandonner officellement son titre d’«altesse». Il se fait désormais appeler très simplement Edward Windsor.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Passionné de théâtre, décidé à faire carrière dans la télévision, le prince Edward fait figure d’original chez les Windsor où l’on commençait à désespérer de le voir trouver femme à son goût. Suivant l’exemple de son frère Andrew qui s’était épris de Sarah Ferguson, le benjamin de la reine se distingue encore en choisissant pour future épouse une jeune femme éloignée du sérail aristocratique. Sophie Rhys-Jones est une roturière, fille d’un ancien vendeur de voitures. La silhouette frêle, le visage toujours poupin malgré ses 34 ans et une calvitie précoce, Edward est aux antipodes de son père, le très compassé duc d’Edimbourg aux colères légendaires. Le prince Philip n’avait guère apprécié que son plus jeune fils renonce aussi vite à la carrière militaire, considérée comme un devoir...